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Le faux vrai pilote, vrai faux crash évité...

Pris sur http://www.eurocockpit.com/

publié le 14 mars 2010 à 11:01 par Alain PIA.

En aéronautique, le sensationnel prend très vite le pas sur les faits techniques que peu de commentateurs prennent le temps d'assimiler. C'est dommage...

Le faux vrai pilote

Ainsi on a pu lire ici et là qu'un faux pilote a volé pendant des années avant de se faire arrêter à Amsterdam la semaine passée, laissant entendre que n'importe qui pouvait s'asseoir dans un cockpit en place gauche, glaçant d'effroi les pauvres passagers. En réalité, il faut savoir que tout pilote de ligne doit avoir un brevet théorique en premier lieu, ce qui lui donne ensuite accès à une licence de vol obtenue après une formation et des examens pratiques. Cette licence est régulièrement renouvelée après des contrôles au simulateur et en vol.

Autrement dit, il ne risque pas d'y avoir de "faux pilotes" dans un cockpit... Toutefois, certains pilotes (très peu nombreux) "arrangent" leur brevet, voire leur licence, et profitant du marché mondial où beaucoup de pays reconnaissent les licences des autres pays, se font embaucher loin de chez eux puis passent avec succès les examens pratiques dans la nouvelle compagnie. C'était le cas de ce pilote suédois, habitant à Milan et volant pour la compagnie turque Corendon Airlines, après avoir volé dans plusieurs autres compagnies.

En France, deux petits malins avaient même falsifié leurs documents pour voler sur B737 dans leur propre compagnie il y a quelques années... Il est arrivé que les couloirs d'une ou deux compagnies aient pu bruire du cas d'un pilote obligé de (re)passer en catastrophe un certificat théorique douteux (une équivalence mal gérée au fil des changements incessants du régime des examens à une époque).

Mais de faux pilotes il n'a jamais été question : le métier ne s'apprend pas sur Flight Simulator ;-)...

Le vrai faux crash évité

Cette semaine, on ne parle que de crash évité à Nice de justesse et chacun de (faire) croire qu'un Airbus d'Air France partant pour Paris n'a dû son salut qu'en piquant à mort vers la montagne pour éviter un jet privé. Les journaux télévisés rivalisent d'animations montrant une collision certaine.

En fait, mercredi vers 16h30 l'A319 a décollé de la piste 22 et a effectué la procédure de départ standard vers la mer avant de tourner vers les Alpes. L'avion suivant était un jet privé suisse qui semble ne pas avoir respecté le cheminement standard et qui, par son taux de montée élevé, allait ainsi croiser de trop près la trajectoire de l'Airbus.

Les contrôleurs, le logiciel dédié du radar au sol et les systèmes anticollisions embarqués (TCAS) des deux avions ont tous détecté le problème. Dans ce cas, les pilotes doivent suivre les "ordres" de leurs systèmes embarqués qui "dialoguent" entre eux : l'Airbus a cessé sa montée pour redescendre quelque peu tandis que le jet privé a poursuivi la sienne.

Les deux avions sont ainsi passés à plus de 2.500m de distance avec un étagement de 120m. Il s'agit d'un incident (airprox) comme il en arrive souvent dans le monde et non d'un quasi-crash. Le dernier en France qui avait fait parler de lui mettait en scène un avion ministériel et un petit avion d'aéroclub. Souvenez-vous, d'après certains notre Premier ministre avait failli périr...

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