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ARMENORUM : L’OUTRANCE OU COMMENT SE MOQUER DE LA CAUSE ARMENIENNE

ARMENORUM : L’OUTRANCE OU COMMENT SE MOQUER DE LA CAUSE ARMENIENNE 

Tout simplement en présentant comme le fait actuellement notre gouvernement un amendement n° 1559, le 27 juin 2016, à l’Assemblée nationale, sur le thème « égalité et citoyenneté ».

Pour comprendre mon propos, il faut commencer par la fin.  Car l'exposé des motifs de l'amendement est donné ici non pas avant le texte proposé, mais après lui.

Je cite  donc:

« Alors que seule la négation de la Shoah est aujourd’hui réprimée, ce texte permettra de sanctionner la contestation ou la banalisation de l’ensemble des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, de manière non limitative, dès lors qu’ils auront été reconnus par une juridiction. Il permettra ainsi, par exemple, de sanctionner la négation du génocide Rwandais. Mais il permettra au-delà et de manière plus générale, de prendre en compte des crimes historiquement reconnus, même si leur ancienneté exclut de fait toute possibilité pour la justice de se prononcer, lors leur contestation ou leur banalisation sera soumise dans des conditions incitant à la haine ou à la violence. Cette seconde catégorie permettra notamment de couvrir la cas du génocide arménien de 1915, dont la France a reconnu l’existence, mais dont il n’existe plus de possibilité de poursuivre les auteurs. »

Ainsi rédigé, ce texte c’est comme du KUCHUKIAN devant le Conseil constitutionnel.

Mais, voilà, c’est encore l’histoire du Canada dry, ça ressemble à l’alcool, ça en a la couleur et peut être le gout, mais ça n’en n’est pas.

Car l’art. 24 bis de la loi du 29 juillet 1881, qui réprime la contestation de la Shoah, sans condition particulière, n’est pas modifié.

On veut seulement  lui ajouter trois alinéas complémentaires qui vont réprimer la négation, la minoration ou la banalisation du crime de génocide (ce n’est pas très bien écrit pour l’instant)qui constitue une incitation à la violence ou à la haine à l’égard d’un groupe de personnes ou d’un membre d’un tel groupe défini par référence à la prétendue race la couleur, la religion, l’ascendance ou l’origine nationale.

Jusque-là, tout va bien.

SAUF QUE que  l’infraction n’aura lieu que contre ceux qui auront nié, minoré ou banalisé    DE FACON OUTRANCIERE  l’existence du crime de génocide.

Là, rien ne va plus, car l’injustice de traitement que Philippe KRIKORIAN et moi-même avons dénoncée devant le Conseil constitutionnel, reste intacte. 

D’un côté, une infraction mécanique, légale absolue (constitutionnelle de surcroît),  sans condition, au bénéfice de la cause juive,

De l’autre, une infraction possible, soumise à interprétation, peut être au bénéfice de la cause arménienne, et sous condition : ça veut dire quoi « de façon outrancière ».

Le délit c’est alors l’OUTRANCE. C’est nouveau, ça vient de sortir et évidemment, c’est sujet à toutes les interprétations possibles.

Je signale au passage que le texte nouveau correspond approximativement à la position diplomatique de la Turquie actuelle, qui en aucun cas ne conteste DE FACON OUTRANCIERE que le terme  de génocide arménien, expliquant qu’il s’est agi d’opérations de police interne peut être regrettables pendant la première guerre mondiale, au sein de l’Empire ottoman, qui encore une fois était en guerre.

Je ne lis pas l’arménien, mais je lis parfaitement le français. Et je l’écris.

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