Jul
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ARMENORUM : LE DEVOIR DE MEMOIRE POUR L'HISTOIRE

Alors que je voyagerai prochainement là où eut lieu la guerre du corps expéditionnaire d'Orient de FRANCHET D'ESPEREY et de SARRAIL (vous savez bien, le grand monument à leur gloire sur la corniche de Marseille), je repense au génocide arménien.

Ce n'est certes pas sur les mêmes lieux, mais il y a un rapport historique.

Je me souviens en effet de mon mariage en 1975. J'avais alors rencontré un oncle de mon épouse. Un monsieur qui n'était plus tout jeune.

Antonin CHATAIN qu'il s'appelait. Solide gaillard de paysan Bourbonnais, né à la fin du 19ème siècle ou en 1900. A RANDAN, tout à coté de VICHY.

Son adolescence avait été la grande guerre, et il voulait devenir gendarme. Il m'avait d'ailleurs expliqué qu'en ce temps là, pour devenir gendarme, il fallait acheter son cheval.

Mais avant d'être gendarme, il avait été enfant de troupe, engagé, à la fin de la grande guerre. Il était alors parti depuis MARSEIILLE rejoindre les troupes d'Orient. Mais lui était passé en Syrie.

Il m'avait dit ceci :

« Bernard, ne m'expliquez pas le génocide arménien, moi je l'ai vu de mes yeux, vu. J'ai vu en Syrie ces malheureux rescapés, et en quel état physique et moral ils étaient, ceux qui avaient pu survivre, eux, après avoir traversé à pied l'est et le sud de la Turquie. Nous ne savions rien de leur histoire, nous ignorions même jusqu'alors qui étaient ces Arméniens, ces chrétiens et leurs malheurs.

Tout ce que nous avions ordre de faire et nous l'avons fait était de les aider. Dans leur détresse immense, nous étions leurs sauveteurs. »

Peut être était-il dans ces troupes qui sauvèrent dans le sandjak d'ALEXANDRETTE, ces Arméniens survivants des massacres et des exterminations qui, en haut d'une colline, entourées d'Ottomans, face à la mer, attendaient que le bateau d'un Etat chrétien passe et les sauve.

L'histoire apprend qu'un guetteur reconnut au large le pavillon tricolore d'un bateau de guerre français.

La communauté prit alors tout ce qu'elle trouvait de bleu, de blanc et de rouge, pour l'exposer à flan de colline et attirer l'attention.

L'histoire est magnifique, car la manoeuvre fut reconnue sur le navire de guerre, et les Français vinrent sauver ces malheureux.

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MCD
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in memoriam

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