Apr
08
ARMENORUM : SMYRNE, LA MORT DEFINITIVE D’UNE ECHELLE DU LEVANT

 

L’idée du petit travail qui suit m’a été donnée après  la lecture de l’ouvrage admirable et exceptionnel du professeur Hervé GEORGELIN, docteur en histoire et civilisations, qui a du etre aussi maitre de recherches au C.N.R.S., et qui est actuellement à l’Ecole française d’Athènes. Edité par C. N.R.S. Edition,  en 2005, son titre est : « La fin de Smyrne, du cosmopolitisme aux nationalismes ».

Rien à voir avec les centaines,  voire milliers d’ouvrages,  sur le génocide de 1915, au passage pratiquement rien sur le génocide pontique (celui des Grecs et dans une moindre mesure des Arméniens en 1922).

Le génocide arménien, je le connais mieux que personne, je suis meme allé le défendre avec mon ami Philippe KRIKORIAN jusqu’au Conseil constitutionnel. Ici, ce n’est pas la question. C’est un peu la vie quotidienne à Smyrne en ce temps là. QUI A TOTALEMENT DISPARU DEFINITIVEMENT. Je suis donc passé à autre chose.

Que les choses soient claires. SMYRNE a toujours été grecque,  du moins jusqu’en 1922 : à cette date, on peut considérer qu’elle comporte 300.000 Grecs, 20.000 Arméniens, autant de Juifs. Les Turcs sont minioritaires.

Lorsqu’après celui de VERSAILLES,  le traité de SEVRES donne en 1919 la ville et sa région à la Grèce (et le nord de la Turquie actuelle jusqu’à la mer noire avec TREBIZONDE à l’Arménie, appelée le tout alors Arménie occidentale), l’armée grecque s’installe avec 20.000 hommes à SMYRNE.

Ce sera alors le signal de la reconquete par Mustafa KEMAL, qui mettra tout le monde à la mer, ensuite du grand incendie de la ville en 1922.  Qui fera entre 10.000 et 100.000 morts chrétiens.

De l’époque qui a précédé,  il ne reste pratiquement plus rien dans l’IZMIR d’aujourd’hui :

En front de mer, le magnifique consulat de France, construit sur les plans de l’architecte Emmanuel PONTREMOLI, grand prix de Rome (il n’a pas brulé car il était en dur en et en marbre), une gare,  propriété d’une société anglaise,  le site et les batiments administratifs de la compagnie du gaz (où travaillait comme comptable mon père,  qui avait alors 20 ans), le batiment de la société (marseillaise) des quais de Smyrne  qui (enseigne comprise en carreaux de faience avec le nom français) était en cours de restauration quand j’y suis passé l’an dernier à pareille époque, l’église Saint-Policarpe (saint smyrniote et l’un des tout premiers papes),  celle du vicariat catholique, quelques rarissimes maisons à balcons dans le quartier d’Alcancak, au nord, à l’arrière du port, un caravansérail, je crois avoir tout cité.

Ce qui a été le quartier grec, et,  collé à lui,  le plus petit quartier arménien,  pratiquement au centre de la ville actuelle, à l’arrière du consulat de France, cimetières compris, a été transformé en un immense jardin public qui,  jusqu’à ces derniers années,  servait le site à la Foire internationale d’IZMIR (laquelle s’est déplacée en banlieue sur la route de l’aéroport Menderes).

Un peu comme à ISTANBUL, où,  sous la célébre place de Taksim,  git le cimetière arménien, à peine mieux qu’à ANKARA, où le cimetière arménien est un parking public sous le château.

La suite maintenant.

Copié en « reprint » dans le fonds GALLICA, bibliothèque numérique,  des imprimés de la Bibliothèque  nationale à Paris, par le site Internet de la Bibilothèque nationale de France,

Dans « L’indicateur  des professions commerciales et industrielles de SMYRNE », publié sur plusieurs centaines de pages, la plupart du temps en français, sauf quelques passages en grec, mais avec traduction en français,  par  Jacob de ANDRIA,  4ème année en 1896, Bureau, rue Franque, à SMYRNE, pp. 1 à 76 de la  troisième partie,   nomenclature des adresses de SMYRNE,  par ordre alphabétique.

 

Quelques observations avant de commencer :

  1. Je ne me suis intéressé seulement qu’aux noms arméniens,ce qui est en IAN ou dont on est sur de ce qu’il avait sans douteeu du IAN derrière. Par exemple : BALLADUR, MISSIR, MIRZAN.Dans le doute, j’ai retenu les prénoms : Hagop, par exemple ne pouvant faire aucun doute sur l’arménité du titulaire de ce prénom. J’en ai numéroté à peine plus de 250  : attention il ne s’agit qu’unindicateur de commerçants, artisans et quelques professionnels libéraux.

Les prénoms complets ne sont pas toujours mentionnés à l’indicateur ci-après. Il arrive  rarement que les prénoms ne soient pas mentionnés.

  1. L’originalité saute aux yeux. A SMYRNE, on ne trouve qu’une petite partiedes noms de toutes les familles arméniens, ce qui démontre que les autres étaient d’autres régions. Du coup mon travail est un appel à la rédaction, d’un dictionnaire des noms de famille arméniens. L’onomastiqueest une science fantastique.

 

  1. Je n’ai pas indiqué les adresses, qui très souvent sont soit les quais de SMYRNE, soit le quartier arménien. Elles sont cependant dans l’indicateur, toujours sous forme abrégée.

4.   Les noms arméniens de cet indicateur sont  10 à 15 % du total général composé pour l’essentiel de noms grecs, quelquefois turcs, ou juifs, quelques uns français ou italiens. Les Grecs dominent absolument.

5. On trouvera une grande majorité de manufacturiers (petits ateliers), de commerçants (le commerce des cotons, la mousseline est une grande activité) ,  négociants, courtiers de commerce.

6. C’est ainsi qu’on découvrira par exemple deux de mes grands oncles Jean et Joseph (N° 147 et 148) : on écrivait à l’époque phonétiquement KUCHUKIAN , KUTSUKIAN, le CH n’existant pas en turc. Je suis  absolument sur de moi, ils étaient les fils de mon arrière grand père Paul KUCHUKIAN, et les frères ainés de mon grand père Pierre KUCHUKIAN : j’ai meme leur photo avec mon père,  alors agé de trois ou quatre ans.

7. Et puis, j’ai fait une découverte inouie : je me savais une arrière grand-mère géorgienne, Reine TACHMIDJE ou TACHMIDJI,  la seconde épouse de l’arrière grand père Paul. Impossible de trouve dans  les quelques archives du vicariat, qui m’avait dit, « rien, église autocéphale, géorgienne… » Voici alors que j’ai découvert dans l’indicateur un Alex TACHMIDJI, négociant, son père, son frère, son cousin, je ne sais pas.

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Commentaires

Nom: 
LAPDJINDJIAN
Site: 
indicateur des professions d'izmir 1896 pp 1 à 96 3eme parie.

Mon grand pere travaillait dans une banque à IZMIR ,il s' appelait SARKIS.Pouvez vous me le confirmer?Puis -je avoir accés à l'indicateur des professions?

Merci

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