Par albert.caston le 22/05/10

Extrait de l'opéra de Puccini, "Madame Butterfly", ici interprété par Ying Huang.

Tiré du film de Frédéric Mitterand

Par albert.caston le 22/05/10

Retombé au sol

le cerf-volant

a égaré son âme

Kuhona Kubota (Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.38, NRF, Poésie/Gallimard, 2002)

Par albert.caston le 22/05/10

Inventer et choisir sont toutefois à l'éloquence ce que l'âme est au corps ; il est vrai, quelque importantes que soient ces qualités, elles appartiennent plutôt au jugement qu'à l'éloquence ; et cependant quelle est la cause où le jugement ne soit nécessaire ?

L'orateur parfait que nous cherchons devra donc connaître les sources des arguments et des preuves. Or, tout ce qui peut être l'objet d'une question, d'une dissertation, se réduit à savoir si la chose est, de quelle nature elle est, quelles en sont les qualités : on connaît par les indices si la chose est ; ce qu'elle est, par les définitions ; ses qualités, enfin, par les idées du bien et du mal.

Pour embrasser tout cela, le véritable orateur ne se renfermera pas dans les circonstances des personnes et du temps. En remontant du particulier au général, il s'ouvre un plus vaste champ, et bien établie, la preuve générale devient la preuve particulière. Or la question séparée des circonstances du temps et des personnes, et ramenée du particulier au général, s'appelle thèse. C'est d'après cette méthode qu'Aristote exerçait ses disciples à parler pour et contre, non avec la sécheresse des philosophes, mais avec l'abondance des rhéteurs, pour leur donner de la richesse, de la fécondité. Aristote a fait un livre des lieux (c'est son expression), où l'orateur peut puiser toutes les preuves pour et contre.

CICERON - De oratore XIV

Par albert.caston le 22/05/10

Pour faire une définition un peu exacte de cette affectation que quelques-uns ont de plaire à tout le monde, il faut dire que c'est une manière de vivre où l'on cherche beaucoup moins ce qui est vertueux et honnête que ce qui est agréable. Celui qui a cette passion, d'aussi loin qu'il aperçoit un homme dans la place, le salue en s'écriant : «Voilà ce qu'on appelle un homme de bien !», l'aborde, l'admire sur les moindres choses, le retient avec ses deux mains, de peur qu'il ne lui échappe ; et après avoir fait quelques pas avec lui, il lui demande avec empressement quel jour on pourra le voir, et enfin ne s'en sépare qu'en lui donnant mille éloges.

Si quelqu'un le choisit pour arbitre dans un procès, il ne doit pas attendre de lui qu'il lui soit plus favorable qu'à son adversaire : comme il veut plaire à tous deux, il les ménagera également. C'est dans cette vue que, pour se concilier tous les étrangers qui sont dans la ville, il leur dit quelquefois qu'il leur trouve plus de raison et d'équité que dans ses concitoyens.

S'il est prié d'un repas, il demande en entrant à celui qui l'a convié où sont ses enfants ; et dès qu'ils paraissent, il se récrie sur la ressemblance qu'ils ont avec leur père, et que deux figues ne se ressemblent pas mieux ; il les fait approcher de lui, il les baise, et, les ayant fait asseoir à ses deux côtés, il badine avec eux : «À qui est, dit-il, la petite bouteille ? À qui est la jolie cognée ?» Il les prend ensuite sur lui, et les laisse dormir sur son estomac, quoiqu'il en soit incommodé.

La Bruyère - Caractères