Dec
31
AVOCATS : LA ROBE, LE CHAPEAU ET SA BOITE EN CARTON

 

Il faut   aller chercher dans le toujours excellent « Minute » de cette semaine pour comprendre  l’association de la loi de 1901,  appelée « Conférence des bâtonniers », dont la résolution du 18 novembre dernier, qu’on trouvera intégralement annexée à ce billet, a été commentée ici et ailleurs. En réalité, la situation n’est pas vraiment celle qui a été évoquée.

« Minute » nous apprend donc qu’en juin de cette année, une avocate  de Seine-Saint-Denis, de confession musulmane,   s’était présentée à un concours d’éloquence,  coiffée d’une toque,  comme avaient jadis les confrères, au moins  dans les dessins d’Honoré DAUMIER.  

En réalité, cette toque dissimulait un voile bleu,  qui lui couvrait la nuque. On imagine la suite.

Le bâtonnier local, un autre CAMPANA, s’en offusquait et déclarait que l’uniforme traditionnel ne saurait être une atteinte à l’indépendance et à la neutralité (confessionnelle) des avocats. D’où la saisine pour avis de la Conférence des bâtonniers.

Le barreau de Toulon connait bien déjà  cette affaire depuis plus longtemps, mais,  cette fois-ci en version hébraïque, puisqu’un  confrère juif local prétend habituellement plaider la tête couverte d’une kipa.

Incidents jadis. La solution qu’il a  trouvée pratiquement est de plaider la tête recouverte d’une toque, sous laquelle on devine évidemment la kipa. Mais comme la kipa est discrète, on ne voit rien.  Le tout est joué.

Alors on verra qu’en réalité, la Conférence des bâtonniers ne s’est intéressée qu’aux « ajouts personnels » à la robe,  du genre décorations, que pour faire bonne figure,  bien dans l’air du temps. Evitons en effet les sujets qui fâchent.

Dans sa résolution, elle se garde bien de traiter de la question de l’épitoge et de ses rangs de lapin-hermine surtout ceux des docteurs en droit,  et aussi même  des non docteurs qui la portent aussi (par exemple dans les barreaux de Savoie,  sauf erreur et changement).

Les ancêtres qui composent   la Conférence des bâtonniers ont finalement affirmé leur attachement au port de la robe, mais  comme signe de la disponibilité envers tout justiciable et au service du droit et de l’égalité entre les avocats (1). Ils ont finalement constaté « le caractère obsolète du port de la toque. »

Il est évident qu’ils  ont ainsi joyeusement défoncé une porte ouverte, sauf qu’ils ont renvoyé la balle dans le camp des pouvoirs publics, invités à réglementer l’usage et la  forme du costume d’audience.

Car, c’est moi qui ajoute, même obsolète, le port de la toque reste donc parfaitement légal.

Au passage, on signale que l’expression « toque » pour désigner la boite aux lettres des avocats parisiens et d’autres barreaux –vient de l’usage de jadis de placer au palais le courrier destiné aux confrères dans la boite en carton de leurs toques.    

Chez nous, à Marseille, où on est moins distingués, on appelle bêtement,  à la maison de l’avocat  « boites aux lettres »,  les boites aux lettres-, mais il faut dire aussi que nous n’avons plus de vestiaires, ni de toques et pas davantage  de cartons de toque depuis 30 ans au moins. Et même plus  pour les cartons et les toques. 

Dans ces débats byzantins, heureusement dépassés depuis longtemps par les avocats américains,  qui eux ne portent pas de costume d’audience, et ils ont bien raison, « Minute » nous rappelle d’autres thèmes susceptibles de faire débat.

Car la robe de l’avocat n’est jamais qu’une soutane de curé, tandis que ses trente-trois boutons réglementaires – j’imagine que nombre de confrères vont les compter après m’avoir lu- pardon, pas réglementaires, mais rituels,  font référence l’âge du Christ lors de sa passion et de sa résurrection.

Aie, je sens que la prochaine réforme sera celle du  débat sur  la fermeture éclair.

Et on traitera plus tard la question des gants blancs.

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  1. Moi, qui étais prêt à plaider en robe devant la Cour de justice du grand Orient de France, ce qui m’elle m’a empêché officiellement de faire, suis bien incapable, du coup, de vous dire ce qu’elle aurait pensé de ma tenue, sans aucun doute non conforme à celle des juges maçonniques de l’occasion. Vous voyez, je n’ai pas écrit juges d’occasion.

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Commentaires

bonne idée de supprimer toutes ces choses inutiles!

Mais certains devront refaire leur garde robe surtout lorsque l'on voit l'état abominable de la robe de certains confrères.... "Noires de crasse".... Comme dit ma fille de 3 ans... "Très bieuk"!

À voir si cette si courageuse (et particulièrement utile) Conférences des honoraires pourra nous négocier de pouvoir de fiscaliser quelques costumes pour travailler.

Et oui! On peut de fiscaliser deux robes par an mais pas la moindre chemise, la moindre cravate, le moindre costume. S'il nous est interdit de recevoir nos clients en robe dans nos Cabinets (déontologie oblige), l'administration fiscale doit croire que nous les recevons en pyjama!!!!

Quant aux gants blancs, ils étaient à l'origine l'attribut des officiers. C'est un attribut de noblesse, d'élite, symbole de pureté et d'abnégation. On les leur remet avec leur sabre. Ca se fait encore dans les grandes écoles d'officiers, particulièrement à Saint Cyr, au cours d'une veillée d'armes. Mais là aussi..... Dans les Armees, tout le monde porte des gants blancs maintenant pour les prises d'armes, officiers, sous-officiers et militaires du rang. Â Saint Cyr, les gants blancs des officiers sont en cuir... Mais plus personne ne fabrique ça.... Les miens viennent d'une boutique hors de prix de Copenhague qui fournit la Cour royale.... 280€ la paire.

Bref, Tout ce qui est beau, tradi, pétri de panache est donc voué à disparaître et submergé par la fange galipoteuse de la médiocrité ambiante. Notre robe disparaîtra aussi un jour par la volonté de tel abruti (terme copyrité "kuchukian") qui ne supportera plus sa propre médiocrité....

Et hélas, la médiocrité nous gagne tous... Savez vous, et pour quelle raison, qui a fait supprimer le ceinturon sur les tenues d'officier dans l'armée de terre, ceinturon particulièrement élégant qui permettait nécessairement le port du sabre, port reservé aux seuls officiers, les chevaliers des temps modernes,? La réponse vous laissera rêveur! Le General De Gaulle qui était devenu trop gros pour pouvoir le porter. Il a préféré le supprimer. Résultat... Meme en tenue 21bis (képi, pantalon, vareuse, gants blancs et décorations pendantes), on ne peut plus porter de sabre. On reste les bras balants ridiculement accoutré par cette tenue dite "terre de France" dessinée par Cardin, moche et ridicule. Bravo.

"pour la gloire de la France et de ses armes".

Je suis allé compter le nombre de boutons de ma robe, qui vient évidemment de chez Madame PETIT (-KUCHUK en turc et en farsi, c'est "petit").

La mienne n'a pas les 33 boutons et il n'en manque pas.

Mais où sont passés les autres ?

Pardon...

Je ne veux être désagréable.....

Madame Petit c'est petit budget. La référence c'est BOSC! Hors de prix certes, mais c'est la référence absolue.

La mienne vient de chez l'Artisan costumier. Je compterais lundi....

 

Nom: 
Pierre DOYEN

Nous avions  oncques  lu en de savants traités de science déontologale ou théologale, on ne sait, de quelques Messires bâtonniers, que notre robe d'origine ecclésiale comportait  trente trois boutons, rappel du souvenir de la mort du célèbre Nazaréen en ses trente trois printemps.

 

Quoique libre penseur, nous voilà arborant fièrement livrée ordinale, sur laquelle sont alignées symbolisées trente trois années de vie terrestre de Jésus Christ notre sauveur, comme disent les inconsolables sectateurs du tragique Galiléen.

 

Devoir vivre idiotement, cela nous arrive plus fréquemment qu'à notre tour en la profession, mais au moins peut-on s'évertuer à ne point prendre congé de l'existence en le même état.

 

Aussi sommes-nous allé compter nos boutons, tel un amant chevaleresque ôterait les épines de la rose qu'il offrît à la dame de ses pensées !

 

Grands dieux! Les boutons eh bien ! ils n'étaient que douze à l'appel.

 

Exeunt Jésus et trente quatre hivers.

 

Le nombre douze, s'il est étranger à l'histoire de Jésus, il ne l'est point à celle de sa mère, la Vierge Marie, génitrice du célèbre Rabbi par parthénogenèse arrhénotoque, bien qu'elle fût mariée avec Joseph. De ce couple agenobiosis, paraît-il, pouvait donc bien naître un parthénote.

 

Après cette petite digression historique sur la saga de descendants davidiques, revenons à notre nombre douze.

 

En 1950 le Conseil européen voulait confectionner un drapeau pour la communauté. Fut retenu le projet de Arsene Heitz : un cercle de douze étoiles dorées sur un fond bleu azur.

 

L'auteur justifia son choix par référence aux douze mois de l'année, douze signes du zodiaque ou des douze travaux d'Hercule. Le motif déclaré n'était pas le motif réel.

 

Arsene Heitz, avait remarqué que sur les vitraux des cathédrales la Vierge Marie était représentée sur fond bleu azur avec un halo de douze étoiles dorées. Ainsi l'Union européenne a-t-elle pour drapeau celui de la vierge Marie !

 

Porter sur sa livrée ordinale de ore ad pubem(1) les douze étoiles dune parturiente parthénogénétique, n'est pas d'une symbolique d'un raffinement intellectuel exquis.

 

L'Ordre des avocats maltraite ses membres. Comment Diantre pourrait-il être distingué en l'expression symbolique?

 

 

  1. De la bouche au pubis.

Et je me suis meme expliqué pourquoi.  Je suis Monsieur PETIT.

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