Jan
07
ARMENORUM : ENCORE HEUREUX QUE DIEUDONNE EPARGNE LES ARMENIENS

Que voit-on dans le paysage actuel ?

Un quidam qui en plus fait beaucoup de fric avec cela, qui attaque au théâtre, indirectement ou directement juifs et Shoah. Alors le monde politique et médiatique indigné lui tombe légitimement dessus. C'est affreux, horrible, inadmissible, tout ce que vous voudrez y passe. On va tordre les lois, faire du contentieux public qui sera surement perdu par l'Etat français au nom de la liberté d'expression.

Mon sujet n'est pas là.

Il est un autre génocide, antérieur en date, aussi abominable que celui des juifs, je parle de celui des Arméniens et des Assyro-Chaldéens au début du XXème siècle, dont la volontaire ignorance a été déterminante pour décider du suivant.

Et je dis encore heureux que DIEUDONNé ne s'en moque pas.

Parce que celui-là, dont les pouvoirs publics français refusent que la négation soit sanctionnée, malgré les efforts et le travail judiciaire et administratif admirable de mon ami Philippe KRIKORIAN, celui-là n'intéresse personne.

Il y a ainsi finalement des bons martyrs, et des martyrs sans intérêt.

Ainsi s'écrit l'histoire des journalistes et des hommes politiques de France. Et même d'Europe, puisque la Cour européenne, on le sait, vient pratiquement de légitimer la critique moqueuse des Turcs en Suisse contre le génocide arménien.

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Commentaires

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Pierre DOYEN
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Comme pour la physique des particules, il y a de l'agitation dans toutes les directions de l'espace... démocratique!

Le Ministre de l'intérieur s'agite comme un beau diable, parce qu'un humoriste lors de ses spectacles se répand en paroles déplaisantes aux oreilles d'une communauté religieuse.

Ladite communauté, du moins ses membres les plus agités, trouvent qu'il est plus seyant pour leur psychologie d'être perçus comme sujets ethniques, plutôt qu'en fidèles de quelque prosaïque chapelle!

Voilà qui fait de tout critique plus ou moins véhément du judaïsme, un infâme raciste. En langue vernaculaire on dit antisémite.

Il n'y a pas d'antijudaïsme, il n'y a que de l'antisémitisme. Vous êtes tous conviés, si d'aventure votre interlocuteur ou voisin vous confesse être de la religion de Moïse, de voir en lui un sémite, eût-il les yeux bridés ou la peau couleur d'ébène.

La communauté juive dans le monde est aussi bigarrée que la chrétienne ou la mahométane. Elle ne constitue en rien une ethnie. Dans cette communauté il existe des sémites, quoique par une ironie cruelle de l'histoire ils y figurent à dose homéopathique!

Ainsi connaissons-nous dans ce pays deux racismes: le racisme vulgaire, le racisme distingué.

Le racisme vulgaire c'est par exemple l'hostilité contre un quidam noir, jaune ou arabe.

Le racisme distingué c'est l'antisémitisme, plus précisément l'hostilité non contre une personne juive dénommée, mais contre le judaïsme ès qualités.

On dit bien lutte contre le racisme et l'antisémitisme. L'antisémitisme n'est pas dans la même cour que le racisme.

La quenelle de Dieudonné vue par des sémites, pardon des Juifs, comme un salut nazi inversé, leur permet de crier à l'hitlérisme et par cette manoeuvre de penser obtenir la condamnation de l'auteur du salut, pour incitation à la haine raciale.

La LICRA envisage de poursuivre les quenelliers, lorsque le salut est fait devant une synagogue ou une école juive, ou dans tout lieu, dont la topologie ne permet pas de douter du caractère antisémite du salut.

Ce type de situation nous fait revivre la jurisprudence sur le blasphème du chevalier de la Barre, coupable du refus d'ôter son chapeau au passage d'une procession du saint sacrement tout en chantant des chansons paillardes contre la religion.

La communauté mosaïque obtenant du législateur que toute critique de sa religion fût qualifiée d'antisémitisme, se voit reconnaître de ce fait par l'Etat laïc l'action en blasphème sans devoir expressis verbis la mentionner. Qu'importe du moment qu'il y a équivalence des résultats.

La qualification de délit " d'incitation à la haine raciale"n'est pas une définition pénale, mais une formulation déontologique.

Le justiciable comme dans le cas d'un avocat poursuivi déontologiquement pour défaut de délicatesse, est privé des garanties du procès pénal.

La qualification du délit ne dépend pas du législateur , mais de la psychologie de la victime, réagissant plus ou moins violemment aux propos blessants ses convictions ou son appartenance.

C'est reconnaître à des communautés le droit de n'entendre que des propos agréables au sujet de leur foi ou de l'histoire de leur ethnie.

La négation du génocide arménien établi en délit, est la création d'une nouvelle incrimination pour blasphème, à l'instar du blasphème "antisémite".

Et la liberté d'expression d'agoniser.

Elle doit agoniser contre TOUS. Au détriment de tous. Pas au seul profit de certains.

Voici ce que je dis.

Nom: 
PierrE DOYEN
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Réaction compréhensible. Au complexe de Gribouille, nous préférons lutter pour faire disparaître le privilège.

Ce délit d'antisémitisme est une imposture. Il doit disparaître. On ne doit sanctionner que les seules atteintes aux droits des personnes dénommées, discriminées en raison de leur religion , de leur race ou de leur appartenance ethnique,ou de leur origine nationale.

Que l'on soit discriminé parce que l'on est juif, chrétien ou libre penseur, en ces trois occurrences il doit s'agir du même délit de la même gravité.

Le délit ne doit pas être estimé plus grave, parce que la personne du discriminé est juive, sauf à créer du chef de la loi une justice partiale.

C'est exactement cela.

Maître KUCHUKIAN attire une nouvelle fois notre attention sur le génocide arménien, contesté par certains sans aucune sanction.

Il l'a déjà dit et répété.

Hitler lui-même y a fait référence en constatant qu'il n'y avait pas eu de réaction.

Cette négation, cette ignorance volontaire ont effectivement été déterminantes lorsqu'il s'est agi pour ces horribles criminels de décider le génocide juif.

Rien ne justifie aujourd'hui cette inaction coupable concernant le génocide arménien.

Nom: 
Pierre DOYEN
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Il ne s'agit pas de dresser la liste de tous les génocides de l'histoire, aux fins d'établir au sujet de chacun d'eux le délit d'apologie de crime contre l'humanité, dont serait coupable quiconque en nierait l'existence ou en minorerait l'importance.

Qu'est-ce qu'une société en laquelle ses membres sont dressés à discourir comme à écrire, aux fins de flatter les sens de l'ouïe et de de la vue de certaines de ses communautés, peuplées sans doute de gens cérébralement distingués?

En d'autres temps,il y eut des suppliciés pour avoir nié la divinité de Jésus ou douter de la Trinité. Non qu'ils fussent d'infâmes scélérats, assassins des droits d'autrui. Non rien de tout cela, ils avaient seulement usé souverainement de leurs neurones et communiquer leurs opinions,dont la simple existence injuriait le sens de la délicatesse sociale.

Vous n'étiez pas le propriétaire de votre cerveau, puisque votre production de l'esprit pour avoir droit de cité, se devait de flatter la commune opinion.

Nous voyons qu'au fond les sociétés sont immuables, la liberté d'expression de la pensée y est toujours outragée.

Le délit de blasphème est cruellement vivace, après avoir subi quelques coquettes mutations sémantiques, en prenant la vêture de l'Antisémitisme.

Le délit de blasphème est aujourd'hui caractérisé par le fait d'avoir mal parlé ou mal écrit au sujet de la Shoah. Ses survivants, les héritiers des suppliciés et leurs coreligionnaires ne souffrent pas de devoir entendre des propos négateurs de cette tragédie historique, comme le chrétien des temps féodaux ne supportant pas que l'on niât la crucifixion du Nazaréen.

Il ne peut y avoir de liberté d'expression en érigeant comme principe cardinal, que nul ne doit voir ses croyances religieuses, politiques, philosophiques, l'histoire de sa communauté ou de son ethnie, vilipendées ou dénigrées avec un raffinement exquis ou une vulgarité insigne.

L'humanité étant ce qu'elle est, l'exercice d'une liberté ne postule pas de son sujet qu'il soit intelligent et distingué, plutôt qu'imbécile patenté.

Alors le premier comme le second ont un droit égal à s'exprimer. Et il va de soi que nul croyant n'est fondé à requérir, que l'expression de la pensée d'autrui doive à peine de sanction lui caresser l'esprit!

Il nous faut non pas aller à la pêche aux délits de blasphème, mais agir aux fins de disparition du délit d'antisémitisme.

La liberté d'expression n'a pas d'autres bornes que l'interdiction de nuire à la personne des sujets de droit.

Dire, comme l'a fait un justiciable que les camps de concentration ne sont qu'un détail dans l'histoire de la seconde guerre mondiale, ne porte atteinte aux droits d'aucune personne. Que plusieurs centaines de milliers de gens trouvent le propos désagréable doit être ne varietur, dénué d'incidence sur l'étendue de la liberté d'expression.

Nier la crucifixion du Christ heurte la pensée religieuse de beaucoup de monde, cependant nul n'est recevable à s'en plaindre et d'exiger la condamnation du négationiste.

Instaurer un délit de blasphème par travestissement sémantique du Dieu est aussi contempteur des libertés, La proclamation de la laïcité de l'Etat n'est qu'une vaine déclaration oraculaire.

Il s'agit tout simplement de placer tout le monde sur pied d'égalité.

Nom: 
Pierre DOYEN
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Pour y être, il vaut mieux approcher le tabouret plutôt que le piano! C'est à dire abroger la loi sur la négation de la Shoah.

Et tout le monde sera sur un pied d'égalité avec le triomphe de la liberté d'expression.

Car chercher à collectionner les lois liberticides conduit effectivement à l'égalité en la servitude dans une société totalitaire.

Vous avez parfaitement compris.

C'est exactement cela.

Jamais, je dis bien "JAMAIS", vous n'obtiendrez un tel texte !

Et d'ailleurs, est-il seulement concevable que l'on revienne sur l'interdiction ?

Nom: 
Pierre DOYEN
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Quand une loi est mauvaise on l'abroge.

Pourquoi la loi érigeant en délit la négation de la Shoah serait-elle marquée du sceau de l'éternité?

Rien n'est éternel dans ce monde y compris la production technique.

La loi comme la quincaillerie peut être supprimée.

Elle est mauvaise, qu'on l'abroge sans autre forme de procès.

Penser que l'on ne puisse pas revenir sur l'interdiction de la négation de la Shoah, c'est accepter, quoique nanti par la nature d'un cerveau, que son usage puisse appartenir à d'autres que soi.

En un mot c'est concourir à l'asservissement de son esprit.

Au Moyen Age, il était impensable d'imaginer qu'un négateur de la divinité ne fût point sévèrement tourmenté . Qu'on lui posât sans barguigner la question ordinaire comme la question extraordinaire!

Dans une société d'hommes libres , toute personne peut écrire et déclarer n'importe quoi, sans qu'il faille impartir au locuteur comme au scripteur d'être intelligents et d'un raffinement intellectuel exquis.

Le principe cardinal de la liberté d'expression est que nul n'est recevable à se plaindre des paroles formulées et des écrits, alléguant qu'ils blesseraient ses convictions religieuses ou l'esthétique de ses pensées.

Quelle différence peut-on bien trouver entre hier persécuter l'auteur de la négation de l'existence de Dieu, et aujourd'hui traduire devant le juge pénal un quidam niant la Shoah ?

En dehors du choix de la sémantique, il n' y a aucune différence.

Le croyant auquel le mécréant décline l'existence de Dieu, n'est affecté en rien dans ses droits de croire, de faire ses ablutions , ses prières , de se conformer à l'observance des tabous alimentaires et sexuels prescrits par son obédience.

Le juif ou si vous préférez le sémite, à qui l'on dit la Shoah n' a pas existé, ne subit pas plus que le croyant ci-dessus, la moindre atteinte à l'un quelconque de ses droits.

Certes il eût aimé entendre une autre parole, pour le plaisir de son esprit.

Sur le fondement de quel droit, se verrait-il recevable à agir contre le locuteur défaillant en paroles agréables pour le confort de son âme?

Il n' y aucun fondement juridique.

C'est l'Etat qui a posé comme axiome: "la Shoah est une vérité historique. Or nier une vérité c'est mal. L'ecclésiastique dirait c'est un péché, une offense faite au Seigneur. En notre hypothèse, l'Etat qui est laïc, voit en le mensonge un trouble à l'ordre public . Alors Il établit sa commission en délit, pour châtier le menteur!

L'Etat s'illustre en garant sanctionnateur de la vérité des faits historiques, comme la monarchie capétienne l'avait fait au sujet de l'existence de Dieu.

Par identités de motifs, il nous faut abolir la loi criminalisant la négation de la Shoah comme nous avons supprimé le délit de blasphème.

Nom: 
Philippe KRIKORIAN
Site: 
http://www.philippekrikorian-avocat.fr

Mes Chers Confrères,

Tout d'abord, permettez-moi de vous adresser, à tous, ainsi qu'à vos proches, mes meilleurs voeux de santé, bonheur et réussite pour la Nouvelle Année 2014 qui débute.

Nous connaîtrons le 30 Janvier 2014 prochain la réponse de la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence que j'ai saisie d'un appel tendant à obtenir la transposition en droit interne de la décision-cadre du 28 Novembre 2008 sur la lutte contre le racisme et la xénophobie au moyen du droit pénal.

Cette norme de l'UE, dont la transposition est une double obligation de la Constitution (art. 88-1 ) et des traités UE, rend caduc le débat relatif à la lutte contre le négationnisme. Celui-ci doit, désormais, être traité par le droit pénal, le droit civil étant jugé insuffisant. Mais, encore faut-il s'entendre sur les mots. Seront punissables, au sens de ce texte, l'apologie, la négation ou la banalisation grossière publiques des crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, à condition que le comportement s'accompagne d'un risque d'incitation à la violence ou à la haine. C'est toute la différence avec la loi Gayssot du 13 Juillet 1990 qui ne fait pas de l'incitation à la violence ou à la haine un élément constitutif du délit de négationnisme prévu actuellement par l'article 24 bis de la loi du 29 Juillet 1881 sur la liberté de la presse. La loi Gayssot devra, partant, être modifiée en ce sens pour être rendue conforme à la décision-cadre.

A l'évidence, l'incitation au meurtre ne relève plus de la liberté d'expression mais, à l'inverse, illustre parfaitement, l'un de ses abus. Or, nul n'est recevable à sa prévaloir de sa propre turpitude ( Nemo auditur... ) Ce que traduit encore l'article 17 CEDH sur l'abus de droit.

La question de la transposition de la décision-cadre en pose une autre: celle de la voie de droit adéquate pour l'obtenir ( un droit, une action ). La garantie des droits ( art. 16 DDH) récuse radicalement la fumeuse théorie de l'acte de gouvernement qui abolit tout contrôle juridictionnel des actes dits politiques et sur laquelle s'arc-boute le pouvoir exécutif de façon inconstitutionnelle.

C'est cette même problématique de l'acte de gouvernement qui sera au centre des débats de la 6ème Sous-section de la Section du Contentieux du Conseil d'Etat le 16 Janvier 2014 prochain à 09h30 ( demande de consécration du statut constitutionnel de l'Avocat défenseur ).

Je tiens, à cet égard, à chaleureusement remercier tous les confrères qui sont intervenus volontairement en demande dans cette instance, pour soutenir mon recours pour excès de pouvoir, notamment mon grand ami Bernard KUCHUKIAN et Monsieur le Bâtonnier Patrice GIROUD, très présents sur ce blog.

Je regrette aussi les grands absents: CNB, Barreau de Paris, Conférence des Bâtonniers, Barreau de Marseille, Barreau de Bastia...

Au demeurant, quelle que soit la décision du Conseil d'Etat, elle ne changera rien au fait que chaque Avocat inscrit à un Barreau jouit du statut constitutionnel que lui confère la mission de défense dont il est investi. L'article 62, alinéa 3 de la Constitution rend la décision du Conseil constitutionnel des 19-20 Janvier 1981, Loi Sécurité et Liberté, opposable à tous les pouvoirs publics et à toutes les juridictions.

Nous sommes, donc, en droit d'attendre que nos prérogatives de défense soient garanties par une loi organique et non pas par la loi ordinaire. Le régime disciplinaire en sera naturellement banni.

A suivre, donc.

Très confraternellement à tous,

Bonne journée,

Philippe KRIKORIAN,

Avocat au Barreau de Marseille

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