Oct
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ARMENORUM : ET ICI LES AUTRES, A PROPOS DE LA GEORGIE

 

Ainsi donc, la tentative   de prise par les urnes  du pouvoir présidentiel de la république de Géorgie par Salomé ZOURABICHVILI,  ancienne ambassadrice de France à TLIBISSI, Française,  jusqu’à l’abandon de sa nationalité pour cet essai échouera-t-elle démocratiquement,  sans doute  dimanche prochain. Elle aura représenté cependant  un tiers des électeurs.

Le personnage est d’autant plus intéressant que Madame ZOURABICHVILI n’est autre aussi  que la cousine germaine  d’Hélène CARRERE D’ENCAUSSE, secrétaire perpétuelle de l’Académie française. Qui est née aussi ZOURABICHVILI, et descend donc,  elle aussi,  de Géorgiens blancs,  faute de pouvoir les appeler Russes blancs.

Ah la Géorgie !

En voilà un autre des  pays de mes ancêtres, Reine TACHMIDZE. Cette caucasienne qui avait épousé  mon arrière grand père Paul KUCHUKIAN.

Ce petit Etat caucasien et chrétien  au bord de la Mer noire a une histoire des plus mouvementées par ceux qui l’ont envahi et dont ils ont été chassés péniblement.

Son  héros national,  « Le chevalier à la peau de tigre »,  de CHOTA RUSTAVELI – poète géorgien d’il y a quelques siècles,  dont je fis la connaissance en empruntant,  au temps des communistes,  un  superbe navire de croisière portant son nom,   armé au départ de TOULON par la Compagnie maritime de la Mer noire-  n’y comprendrait plus grand-chose aujourd’hui.

Dire,  clin d’œil de l’histoire que je n’avais pas compris à l’époque, c’est par son escale à SMYRNE, terre natale  d’une partie de ses ancêtres,  qu’un  KUCHUKIAN y remettait les pieds  pour la première fois depuis 53 ans.

Je me souviens de l’accueil étonné de ma         petite cousine Marika TIUS,   une Assyro-chaldéenne,  restée au pays, et mariée à un ancien officier de l’armée italienne, nous voyant débarquer,  mon épouse et moi,  d’un  bateau… battant pavillon soviétique. On lui avait rapidement expliqué que l’époque était passée depuis longtemps où les lignes de desserte de la Turquie et de toute la Mer noire étaient assurées au départ de MARSEILLE, quand la ville était encore un port de mer, toutes les semaines, soit par la Compagnie des Messageries maritimes, soit par la Compagnie PAQUET (celle-ci préférée de l’immense  Calouste GULBENKIAN).

Dans son ouvrage sur « la Transcaucasie ou la péninsule d’Apchéron » qu’il publia chez Hachette en français en 1891, justement  GULBENKIAN  avait beau écrire qu’Arméniens et Géorgiens avaient la même histoire commune, on voit bien qu’il ne les appréciait pas trop.

Même s’il écrivait qu’en Géorgie les hommes sont vraiment plus beaux que les femmes. Peut etre était-il simplement    misogyne   (pardon pour lui,  aussi Madame l’ambassadeur et ex-future présidente, et aussi  Madame la secrétaire perpétuelle).

Dans cette partie du monde, qui est tout de même 50 % de moi-même,  voyez Mesdames,  nous sommes un peu pareils, l’histoire de ces retours inouïs.

Elle apprend qu’après la Révolution russe, les pays transcaucasiens ont refusé les bolchéviques, ce qui,  à l’aide des Russes blancs les a conduits  à l’indépendance et aussi à celle de l’Arménie. Un temps de quelques années. Le tout avec la bénédiction française, en ce temps où la France était quelque chose d’immense,  spécialement dans cette partie du monde.  

Alors, comme ses parents sans doute proches des Russes blancs, et comme ceux de la future  Madame CARRERE D’ENCAUSSE, tous Russes blancs, ils sont venus en France et devenus Français.

Quel fantastique bras d’honneur à l’histoire qui a suivi si,  dimanche, les Géorgiens pouvaient élire une descendante de ceux qui ont refusé ensuite,  sous les couleurs de la France, le bolchévisme,  il y  a 100 ans.

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