Dec
21
ARMENORUM, MES MALHEUREUX FRERES : PERINCK PLUS FORT QUE DIEUDONNE

Sous-titre : Ils nous emmerdent, les Arméniens.

Pendant que, plus outrées les unes que les autres, les bonnes âmes et belles pensées de ce pays attaquent l'humoriste DIEUDONNé, dont on ne sait plus par quelle amende et sanction faire taire ses odieux propos anti-juifs, et que toute la presse recherche le moindre soupir d'anti-sémitisme dans tout ce qu'on dit et écrit,

La Cour européenne des droits de l'homme, oui celle de STRASBOURG, a rendu en arrêt de chambre le 17 décembre courant une décision discrète (1). Dont les vertueux personnages précités se sont bien gardés de parler.

Moi j'en parle, et je me dis qu'il vaut mieux être classé dans la catégorie Shoah que génocide arménien pour être considéré.

Un sympathique Turc (mais ils le sont tous), originaire d'ANKARA, président du Parti des travailleurs turcs (ils sont bolchéviques en plus) a participé en 2005 en Suisse à des conférences au cours desquelles il a nié publiquement l'existence de tout génocide de l'Empire ottoman (vous savez, TALAT PACHA) contre le peuple arménien en 1915 et les années suivantes. Il a qualifié de « mensonge international » l'idée d'un génocide arménien. Soit dit au passage, je me demande comment je suis arrivé ici. Mais, ceci me concerne.

Le Tribunal de police de LAUSANNE l'a condamné pour discrimination raciale. Recours devant la Cour de cassation pénale du Tribunal du canton de VAUD. Rejet. Pourvoi devant le Tribunal fédéral de BERNE. Rejet par un arrêt du 12 décembre 2007.

Alors recours du Turc, il s'appelle PERINCK, contre la Suisse. Présidée par un Italien, avec des juges danois, serbe, suisse (???), hongrois, monténégrin et portugais -ces deux derniers ayant exprimé une opinion partiellement dissidente(2), la Cour européenne des droits de l'homme dit ceci.

La Suisse est condamnée.

Dire en effet que « Le mensonge international » soit le génocide arménien, n'est pas un abus de droit.

La Cour ajoute que :

« « Le libre exercice du droit de débattre ouvertement de questions sensibles et susceptibles de déplaire est l'un des aspects fondamentaux de la liberté d'expression et distingue une société démocratique, tolérante et pluraliste d'un régime totalitaire ou dictatorial (3)

Et encore" " que les Etats qui ont reconnu le génocide arménien n'ont pas jugé nécessaire d'adopter des lois prévoyant une répression pénale pour des personnes mettant en cause le point de vue officiel, conscients que l'un des buts principaux de la liberté d'expression est de protéger les points de vie minoritaires, susceptibles d'animer le débat sur des questions d'intérêt général qui ne sont pas entièrement établies. » »

Vous avez bien lu, on peut donc « animer le débat ».

Lorsque DIEUDONNé parle, il « anime le débat ».

Non, pour lui c'est interdit.

Comme disait l'autre dans le temps en parlant du Danemark, y a quelque chose de pourri dans le Royaume d'EUROPE.

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(1) Mes amis activistes Arméniens, et ils ont bien raison, font pression pour que la Confédération helvétique en fasse appel.

(2) Reconnaissance à la Fondation GULBENKIAN ?

(3) Ils feraient bien de lire, les conseils des ordres.

Commentaires

Et en particulier de celle aux mille fromages, est de mettre en scène ,jour après jours des non évènements (quenelle, banane, mariage pour tous, euthanasie ) pour mobiliser les débatteurs labéllisés des "grands" médias afin que par des parodies d'echange d'idées expédiées entre deux pubs, le bon peuple d'électeurs demeure persuadé qu'il évolue dans une société harmonieuse, dans le "meilleur des mondes possibles". L'arrêt souligne au passage l'ambivalence de ces Etats qui reconnaissent le génocide des Arméniens mais s'abstiennent de légiférer pour enregistrer la sanction correspondante à sa négation.

Nom: 
Pierre DOYEN
Site: 
http://

Il est certain que si ce citoyen Turc avait tenu les mêmes propos au sujet de la Shoa, il eût été condamné sans l'ombre d'un doute; son recours devant la Cour européenne des droits l'homme déclaré irrecevable.

La liberté d'expression est indivisible. Il n'est pas en démocratie dans la fonction du juge de décréter quels sont les propos conformes à l'histoire, en les distinguant de ceux qui ne le sont pas, aux fins de condamner leur

auteur à des dommages et intérêts au profit de tel quidam ou comité Théodule à qui les propos ainsi proférés ont déplu.

La liberté d'expression n'a pas d'autres limites, que ne point nuire aux droits subjectifs des tiers, sinon elle n'a pas d'existence.

Ce qui est manifestement le cas aujourd'hui, en nous renvoyant au temps de l'inquisition, avec toutefois, la torture en moins.

Nos lois mémorielles sont autant de lois sur le blasphème. A la différence du moyen âge, où la société était monothéiste, la nôtre est polythéiste, il y a toujours un groupe humain, qui revendique le droit de n'avoir point à entendre des opinions qui heurtent sa sensibilité. Le groupe en question obtient généralement satisfaction du législateur, s'il constitue une force électorale. Sinon il souffre le déplaisir d'entendre des propos qui dérangent son sens de l'ouïe.

Par exemple les descendants d' Aztèques, d'Algonquins, de Sioux ou de Cheyennes n'auront jamais de lois mémorielles, sanctionnant les négateurs du génocide de leurs ancêtres, parce qu'ils n'ont aucun descendant dans notre pays. Ce qui induit que nul député nul sénateur ne peut voir sa carrière politique contrariée par le bulletin de vote.

Ce n'est pas très brillant comme attitude politique et juridique, mais la médiocrité est ne varietur toujours de saison. Et la liberté d'expression est aussi aléatoire qu'aux siècles passés.

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