Feb
22
AVOCATS : DE LA POLITESSE ECRITE

 

Notre ami CHHUM nous signale le petit opuscule,  du barreau de Paris, toujours en pointe des choses intelligentes à faire, « des adresses et formules de politesse ».

Déjà, le sens du mot « adresses » ne sera surtout pas compris de la plupart des confrères,  chez lesquels l’ignorance fait ravage. Non, ça n’a rien à voir avec l’endroit de destination de lettre, 8 rue Machin.

L’adresse, c’est dans le vocabulaire du courrier,  la pratique des bonnes manières, un morceau du guide du protocole et des usages de l’ancien préfet Jacques GANDOUIN,   sous la préface du duc de BRISSAC, c’est  l’appel du destinataire.

L’opuscule est  très féministe.

On gausse longuement sur le traditionnel « mon cher confrère », on moque le « madame  (et non le monsieur) et cher confrère » présentés comme probablement le plus réactionnaire (sic). Le « chère madame » est fustigé,  puisque marquant le refus d’accès des femmes à la profession, mais  on tolère « ma chère consœur », et on dénonce le « cher collègue »,  que personnellement je n’ai jamais rencontré en 45 ans de métier.

Ceci, c’est pour le début des courriers.

Pour la fin, c’est le triomphe du « votre bien dévoué », ou du « cordialement ».

Ce dont  ce petit opuscule ne traite pas, ce sont des formules à l’attention des autres que les confrères et les clients. Que des avocats puissent encore écrire à un magistrat ou à un expert, ou à un greffier,  « votre bien dévoué » a de quoi révulser.

Le « cordialement » peut-être pour eux,  mais ce n’est pas cité.

Non pour tous ceux-là, le petit opuscule oublie la formule,  créée par l’ancien premier président Vincent LAMANDA, dont je rappelle qu’il entra dans la magistrature au même concours que moi en 1969, mais lui,  fit carrière et quelle carrière.

C’est tout simple : « Je vous prie de croire à toute ma considération ».

C’est soft, c’est simple.

Il reste que le petit opuscule retrouve son caractère féministe  avec le « président » ou « la présidente », en insistant sur cette dernière. Il dénonce le « madame le président », que personnellement j’adore.

Bref, « Les adresses et formules de politesse  de la profession », du barreau de  Paris n’est pas la panacée, mais  la petite colère d’une consœur du nom de Laurence BOYER, que je salue « confraternellement ».

Il faudrait finalement se rapporter   (impossible à retrouver)  au  traité, le plus récent en cause,  du protocole et de bons usages de Monsieur Jean-Pierre ASVAZADOURIAN, qui fut le chef du protocole du quai d’Orsay et ensuite de la présidence de la République sous Nicolas SARKOZY.  Lequel n’est plus notre ambassadeur à PRAGUE,  depuis peu et dont j’imagine qu’il travaille peut être quelque part à réécrire son  ouvrage de référence.

Mots-clés: 

Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

comporte un possessif dont on peut aisément se passer en utilsant l'expression "Cher Confrère".

La formule de politesse à la fin d'une lettre de licenciement pour faute grave ou lourde pourrait être différente de celle habituellement uilisée qui n'a aucunement sa raison d'être en raison du contenu de la lettre.

MAIS alors, faisons encore plus simple:

 

L'appel: "Confrère".

La signature "Salutations".

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

entrée en matière est pour le moins abrupte.

J'ai déjà vu des courriers de Confrères écrivant à un autre Confrère et commençant par "Monsieur" ou "Madame" !

J'ai connu un Confrère qui utilisait l'expression "Salutations républicaines" mais dans un contexte particulier.

J'ai vu aussi des courriers sans aucune formule de politesse.

Moi, j'adore.

Nom: 
Pierre DOYEN

 

Il est d'usage dans la profession d'avocat en écrivant à un confrère de l'appeler «  Mon Cher Confrère ». Si le confrère est personne du beau sexe, alors il faut écrire « Ma Chère Consœur », féminité et grammaire obligent ».

 

Cependant cette dernière formule n'a pas l'heur de plaire à certaines féministes échevelées, pour lesquelles n'être point privément qualifiées de l'appellatif masculin est pour la mulièbre adressataire, à l'égalité des droits faire violence !

 

L'humanité étant sexuée, de sujets mâles et de sujets féminins elle est composée, quand l'on s'adresse à une personne, fatalement homme ou femme, la bienséance commande de la nommer conformément à l'état qui est le sien . Ce qui en dernière analyse ne lèse ni les droits de l'allocutaire ni sa géométrie.

 

Lorsqu'on s'adresse à une personne en considération de sa profession, le titre de celle-ci est désigné par le vocable ad hoc, conformément à la grammaire française.

 

Ainsi à femme nous adressant selon leur qualité, écrivons-nous : Madame le président, Madame le juge, Madame le conseiller ou Madame le député et al.

 

Etant entendu qu'à une personne occupant une fonction, c'est à cette dernière que l'on s'adresse, non au sexe du titulaire de ladite fonction.

 

Au quinzième siècle de notre ère, au concile de Constance l'empereur romano-germanique Sigismond Ier avait décliné le mot latin « schisma » au féminin, alors qu'il est du genre neutre. Un évêque se leva rappelant à l'empereur la faute de grammaire. L'empereur rétorqua que par sa qualité il avait pouvoir de décider du sens de l'orthographe. L'intransigeant prélat répondit : « Caesar non supra grammaticos »(1).

 

A fortiori pouvons-nous dire, toute déférence gardée envers la politesse de la forme : « Mulieres non supra grammaticos »(2) !

 

Les avocats ont coutume de s'interpeller confrère ou consœur, non monsieur ou madame. Dans la correspondance « Mon Cher Confrère » ou « Ma Chère Consœur » ne sont que la transposition de respectivement Cher Monsieur, Chère Madame.

 

L'adjectif possessif ne peut pas être éludé en Monsieur ou Madame, puisqu'il fait corps avec l'appellatif, sauf à écrire Sieur ou Dame. Ce qui serait perçu par le destinataire tous sexes confondus comme irrévérencieux.

 

On pourrait écrire simplement « Confrère » et la formule de politesse « Salutations ».

 

Mais si vous vous adressez à une femme, il y a fort à parier qu'elle recevrait l’appellatif ainsi dépouillé de fioriture, comme un coup de cravache !

 

Quelle que soit la Déclaration sur l'égalité des droits, la psychologie féminine n'est point identique à la psychologie masculine.

 

Alors écrivons « Chère Consœur » et « Salutations confraternelles », en ne réservant l'usage de l'adjectif possessif(3) que pour la seule correspondance amoureuse.

 

 

  1. Traduit par César n'est pas au-dessus de la grammaire, quoique littéralement la phrase signifiât :César n'est pas supérieur aux grammairiens.

  2. Les femmes ne sont pas au-dessus de la grammaire.

 

  1. A l'armée les militaires s'adressant aux gradés disent mon lieutenant, mon capitaine, mon commandant et al. Le locuteur prononçant de telles formules possessives est coacteur de sa propre dévirilisation psychologique. Nous avons sous les drapeaux appelé les gradés par leur seul titre, privé de l'adjectif possessif « mon » en raison de son caractère complètement incongru. Au demeurant dans les armées anglo-saxonnes, les militaires sont appelés par leur seul grade. On dit « général », non « mon général ».

 

Nom: 
HenryKnova
Site: 
HenryKnova

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Nom: 
MatthewOwera
Site: 
MatthewOwera

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