Sep
07
ALGERIE (OTTOMANE) : DEPARDIEU EN HUSSEIN DEY

Il parait que Gérard DEPARDIEU,  l’ineffable tourne actuellement à ALGER dans le rôle d’HUSSEIN DEY, sous la direction d’une cinéaste persane.

Et que les locaux s’en offusquent pour des tas de raisons, il n’est pas Algérien, on l’accuse de viol, il  soutient Israël, on en  trouvera peut etre encore, sait-on jamais,  peut etre a-t-il déclaré quelque chose d’aimable sur Jean-Marie LE PEN.

Cette histoire apparait au moment où les Algériens arabes (né à Bab-el-Oued,  je suis  donc un Algérien français) s’intéressent à leur histoire en produisant des télés films très minables qu’on voit à leur télévision  en réseau international. C’est très tendancieux, faux, sans intérêt.

J’imagine donc qu’en haut lieu –je ne sais pas où est installé à ALGER le ministère de la culture – on a voulu essayer de faire mieux.

Sauf que le sujet n’est pas bon.

Parce  que les Algériens d’aujourd’hui étaient les colonisés au temps des Ottomans.

Je renvoie tout ce beau monde au petit ouvrage archi remarquable du regretté Pierre BOYER, que j’avais rencontré jadis aux Archives d’Outre-mer à AIX EN PROVENCE, publié chez Hachette en 1964, » la vie quotidienne à ALGER à la veille de l’intervention française ».

BOYER qui connaissait  son sujet sur le bout des doigts, y compris avec les réserves de sources qu’il exprimait,  explique que jamais le dey d’ALGER n’a jamais manifesté la moindre velléité de sécession contre celui de CONSTANTINOPLE.

Tout au plus recrutait-il à SMYRNE  (1) tout ce qu’il trouvait notamment des chrétiens convertis, qui venaient ensuite faire leur loi.

HUSSEIN, le dernier des deys, dont j’avais la plaisir de parcourir  régulièrement pendant le début de mon adolescence les superbes jardins en haut de l’avenue des Consulats à Bab-el-Oued, où j’habitais alors (c’était l’hôpital Maillot), était dans les termes suivants avec celui de Turquie. Il lui  écrivait :

« Sa Seigneurie, mon Maitre,  mon Sultan très puissant, bienfaiteur, clément, magnifique, mon dispensateur de faveurs et maitre des grâces ».

Lui même s’intitulait au demeurant :  « Vizir délégué  à la sauvegarde des intérêts de l’odjaq victorieux de notre maitre, le Padichah, asile du monde… dont je suis le serviteur ».

Il signait même : « Serviteur Hussein, gouverneur de la grande ville d’Alger (2) votre esclave ».

 

Cinq jours après que BOURMONT eut pris ALGER, en 1830, HUSSEIN DEY fit ses valises avec son énorme butin et son harem, se garda bien de rentrer à CONSTANTINOPLE où un sort funeste l’attendait.

Il  demanda asile en France, ce qui lui fut refusé, s’installa un temps à NAPLES  et finit ses jours à ALEXANDRIE.

Pas en Egypte, mais  à l’ALEXANDRIE italienne,  ALESSANDRIA, à 75 km au sud de TURIN, tout à coté de MARENGO,  où mais c’est une autre affaire, NAPOLEON III contribua à la victoire de VICTOR- EMMANUEL, premier roi d’Italie  unifiée.

DEPARDIEU va donc de tromper de héros.

Il aurait du plutôt exiger le rôle d’ABDELKADER.  

Sauf que vaincu, ABDELKADER a fini comme l’ami du même NAPOLEON III, qui en fit un franc maçon comme lui, et voulait même lui confier la tète d’un grand royaume arabe  à DAMAS, allié de l’empereur des Français, contre les Ottomans.

 

 

 

  1. SMYRNE, KUCHUKIAN, décidemment.
  2. 30.000 habitants en ce temps là.
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