Oct
07
AVOCATS : A.J., C’EST REPARTI POUR UN TOUR

 

C’est l’éternel serment de mer de la profession, l’aide juridictionnelle. Et comme la  réponse de base à la question est sempiternellement mal  donnée, il n’y a jamais de réponse.

C’est quoi la question. C’est celle de savoir si le justiciable,  qui n’a pas les moyens financiers de payer un avocat (et d’autres acteurs judiciaires),  doit être aidé et par qui.

On nous dit qu’il faut l’aider.

C’est qui, on ?  On c’est le justiciable. On le comprend. Sauf qu’il n’y a aucune raison, vraiment aucune, pour que l’avocat supporte de quelque façon que ce soit la prise en charge gratuitement ou par la profession. C’est donc à la collectivité de payer, sauf qu’elle ne veut pas, tout simplement parce que les électeurs pensent à la santé, pas à la justice. On a besoin des médecins, pas des avocats. Point.

Les  honoraires des médecins ne sont pas pris en charge par la profession, mais par la collectivité toute entière. Ceci s’appelle l’assurance maladie. Ça coute cher, tout le monde trouve ça normal.

Ceux des avocats, non.

Pourquoi, parce qu’il y a eu le temps lointain et parfaitement dépassé aujourd’hui où la profession était privilégiée, avec de grands bourgeois aisés, ils  demandaient à leurs stagiaires de travailler gratuitement avec l’assistance judiciaire ou ajoutait bien « gratuite », en attendant d’entrer dans la cour des grands, ceux payés au tarif de leur talent.

Au lieu de changer par une solution claire, du genre de celle des médecins, on a fait du radical socialisme d’avocat. On a un peu panaché, et donné collectivement une aumône à la profession, voici qu’est arrivée l’aide juridictionnelle. Le pire est qu’on sait bien que ce n’est pas le véritable prix de son travail qu’on paie  à l’avocat. Alors que l’huissier ou l’expert judiciaire est payé plein pot, lui.

Mais la profession l’a accepté et aujourd’hui, elle est dépassée par les évènements.

Parce que ce système a joué le rôle d’un aspirateur envers les jeunes aspirants avocats, qui sont entrés dans la profession en se disait qu’avec l’aide juridictionnelle, ils seraient payés. Un peu comme des fonctionnaires. Et que sur la masse, ils s’en sortiraient.

L’ennui de l’aspirateur, c’est que la turbine a tourné de plus en plus  fort et de plus en plus vite. Alors, il y a eu de plus  en plus d’avocats, tandis que la participation de l’Etat n’a pas suivi.

Vous voulez un dessin ? Les avocats sont montés en ascenseur, l’aide juridictionnelle est montée à pied, et même elle est restée au rez de chaussée.

A partir de là, il n’y pas, il n’y a plus d’issue.

Parce que ça a toujours été ainsi, les Français s’intéressent à leur santé, pas à leur justice. Tout le reste est du baratin à l’usage des avocats gogos qui croient que leur sort s’améliorera avec l’A.J. Ils rêvent.

Le plus grave est que les élus de la profession les entretiennent dans ce rêve en refusant la limitation du nombre des confrères. Car la situation va de pire et pire. Ce sont des fournées de plusieurs dizaines près de centaines d’avocats qui arrivent chaque année dans les grands barreaux, lesquels n’ont pas le travail correspondant pour les absorber, tandis que les pouvoirs publics laissent à la profession si complaisante de tout temps à leur égard, le soin de gérer. De gérer quoi : l’impossible. L'impossible, pour nous, c'est de gérer  financièrement le cout du  service public du droit à la défense. C'est à l'Etat de le faire, pas à nous.

Une solution, minable, existe. Créer des barreaux composés uniquement  d’avocats acceptant seulement de vivre de l'aide juridictionnelle. Mais alors, on passe au droit syndical.  Que les élus se débrouillent.

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Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

ne se donne pas les moyens d'une telle proclamation même si nos gouvernants ne cessent de marteler cet intitulé !

Il est toujours facile de jouer les généreux avec le labeur des autres.

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