Sep
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ARMENORUM : LES TELEGRAMMES ORDONNANT LE GENOCIDE DE 1915

Voici que l’impayable « Monde » fait deux pages sur un vieil historien turc,  exilé  depuis longtemps aux Etats-Unis, Taner AKCAM, qui a écrit  en turc et en anglais un ouvrage,  au titre révélateur : « Killing orders, Talat Pasha’s telegrams and the armenian génocide ». On en attend la traduction en cours et en français.

Bon, c’est toujours la même histoire, on en est encore à justifier l’évidence face au négationnisme contre la cause arménienne,  au  sujet de son négationnisme.

Certes, on  justement écrit que l’ouvrage en question,  qui devrait porter un coup de grâce au négationnisme,  n’exercera  aucun effet transformateur dans l’opinion publique turque. C’est certainement 1.000 fois vrai.

A ce qu’on comprend,  l’intérêt de l’ouvrage est la compilation,  réussie,  de la réception des télégrammes d’ordre d’exécution des Arméniens en 1915,  donné depuis Constantinople par TALAT Pacha, alors que les archives d’Etat,  les ont, comment dire,  « oubliées ».

Le problème, et l’ouvrage en question est bien alors un travail d’historien, c’est que ces ordres ont été télégraphiés, c’était la règle  à l’époque, un peu partout dans l’empire ottoman.

Et que là, il y a eu des fuites puisqu’on n’a pas pu détruire les télégrammes reçus,   alors que dans la Turquie actuelle, notamment en Syrie, spécialement à Alep, où était et demeure une colonie arménienne importante. Ainsi rédigés : « tous les droits des Arméniens sur le sol turc,  tels que les droits de vivre et de travailler, ont été supprimés, et aucun ne doit survivre, pas même l’enfant dans son berceau ».

Il y aurait là un paquet de télégrammes,  confiés  à l’époque au patriarcat arménien de Constantinople pour les procès dits des unionistes,  qui eurent lieu  en cette ville après la fin de la première guerre mondiale. Ces procès   commencèrent,  certes,  et ne purent aller plus loin,  malgré condamnations à morts des auteurs et disparition dans la nature ou ailleurs des intéressés, le tout  qui fut balayé ensuite par le traité scélérat de Lausanne.

Bref, le cours de la justice internationale – j’écris sur un blog d’avocat, je fais du droit – pourtant organisée par le traité de Versailles,  fut cassé.

Mais ces télégrammes auraient été adressés de Constantinople à Marseille en 1923, à la prise du pouvoir par Atatürk et à l’époque du traité de Lausanne (c’est cohérent) et ensuite ces archives allèrent à Manchester et finalement au patriarcat arménien de Jérusalem.

Et ils ont été retrouvés.

A suivre, encore qu’on  ne  fera qu’enfoncer des portes bien ouvertes, puisqu’il n’y     a guère plus que les Turcs à contester le génocide arménien, les autres y sont généralement indifférents,  dans la pire des hypothèses, et c’est bien d’ailleurs ce que nous leur reprochons.

Sur le sujet du procès des unionistes, je rappelle l’excellent ouvrage du professeur Jean-Baptiste RACINE (université de Nice Sophia Antipolis) chez Dalloz, « Le génocide des Arméniens, origine et permanence du crime contre l’humanité ».

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