Apr
14
La conclusion du rapport de l'Union Syndicale des Magistrats pour "Penser autrement la Sécurité et la Justice"

CONCLUSION

Les attentes à l'égard de la Justice et de la Police sont fortes, les professionnels en sont conscients et c'est sans doute la raison pour laquelle les débats en la matière sont parfois si passionnés.

Au-delà des réformes structurelles, ou non, pouvant être mises en oeuvre, le besoin de moyens ne saurait être écarté d'un revers de manche au motif que cette antienne est trop connue.

On ne peut éluder le fait qu'alors que la France augmente les budgets alloués au système judiciaire, les autres grandes démocraties européennes les augmentent 3 à 4 fois plus, laissant à la France la 37ème place (sur 43) pour le budget public annuel total alloué au système judiciaire (tribunaux, ministère public et aide juridictionnelle) rapporté au Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant.

Et les professionnels devraient s'en contenter.

Mais, il n'est pas envisageable pour les policiers de reculer, faute de moyens, face à la délinquance en constante évolution.

Il n'est pas envisageable pour les magistrats de continuer à ne pouvoir traiter l'ensemble des dossiers qui leur sont soumis ou de ne les traiter numériquement qu'au détriment du fond ou du respect de certaines règles procédurales.

Il n'est pas envisageable pour les greffiers de renoncer à leurs missions d'assistance du juge, de garant de la procédure et d'authentificateur des actes.

Il n'est pas envisageable pour les experts traducteurs interprètes de continuer à exercer leurs fonctions dans des conditions contraires aux critères professionnels et de supporter des retards de paiement inacceptables.

Il n'est pas envisageable pour l'administration pénitentiaire de continuer à gérer la surpopula-tion dans les prisons, y administrer la maltraitance, aménager les peines à la chaîne en privi-légiant le nombre au contenu, ligoter son budget aux loyers du PPP.

Il est inenvisageable pour la protection judiciaire de la Jeunesse de ne pas garantir la qualité de la prise en charge des mineurs confiés en tout lieu « Le jeune est au centre du dispositif, l'éducation est un droit pour tous ».

Il n'est évidemment pas envisageable pour les justiciables d'assister à cette mise à mal des institutions et à la garantie du respect de leurs droits.

Les professionnels ne sont pas, par principe, hostiles à toute réorganisation de leurs méthodes de travail, sous certaines conditions.

Que cette réorganisation soit concertée ; qu'elle s'accompagne de corollaires indispensables : la réévaluation des budgets de fonctionnements, le recrutement des personnels en nombre suffisant, leur rémunération à la hauteur de leurs missions, la restauration de la considération à leur égard et la prise en compte de leur stress au travail ; et qu'elle permette le décloisonnement des professionnels.

Les travaux menés en commun par de nombreux professionnels d'horizons divers, soucieux d'une meilleure police et d'une meilleure Justice le montrent : le dialogue favorise une confiance réciproque et ébauche des solutions communes, respectueuses des spécificités de chacun.

Nos travaux ont été denses, les débats nombreux, les découvertes réciproques... et ont eu, au-delà de l'intérêt d'envisager des propositions communes, d'autres conséquences positives : l'envie de travailler sur d'autres questions, plus spécifiques.

Mots-clés: 

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA