Jan
09
AVOCATS : BELMONDO ET L’INDEPENDANCE DE L’AVOCAT

 

Ce qui vient de m’arriver est la démonstration la plus absolue de l’indépendance que doit avoir l’avocat.

Je rappelle en effet que le machin,  appelé cour de justice maçonnique du grand Orient de France, qui est tout au plus une section disciplinaire d’une association de la loi de 1901,  m’a refusé,   le mois dernier,  son accès pour défendre un  client. C’est que  je n’étais pas,  non seulement franc-maçon, mais encore, du moins,  si j’ai bien compris, de l’obédience de référence.

Cet épisode  fait immanquablement penser à la conception de l’avocat  à l’époque de la Terreur révolutionnaire.

A l’occasion du centenaire de la Révolution, on a édité un recueil de plaidoiries du temps, à la Conciergerie.

J’ai dû prêter mon exemplaire à quelqu’un qui ne me l’a jamais rendu. Il ne faut jamais prêter le moindre bouquin.

Je me souviens cependant de transcriptions de plaidoiries ordinaires. Ordinaires sauf celle de MALHERBES  (72 ans) pour LOUIS XVI, mais c’était le roi et l’avocat a été guillotiné tout de même. Il me reste deux ans.

Inouïes,  toutes pareilles des confrères du temps, le plus souvent commis,   résumées toutes ainsi: « il n’existe pas de peine suffisamment grave pour punir mon misérable client » était la formule la plus usitée ne serait-ce que pour éviter que l’avocat soit aussi lui-même guillotiné.

Pour les cinéphiles de grand public, voyez donc le superbe film de Jean-Paul RAPPENAU, « Les mariés de l’An II » dans lequel le réalisateur – scénariste  est sans aucun doute allé chercher dans de vraies archives.

C’est lors du procès  de NANTES qu’on fait à Philibert,  que joue BELMONDO : pas  la moindre erreur historique. Lui aussi est ainsi condamné à la guillotine.

Oh, bien sûr, il n’y a pas  de guillotine rue Cadet où siège le grand Orient de France. Mais c’est intellectuellement pareil.

Au juste, je ne saurais jamais, puisque je n’ai pas pu y mettre les pieds, au juste, pour respecter le règlement, les confrères francs-maçons,  qui se prêtent à cette mascarade,  portent-ils en plaidant, sur leur robe, les insignes maçonniques de l’art. 9 du règlement, le tablier, un sautoir, et plaident-ils avec des gants ?

Parce que le non-respect de ces règles non prévues par le grand Orient les expose aux sanctions ders art.22 et 23, plus de l’art. 93, avec la suspension puis la radiation.

Horreur, malheur.

On est loin de l’épitoge et des breloques sur la robe d’avocat,  comme le dénonce la Conférence des bâtonniers.

Remarquez que ce n’est pas mieux, parce qu’elle le fait pour ne pas parler du voile islamique.

Mais c’est encore autre chose. Je vous le concède.

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