Feb
25
ARMENORUM : LES BONNES IDEES VIENNENT AUSSI DE GRECE

La communauté juive de THESSALONIQUE a indiqué ces jours-ci s'être portée devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour réclamer à l'Allemagne la réparation "du préjudice moral" et matériel des nazis subi par ses membres en 1943.

Ce recours a été décidé après que "la cour suprême grecque eut rejeté en 2013 une réclamation similaire pour des raisons de compétence, mettant fin à une saga judiciaire entamée en 1997 dans le pays", selon un communiqué de la communauté.

Les Juifs de THESSALONIQUE demandent "surtout la réparation du préjudice moral ainsi que le retour d'une rançon de 2,5 millions de drachmes payée en 1943 au commandant du troisième Reich de la région, soit 45 millions d'euros en valeur actuelle" pour libérer des milliers de juifs contraints au travail forcé.

"Environ 10.000 hommes juifs" de THESSALONIQUE, [également appelée Salonique (1)], deuxième ville grecque dans le nord du pays, avaient été soumis "au travail forcé pour la construction des autoroutes ou des voies ferrées dans le pays".

En raison du nombre élevé des victimes enregistrées au cours de deux premiers mois de ce travail forcé, la communauté avait décidé de payer une rançon aux nazis pour les libérer avant qu'ils soient de nouveau arrêtés et déportés au camp de concentration d'AUSCHWITZ-BIRKENAU en Pologne où la majorité de la population juive de THESSALONIQUE a péri.

Mais l'Allemagne a toujours fait valoir que la question des réparations de guerre avait été réglée dans le cadre d'accords entre Etats lors de la conférence de PARIS en novembre 1945.

Surnommée à l'époque "JERUSALEM des Balkans", THESSALONIQUE, ville multi-culturelle et un pont entre l'Orient et les Balkans, comptait avant l'occupation nazie environ 50.000 juifs. Il n'en reste aujourd'hui que 1.500.

Ville attachante s'il en est, je vous l'assure, j'y suis passé cet été, comme toute la Macédoine ... grecque.

Ils ont bien raison les Juifs de SALONIQUE, comme auront raison à la suite les descendants des autres Grecs chassés de Turquie dans les années 20, de réclamer leurs dus à la même Cour européenne des droits de l'homme.

Car les Turcs ne se sont pas contentés de chasser les Grecs et leurs amis Arméniens, Français, Italiens, Autrichiens, de SMYRNE en 1922 (2), mais aussi de quantités de localités.

Il faut entrer en Turquie et y voyager comme je l'ai fait récemment pour trouver un peu partout des villages grecs, des maisons grecques, dont les propriétaires ont été chassés. Les Grecs ont eu un peu plus de chance que les Arméniens, on ne les a pas tous tués. Dans les milieux activistes arméniens, on appelle cela outre le génocide arménien, et assyro-chaldéen, l'exode des Grecs pontins (de Pont Euxin).

Justement, les Arméniens.

Moi qui ne suis qu'un activiste en révolution et non un révolutionnaire comme mon fidèle ami Philippe KRIKORIAN, cette information va le conforter dans ses projets à l'identique comme ligne prochaine de combat la Cour européenne des droits de l'homme, face au refus systématique de la justice française de tirer les conséquences pratiques de la reconnaissance du génocide. Comme il aura raison contre la frilosité des juges français.

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(1)SALONIQUE parait être un mot des Français qui ont raccourci le nom de THESSALONIQUE lorsque FRANCHET D'ESPEREY (l'un des deux maréchaux donnés par les pieds-noirs à la France) y a établi son Q.G. à la tète de l'Armée d'Orient, celle dont le grand monument est sur la Corniche à MARSEILLE. Il fallait aussi faire pression sur le roi CONSTANTIN de Grèce, alors germanophile, ce qui obligea d'ailleurs un de ses officiers, le général SARRAIL, à marcher sur ATHENES, à la tète des troupes françaises pour destituer le monarque hellène. Ce qui fut fait.

(2)SMYRNE, la patrie des KUCHUKIAN.

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