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ARMENORUM: QUAND L'AVOCAT S'EST IDENTIFIE A SA CAUSE

ARMENORUM : QUANT L’AVOCAT S’EST IDENTIFIE A SA CAUSE

Il existe désormais de nombreux commentaires universitaires et autres,  à propos de l’arrêt de Q.P.C. du Conseil constitutionnel du 8 janvier dernier,  quant à la confirmation de la constitutionnalité de la loi GAYSSOT, et implicitement au refus persistant de réprimer,   au nom du principe d’égalité des victimes, la contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi. Lire en fait, le génocide arménien de 1915.

Parmi ces commentaires, je relève celui  de Madame Marion TISSIER-RAFFIN, que je n’ai pas l’honneur de connaitre, dont je vois qu’elle est docteure en droit public,  et rattachée sans doute comme chercheuse au Centre de recherches sur les droits fondamentaux de l’Université de Paris-ouest Nanterre La Défense.

C’est dans la revue de ce centre, accessible par Internet à l’adresse de https://revdh.revues.org/1789.  Et daté de février 2016.

L’auteur parle des parties principales à l’instance  au Conseil constitutionnel et évoque « de l’autre coté de l’échiquier » les noms des deux avocats intervenants. Sans dire pour qui ils intervenaient,  et pour cause, effectivement ça n’avait plus d’importance, chaque avocat s’est alors identifié personnellement à la cause qu’il défendait.

Madame TISSIER -RAFFIN  nous fait ainsi l’honneur d’être les seuls avocats cités, Philippe KRIKORIAN         et moi-même, expliquant que nous avons défendu l’inconstitutionnalité de la loi GAYSSOT, et que nous avons donc été les alliés improbables du requérant, un révisionniste affichant ses idées national-socialiste.

Et la commentatrice d’ajouter immédiatement que : « Cette alliance de circonstances cachait évidemment des finalités opposées puisque ces derniers (nous) défendaient l’extension de l’incrimination pénale inscrite dans la loi GAYSSOT à la négation du génocide arménien. »

Parfaitement vu, chère Madame, il y avait même dans notre  façon de faire un peu de Joseph STALINE, lui qui prétendait qu’il fallait renforcer le communisme… pour qu’un jour il puisse plus facilement disparaitre. Et bien nous, c’était pour contester le seul petit périmètre du génocide juif de la loi, pour en faire bénéficier tous les autres victimes de génocides. Pour l’instant, notre raisonnement n’a pas été suivi.

L’étude précitée rappelle bien qu’il planait sur le du Conseil constitutionnel l’ombre du génocide arménien, à propos duquel on écrit finalement qu’il est fort probable que le sentiment du juriste soit partagé à l’issue de la lecture de sa décision en raison du renvoi implicite à la question controversée de la répression du négationniste du génocide arménien, qui reste ainsi entière, autre décision très discutable du Conseil constitutionnel sur le sujet, en 2012, au cœur du débat, mais avec un malaise qui subsiste et s’aggrave.

A un mois du 101ème anniversaire de la décision d’extermination des Arméniens.

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