Jan
25
AVOCATS : QUAND SAINT MARIN NOUS VIENT EN AIDE

 

 

Contre l’ordonnance du 31 juillet 2015 et le binôme sexuel à la fois pour les membres des conseils de l’ordre et le bâtonnier, il  été facile de soutenir que celui-ci est par principe  et définition un et un tout seul, et qu’une telle fonction ne pourrait  être exercée par deux personnes à la fois.

 

Voyons, nous n’y avions pas pensé,  l’exemple vient nous aider  du 3ème plus petit Etat d’Europe, et le 5ème du monde,  dans ce classement à l’envers.

 

Il  s’agit du micro-Etat que constitue la plus vieille république  indépendante du monde, celle de SAINT-MARIN, au nord est de l’Italie.

 

Fondée en  l’an 300, elle dispose du système constitutionnel le plus ancien qui soit, puisque c’est en 1243 qu’il y a été décidé qu’elle serait dirigée collégialement,   donc à la fois,  par deux capitaines régents, élus ensemble pour six mois.

 

Je connais. Mais surtout le site Internet du secrétariat d’Etat de la République, nous annonce qu’actuellement les deux capitaines régents sont une femme,  Madame Lorella STEFANELLI  et un homme, Monsieur Nicola RENZI.

 

Dans le passé, ce binôme sexuel a existé à plusieurs reprises.

 

Vérification faite au téléphone ce matin  auprès du secrétariat d’Etat, la constitution locale n’a pas encore été modifiée pour exiger la collégialité sexuelle.

 

Toutefois, les textes constitutionnels indiquent et confirment que les deux capitaines régents exercent ensemble LA fonction de chef de l’Etat sur la base du principe de  la collégialité. Ensemble, ils représentent l’Etat.

 

Qui sait si les rédacteurs de l’ordonnance du 31 juillet, dont le travail a été moqué, n’ont pas eu en tète l’exemple saint-marinais,  en l’étendant à la défense de la cause féminine, ce qui n’aurait rien d’étonnant quand on sait que ce sympathique  petit Etat est membre du Conseil de l’Europe et signataire de la convention européenne des droits de l’homme.

 

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Commentaires

Nom: 
PIERRE DOYEN COMMENTE

                                              

 

Dans l'antique  Rome républicaine l'Etat était représenté par deux consuls. Il n'était jamais venu aux Romains  l'idée qu'un des consuls devait être femme.

Le titulaire d' une charge publique, étant susceptible d'exercer un pouvoir de commandement sur l'armée, ne pouvait être de sexe féminin. Car les femmes étaient réputées inaptes au combat.

Pour la profession d'avocat, de nos jours nul n'a  remarqué qu'il y eût une quelconque inaptitude féminine  au combat judiciaire. Alors  les femmes peuvent comme les hommes porter  la robe!

Nous savons que l'institution ordinale est une tyrannie au sens aristotélicien du terme, puisque son chef, le Sieur  bâtonnier, y exerce le pouvoir indépendamment des lois.

L'avocat outre sa soumission à la loi  est  sous subjugation de la déontologie. Celle-ci est pure production du Sieur bâtonnier assisté de ses propinquis(I), dirons-nous pour user d'une terminologie romaine.

En 509 avant notre ère, les Romains ont chassé leur roi et ont confié le pouvoir suprême à deux consuls élus pour un an. Chacun exerçait  le  pouvoir par alternance et avait l'intercessio(2). La décision prise par un consul s'appliquait, si son collègue ne s'y opposait pas.

 

Ce n'est pas la République de Saint Marin qui nous faut prendre pour modèle, mais le consulat romain  corrigé par les mœurs politiques de notre temps, en vertu desquelles  là où il y a un homme, il doit y avoir aussi une femme.

 

L'avocat dans notre société est un sujet de droit atypique comme nous l'avons déjà mentionné plus haut, parce qu'assujetti à des règles déontologiques extra legem voire contra legem.

 

Quand il est poursuivi devant la Section spéciale, entendez le Conseil régional de discipline, il est face à un ministère public bicéphale : le bâtonnier de sa baronnie et le procureur général du saint lieu.

 

En ce procès féodal , le bâtonnier devenant  dès lors bicéphale, la fonction du procureur général n'étant ni utile ni nécessaire, de ces chefs  elle doit  disparaître.

Délaissons la tyrannie ordinale et optons pour le consulat collégial un homme et une femme, non pas  comme  jadis à   Rome : un patricien et un plébéien !

 

 

  1. au nominatif singulier propinquus, signifie proche. Les membres du conseil de l'Ordre sont les propinqui du bâtonnier.

  2. Intercessio en français intercession, à Rome pouvoir d'un magistrat de s'opposer à la décision prise par son collègue.

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