Jul
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AVOCATS : L’AVOCAT DELATEUR- DE ADVOCATO CAPITE MINUTO suivant Pierre DOYEN

L'avocat en pays gallican est capite minutus(1).  

 

Certes il est citoyen optimo jure(2) relativement à l'exercice de ses droits civils et politiques, mais s'apparente à un vulgaire pérégrin quant à l'étendue de ses droits subjectifs en l'exercice de sa profession !

 

Pour  l'exercice de son art, à l'avocat  il ne suffit pas de justifier de ses titres universitaires  par lesquels la loi reconnaît la compétence technique de l'impétrant. Encore  à celui-ci faut-il  être membre d'une association légale : le barreau.

 

Il paraît qu'une telle contrainte exorbitante du droit commun ne caractérise en rien—selon le Conseil constitutionnel—une violation de la liberté d'association, ni davantage n'est injure à la liberté du commerce et de l'industrie. 

 

Si nous voyons du droit la perfection prendre la fuite, au moins avons-nous l'heur d'apprendre à ne point mourir idiot.

 

Les contraints  consortes(3) avocats sont représentés par un porteur du bâton qui, par  euphonie ou par élégance linguistique  à n'être point comme aux caprins et ovins leur fustigateur, répond à l a doulce appellation de bâtonnier.

 

Ces tristes consortes à leur  représentant et d'icelui-ci sur  exprès   mandement ils  rendent  compte.

 

Au monde  il  n'existe nulle gent mandante  qui à son mandataire rend des  comptes, fors  la gens togata(4).

 

ALORS :

 

En vertu de quelle axiologie l'avocat victime d'un crime, d'un délit, du chef de l'un de ses concitoyens, fût-il un client ou ex-client, ne pourrait-il pas dénoncer  l'auteur de l'infraction à la personne qualifiée pour recevoir la réclamation, en l'occurrence  le procureur de la République ?

 

Aucun citoyen sauf  comme à Sparte à admettre que certains sont des hilotes de la République,  n'a à souffrir en un sépulcral silence du crime d'autrui.

 

Attendez-vous si un de ces jours  en pareille circonstance vous fussiez d'un tel forfait la victime son dénonciateur, votre excellentissime porteur du bâton ne manquerait pas  de reconnaître, tout pontifiant, qu'en droit vous avez  fichtre raison .

 

Mais que Diantre, déontologiquement, vous avez tort.

 

Et là, il est inutile d'épiloguer  plus longuement car vous connaissez la suite processuelle comme aux temps médiévaux, une bougrerie à vous reprochée qualifiée  défaut de délicatesse !

 

 

Renvois :

 

  1. Expression jurique romaine pouvant se traduire par sujet aux droits réduits.

 

  1. De plein droit que l'on peut également exprimer en usant de la locution latine « de pleno jure ».

 

  1. En français  ce mot a donné  celui de « consort ». A  Rome les consortes qui héritant du pater familias défunt  restaient coïndivisaires. Ils avaient la  faculté de sortir de l'indivision contrairement à nos consortes avocats.

 

  1. Littéralement la gent porte toge. Choix de l'expression latine parce que plus élégamment formulée qu'en notre idiome.
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