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Compte-rendu du Congrès de la Fédération des Promoteurs Immobiliers FPI des 13 et 14 juin 2013.

Rédigé par M. BOUGUIER

La Fédération des Promoteurs Immobiliers organisait le 43ème Congrès à Tours, avec la présence d'Erik ORSENNA comme président du Jury.

La Ville de Tours, qui représente environ 300.000 habitants, est très vigilante au développement d'un urbanisme maîtrisé. Jean GERMAIN, maire de la ville, a répété le souci de privilégier le logement social et de développer l'accession à la propriété.

La maîtrise de l'urbanisme selon lui passe également par une bonne prévision démographique, le dégagement de réserves foncières, et enfin un lissage dans le temps des mises en chantier de manière à éviter les bulles spéculatives.

A l'échelle nationale, Bernard AIGLON (président de la FPI en Région Centre), s'interroge justement sur le risque d'une nouvelle bulle immobilière dans quelques années à la suite des suspensions prévisibles de programmation. On note en effet un recul de 47 % des réservations par rapport à 2012.

Comment relancer le logement ? Sous quelles formes ?

C'était le thème du congrès.

Fabrice TEINTURIER (IPSOS) a commenté quelques chiffres du sondage réalisé pour l'occasion.

D'un point de vue général, on note un moral des Français très dégradé. Ainsi, 60 % d'entre eux estiment qu'ils ont peu ou pas du tout de contrôle sur leur vie, et 51 % pensent que l'avenir est fermé.

Sur le plan du logement, on constate un paradoxe chez les sondés : 87 % sont satisfaits de leur habitation, mais 70 % considèrent que la situation du logement n'est pas satisfaisante.

Le sondage est aussi riche d'enseignements sur les attentes des acquéreurs : contrairement à une idée reçue, 49 % évoquent leur logement comme un refuge, voire une projection de soi (pour 28%). L'immobilier n'est perçu comme un placement ou un patrimoine que pour 11 et 12 % des Français.

A la question première, c'est-à-dire la relance de la construction, Karine BERGER (députée des Hautes Alpes) considère qu'il faut mobiliser l'épargne des Français (10.000 milliards d'Euros) et notamment par un investissement direct dans l'immobilier.

Il est important de changer de point de vue sur l'immobilier : ce n'est pas une dépense, mais un investissement.

Patrick DOUTRELIGNE (fondation Abbé Pierre) rappelle également que la France, contrairement à certains pays étrangers, ne fait pas l'objet d'une planification en amont.

Il est nécessaire de prendre davantage en compte l'évolution démographique et la répartition géographique des populations.

Depuis longtemps, la construction est programmée en fonction d'une politique de défiscalisation qui est déconnectée des besoins de la population.

A la seconde question, c'est-à-dire l'adéquation de l'offre avec les besoins de la population, plusieurs points méritent d'être soulignés.

D'une part, les besoins ont beaucoup évolués et les modes de vie se sont diversifiés.

P. DOUTRELIGNE rappelle que 33 % des citadins dans le collectif sont célibataires, chiffre à compléter par celui des familles monoparentales.

Pour Christian de GOURNAY (Cogedim), il est donc urgent de cesser de produire des F3-F4 qui ne correspondent plus à la famille modèle d'aujourd'hui.

Il y a un travail de réflexion sur les nouvelles tendances, tels que les espaces collaboratifs dans le collectif, les logements modulables, les logements communautaires. Il s'agit de rationaliser le logement, d'introduire la mixité sociale et générationnelle.

D'autre part, les contraintes normatives et urbanistiques pèsent sur la production de logements. Les temps nécessaires à la phase de prospection et au Permis de Construire se sont allongés considérablement (parfois 15 ans aujourd'hui).

Philippe BRIAND (député maire de St Cyr sur Loire) cite l'exemple des règles d'accessibilité. N'aurait-il pas mieux valu créer un Fonds régional pour financer la modification des logements (neuf et anciens) au cas par cas, plutôt que d'imposer une règle uniforme ? Il y a ici aussi un impact en termes de coût du m².

Ch. De GOURNAY insiste sur le paradoxe qu'il y a à intégrer toutes sortes de normes d'intérêt général (handicapé, RT 2012) tout en réduisant la taille des logements au détriment du confort des occupants. Il ne faut pas perdre de vue l'intérêt de l'acquéreur et la qualité intrinsèque du bien.

Enfin, François -Xavier ALBOUY (Malakoff Mederic) considère que les promoteurs doivent travailler sur le prix du m². ll est en effet absurde de réfléchir sur les éco quartiers ou les modes de vie nouveaux, sans remédier immédiatement à l'extension des zones périurbaines pour compenser la hausse du prix au m².

Le Jury a notamment décerné les prix suivants cette année :

- Le prix de la pyramide d'Or à NEXITY pour le « Quartz » à Nantes.

- Le prix spécial du Jury à ALTAREA COGEDIM pour « La nouvelle vague » à Paris.

- Le prix coup de coeur à ROXIM pour « Le nuage » à Montpellier.

Jean Luc Bouguier

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