Apr
16
Banqueroute: la Cour de cassation exigeante sur la qualification du détournement

La Chambre criminelle (Cass. crim., 10 mars 2010, n° 09-83.016, D) ca ensuré un arrêt qui n'avait pas suffisamment caractérisé le détournement d'une partie de l'actif de l'entreprise en difficulté.

Le dirigeant d'une entreprise connaissant des difficultés financières a vendu les véhicules appartenant à la société afin d'honorer les créances salariales de cette dernière, pour un montant total de 138 000 euros. Il a été poursuivi pour banqueroute pour avoir détourné une partie de l'actif de l'entreprise, postérieurement à la date de cessation des paiements, en fraude des droits des autres créanciers de la société.

La cour d'appel est entrée en voie de condamnation sur le fondement de l'article L. 654-2, 2°, du Code de commerce, malgré l'absence de détournement de la somme obtenue à la suite de la vente ou de sous-estimation du prix des véhicules. Dans ces conditions, la Haute juridiction casse l'arrêt : "en prononçant ainsi, alors qu'il ne résulte pas de ses propres énonciations que le produit de la vente de ces véhicules, réalisée à leur juste prix, ait été détourné ou dissimulé, la cour d'appel n'a pas justifié sa décision".

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