Me Philippe H. PLACIDE

Par philippe.placide le 17/01/14
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En 1984, après que le gouvernement eut pris une première initiative en faveur de « la féminisation des titres et fonctions et, d'une manière générale, le vocabulaire concernant les activités des femmes », l'Académie française, fidèle à la mission que lui assignent ses statuts depuis 1635, fit publier une déclaration rappelant le rôle des genres grammaticaux en français. Les professeurs Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, à qui la Compagnie avait confié la rédaction de ce texte, concluaient ainsi :

« En français, la marque du féminin ne sert qu'accessoirement à rendre la distinction entre mâle et femelle. La distribution des substantifs en deux genres institue, dans la totalité du lexique, un principe de classification, permettant éventuellement de distinguer des homonymes, de souligner des orthographes différentes, de classer des suffixes, d'indiquer des grandeurs relatives, des rapports de dérivation, et favorisant, par le jeu de l'accord des adjectifs, la variété des constructions nominales... Tous ces emplois du genre grammatical constituent un réseau complexe où la désignation contrastée des sexes ne joue qu'un rôle mineur. Des changements, faits de propos délibéré dans un secteur, peuvent avoir sur les autres des répercussions insoupçonnées. »

Cette analyse scientifique irréfutable était donc assortie, voici dix-huit ans, d'un avertissement dont il n'a été tenu aucun compte. Un catalogue de métiers, titres et fonctions systématiquement et arbitrairement « féminisés » a été publié par la Documentation française, avec une préface du Premier ministre. La presse, la télévision ont suivi avec empressement ce qui pouvait passer pour une directive régalienne et légale. Or, peu auparavant, la Commission générale de terminologie et de néologie, officiellement saisie par le Premier ministre, avait remis à celui-ci un rapport dans lequel elle déconseillait formellement la féminisation des noms de titres, grades et fonctions, par distinction avec les noms de métiers, dont le féminin découle de l'usage même. De ce rapport, le gouvernement n'a pas non plus tenu compte, alors qu'aucun texte ne lui donne le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français.

Sans revenir sur les arguments qu'elle exposait en 1984 et auxquels elle reste attachée, l'Académie française déplore les dommages que l'ignorance de cette doctrine inflige à la langue française et l'illusion selon laquelle une grammaire « féminisée » renforcerait la place réelle des femmes dans la société.

1. Valeur collective et générique du genre masculin

Il est inutile, pour désigner un groupe de personnes composé d'hommes et de femmes, de répéter le même substantif ou le même pronom au féminin puis au masculin. « Les électrices et les électeurs », « les informaticiennes et les informaticiens », « toutes celles et tous ceux » sont des tours qui ne disent rien de plus que « les électeurs », « les informaticiens », « tous ceux ». On évitera également d'indiquer entre parenthèses ou après une barre oblique la marque du féminin : « les adhérent(e)s », « les animateurs/trices », etc. De même au singulier, lorsque le masculin revêt un sens générique, de telles surcharges (« recrutement d'un/une technicien(ne) diplômé(e) », etc.) n'apportent aucune information supplémentaire et gênent considérablement la lecture. Au surplus, elles s'opposent à la règle, très générale en français, de l'accord du pluriel au masculin. Il est impossible d'écrire : « Le fauteuil et la table sont blanc(he)s. »

Ces redondances et ces alourdissements révèlent sans doute que, dans l'esprit de certains, le masculin est devenu un genre marqué au même titre que le féminin, et ne peut plus désigner que des personnes de sexe masculin. C'est ainsi que la féminisation peut introduire un déséquilibre dans les structures mêmes de la langue et rendre malaisée la formulation des phrases les plus simples.

2. Néologismes

L'application ou la libre interprétation de « règles » de féminisation édictées, de façon souvent arbitraire, par certains organismes français ou francophones, a favorisé l'apparition de nombreux barbarismes.

Il convient tout d'abord de rappeler que les seuls féminins français en -eure (prieure, supérieure...) sont ceux qui proviennent de comparatifs latins en -or. Aussi faut-il éviter absolument des néologismes tels que professeure, ingénieure, auteure, docteure, proviseure, procureure, rapporteure, réviseure, etc. Certaines formes, parfois rencontrées, sont d'autant plus absurdes que les féminins réguliers correspondants sont parfaitement attestés. Ainsi chercheure à la place de chercheuse, instituteure à la place d'institutrice. On se gardera de même d'user de néologismes comme agente, cheffe, maîtresse de conférences, écrivaine, autrice... L'oreille autant que l'intelligence grammaticale devraient prévenir contre de telles aberrations lexicales.

Enfin, seul le genre masculin, qui est le genre non marqué (il a en effet la capacité de représenter les éléments relevant de l'un et de l'autre genre), peut traduire la nature indifférenciée des titres, grades, dignités et fonctions. Les termes chevalière, officière (de tel ordre), députée, sénatrice, etc., ne doivent pas être employés.

* * *

Comme l'Académie française le soulignait déjà en 1984, l'instauration progressive d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes dans la vie politique et économique rend indispensable la préservation de dénominations collectives et neutres, donc le maintien du genre non marqué chaque fois que l'usage le permet. Le choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l'intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l'encontre du but recherché.

http://www.academie-francaise.fr/actualites/feminisation-des-noms-de-met...

Par philippe.placide le 09/01/14
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AVOCAT | Honoraires

CIVIL | Procédure civile | Profession juridique et judiciaire

Surprise de fin d'année : dans la loi de finances pour 2014, à côté de l'abrogation du timbre de 35 €, figure une disposition qui n'avait pas tout à fait été prévue par les avocats. A l'article 128 du texte, est ajoutée une phrase selon laquelle l'unité de valeur, en matière d'aide juridictionnelle (AJ), « est fixée pour les missions achevées à compter du 1er janvier 2015, à 22,84 € ».

Ce qui revient à supprimer la modulation des UV, un temps prévu par Christiane Taubira mais abandonné face à la bronca de la profession (lire notre article).

Dans un courrier aux bâtonniers daté du 27 décembre, l'ancien président de la Conférence des bâtonniers, Jean-Luc Forget, estime donc « en déduire que la démodulation si injuste que le gouvernement avait pu envisager pour 2014 est d'ores et déjà actée pour être effective au 1er janvier 2015 ».

L'idée d'une démodulation pourrait être « envisageable », estime l'avocat, mais pas dans « ces conditions, c'est-à-dire que la base du montant le plus faible ».

Or, « j'ai le souvenir d'avoir entendu la ministre lors de l'assemblée générale du Conseil national des barreau le 4 octobre dernier nous indiquer qu'elle entendait revaloriser l'unité de valeur après avoir déterminé de nouveaux modes de financement » de l'AJ.

Or, les réunions ont été - pour le moment - suspendues. « Si je comprends bien, si le gouvernement ne décide pas d'autres modes de financement de l'accès au droit, la démodulation est déjà actée à compter du 1er janvier 2015 dans la loi de finances 2014... Curieuse façon de s'engager dans une négociation », conclut Jean-Luc Forget.

Marine Babonneau

Par philippe.placide le 06/01/14
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Le phishing est une technique de piratage informatique de plus en plus utilisée par les cybercriminels (20 000 victimes en France chaque année, ce qui représente plusieurs centaines de milliers d'euros).

Pourtant, même si les données qui sont échangées par e-mail ne sont pas toutes confidentielles, ni d'une importance majeure, cela n'empêche pas les phisheurs d'y trouver leur bonheur. En effet, une fois votre identité usurpée, ils ne leur restent plus qu'à acheter sur Internet à votre place ou à se faire passer pour vous auprès de vos contacts. Leur objectif est simple: vous soutirer de l'argent, à vous directement, ou à vos contacts.

Pour empêcher cela, une fois n'est pas coutume en matière de sécurité informatique, l'utilisateur peut, à lui seul, agir et veiller à la bonne utilisation de ses outils, pour en optimiser l'efficacité.

Une liste blanche (par opposition à une liste noire) est une liste d'entités (adresses e-mail, noms de domaine) à laquelle l'utilisateur attribue un niveau de confiance maximum. Ainsi, les emails provenant des expéditeurs ajoutés à cette liste blanche, ne sont pas analysés par le filtre anti-spam en place.

Par peur de ne pas recevoir un e-mail important et que celui-ci soit placé dans les courriers indésirables, l'utilisateur place tout ou partie de ses expéditeurs connus en liste blanche. Or, le risque majeur en matière de phishing est justement de recevoir un mail de la part d'une personne que l'on connaît et qui figure dans nos contacts, elle-même victime d'un phishing.

Si l'utilité d'une liste blanche est effectivement de ne passer à côté d'aucun e-mail important, à l'heure où les cybercriminels s'organisent, les utilisateurs doivent appliquer quelques règles simples pour éviter de créer eux-mêmes une faille de sécurité dans leur système, ce que cherchent justement à obtenir les cybercriminels:

1 - Ne pas ajouter sa propre adresse e-mail à sa liste blanche: s'envoyer un mail depuis son adresse est relativement rare. De telles pratiques relèvent d'un comportement suspect et sont souvent utilisées par les phisheurs. Mieux vaut donc laisser la possibilité à l'anti-spam d'analyser ce type de flux.

2 - Ne pas ajouter des noms de domaines dans leur intégralité à sa liste blanche: si vous ne souhaitez pas que l'un de vos contacts soit classé en spam, il n'est pas nécessaire et surtout très dangereux d'ajouter un quelconque nom de domaine (@vade-retro.com par exemple) ou un nom d'opérateur (@sfr par exemple) à la liste blanche car cela signifie qu'aucun email en provenance de ce nom de domaine ne sera filtré par l'outil anti-spam. Le nombre de possibilités pour les phisheurs de vous envoyer un mail infecté est alors proportionnel au nombre de boites mail avec ce nom de domaine.

3 - Ne jamais cliquer sur un lien dans un e-mail tendancieux (souvent alarmiste) en provenance d'un expéditeur important (banque, Trésor Public, opérateur de téléphonie mobile, etc.). Il est préférable d'accéder au message en tapant l'adresse du site Internet de l'expéditeur directement dans son navigateur Internet. Et se souvenir d'une chose: si notre banque constate un problème sur nos comptes, elle préfère en général nous appeler plutôt que de nous envoyer un mail.

4 - Vérifier que les adresses que l'on consulte sont en https et non pas http, ce qui signifie que l'accès est sécurisé. Cependant, certains phisheurs passent par des url en https.

5 - Faire attention aux e-mails qui contiennent des fautes d'orthographe ou des espaces et caractères spéciaux en grand nombre et mal placés dans les mots (ex: Bon jour Madame Lebrun, Nous n'@vons pas de r€ponse de votre pArt. Cli_quez ici#).

6 - Enfin, une petite astuce: vérifier l'url en passant la souris sur le lien sans cliquer dessus. S'il s'agit bien d'un spam, cette url n'a aucune relation avec la société ou la banque dont elle est censée émaner.

La messagerie est un outil propice au vol d'information et à l'usurpation d'identité.

En envoyant des milliers de messages, les phisheurs ne comptent que sur quelques utilisateurs pour faire de leur tentative d'escroquerie, une réussite. Grâce à des technologies performantes, l'outil anti-spam permet d'écarter les messages malveillants. Cependant, pour une efficacité optimale et pour limiter les possibilités d'usurpation d'identité pour un cybercriminel, l'utilisateur doit uniquement ajouter les destinataires sûrs à 100% dans la liste blanche de sa solution anti-spam.

http://www.huffingtonpost.fr/marine-robinet/usurpation-didentite-web_b_4...