Jan
03
ARMENORUM : LA NOUVELLE FIN DE L’EMPIRE OTTOMAN

 

Ce qui  passe actuellement en Turquie fait indiscutablement penser à l’histoire ancienne de l’Anatolie.

Sa caractéristique est dans les invasions successives des populations venues de l’est, Hittites compris, plus tard Turcs compris au 15ème siècle, pour déloger celles des bords  de mer de ce qu’on appelait jadis l’Asie mineure.  Du Pont Euxin jusqu'à la Palestine.

C’est une très vieille histoire,  qui n’a été réduite que par la prise du pouvoir par les Ottomans,  lesquels se sont embourgeoisés au fil du temps, surtout à Constantinople. Les maitres, quoi.

Quand on se promène en Cappadoce, on peut ainsi visiter sur la route, des villages souterrains dans lesquels les populations se terraient au passage des envahisseurs, lesquels,  après leurs rapines,  allaient plus loin.

Dans un registre général du même ordre, je cite l’épilogue de « La fin de Smyrne » dans l’ouvrage  d’Hervé GEORGELIN, aux éditions du C.N.R.S.

L’intéressé a par ailleurs publié de nombreux articles sur la fin de l’empire ottoman.

Evoquant la destruction systématique de la présence chrétienne à Smyrne, il écrit que la violence à l’encontre des victimes s’était généralisée. Cette évolution prenait des formes spontanées et archaïques comme le pillage crapuleux, mais avait aussi un caractère planifié et systématique pour s’enrichir aux dépens d’une population dominant la vie économique de la ville. Le pillage des commerçants arméniens et grecs avait alors été systématique. Les marchandises volées tissus, meubles, aliments, étaient transportés vers les gares pour être envoyées dans les provinces à l’intérieur (p. 210).

Oh bien sûr, il n’y a plus de chrétiens en Turquie d’aujourd’hui, mais on nous parle maintenant de la volonté exprimée d’y combattre le mode de vie occidental, ici celui d’Istanbul la somptueuse. Un peu et même beaucoup comme on combattait  celui des chrétiens de l’époque dans l’empire ottoman, spécialement à Smyrne, dans cette vitrine dorée de l’occident en Asie mineure. Tenue par les Grecs, les Arméniens, mais aussi les Français, les Anglais, les Italiens et les Autrichiens. Tous chassés par le feu en 1922.

Cent ans plus tard, l’histoire n’est pas finie de la fin de l’empire ottoman.

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Commentaires

correspond toujours aux racines des peuples. Celles qui correspondent à des réalités sont résistantes. Celles pour qui ont réécrit l'histoire ne perdurent pas. En plus tous les deux cents ans, il y a des réapparitions identitaires ou politiques. C'est comme cela, je ne sais pas pourquoi. Il existe une sorte de transmission d'accumulation  de mémoire dans le cortex reptilien ou l'ADN de l'humain qui fait que des éléments culturels refont surface, et tournent en revendications. C'est sans doute pour cela, notamment, que les pages de l'Histoire mettent du temps à se tourner, lorsqu'elles ne sont pas revisitées...Les spoliations laissent les traces et des effets le plus longtemps.

Les bégaiements de l'histoire.

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