Aug
27
COUP DE GUEULE : PUISQU’ON VOUS DIT QUE L’INTEGRATION EST REUSSIE

On retrouve un papier du 12 septembre 1996  de « Libération », le bien pensant.

On y  écrivait alors que le meurtre de Nicolas Bourgat, 15 ans, à  Marseille,  continuait  de susciter une émotion sans précédent au cœur de la ville. La victime, un lycéen sans histoire, était assis sous une porte cochère en compagnie de son meilleur ami.

Tous deux finissaient leurs sandwichs quand deux adolescents qu'ils ne connaissaient pas ont croisé leur chemin. Sans raison apparente, le plus jeune d'entre eux a alors donné une claque sur le crâne de Nicolas. Réaction immédiate du jeune garçon: il emboîte le pas de son agresseur pour lui demander des explications. En guise de réponse, il reçoit deux coups de couteau dans la région du cœur.

Témoin direct de la scène, un avocat marseillais soutiendra Nicolas quelques secondes avant qu'il ne s'écroule sur le trottoir de la rue Consolat, dans le 1er arrondissement de la ville.

Son père, un médecin dont le cabinet se trouvait  à moins de 500 mètres de là, ne pourra rien pour sauver son fils.

Il disait qu’on n’avait pas trouvé tout de suite l’assassin, ce qui n’était pas vrai,, puisqu’on l’avait  retrouvé, et qu’il était maghrébin, le couteau. Mais chut, il ne fallait pas le dire.

Le  malaise était  palpable. Entre honte et indignation, les Marseillais redoutaient parait-il  que cette affaire ternisse un peu plus l'image d'une ville déjà mal en point.

D'autant que le hideux  Front national, n’est ce pas, avait  pris la balle au bond, en annonçant  la tenue d'une manifestation «contre le racisme antifrançais», entre le Vieux-Port et la préfecture des Bouches-du-Rhône. Jean-Marie Le Pen devait y participer et prendre la parole.

Les réactions n'avaient   alors pas tardé. Syndicats, Ligue des droits de l'homme et organisations antiracistes avaient crié  à la récupération. Même le père de la victime s'était indigné, un médecin,  assurant que son seul espoir était que l'on arrête le meurtrier de son fils. Une autre manifestation eut lieu plus tard à l’initiative du maire de Marseille, déjà gâteux.

 Les militants lepénistes s'y  étaient invités, distribuant des tracts et appelant les 1 500 participants à descendre jusque devant la mairie pour interpeller Jean-Claude Gaudin.  J’ai du y aller. L'ambiance était électrique. On redoutait que les choses ne tournent à la vengeance.  Heureusement, le préfet n’avait pas bougé. La ratonade n’avait pas eu lieu.   Je ne commente pas.

La campagne du Front national avait  également suscité quelques débats dans les rédactions. Les  journalistes de France 3 Méditerranée bien pensants de grande gauche communiste,  avaient  ainsi trouvé un tract épinglé au mur de leurs bureaux. Y était dénoncée l'attitude de l'équipe qui avait  couvert le meurtre lundi, avaient décrit les agresseurs de Nicolas comme deux jeunes d'origine étrangère.

«Il y a deux ans, s'insurgeait alors  un syndicaliste, l'extrême droite était moins fanfaronne. Après les meurtres du jeune Ibrahim Ali par un colleur d'affiche du Front national, ils étaient loin de parler de crime raciste.».

La suite est celle-ci.

L’agresseur fut condamné à 10 ns de prison fermes. On recruta le ban et l’arrière ban de la bien-pensance du barreau pour défendre l’assassin, expliquant qu’il était jeune et mal intégré.

La victime, on s’en fichait, car elle était française.

On donna cependant son nom de Nicolas Bourgat au bout de la rue près de laquelle il avait été assassiné, un bout de rue sans numéro d’immeuble. Je passe  devant tous les matins, et souvent je m’arrête  au feu rouge à l’angle du boulevard de la Libération et du morceau de la rue de la malheureuse victime.

Quant au père médecin, il temporisa. Pouah, ce hideux Front national. Pardonnons, soyons charitables.

En guise de charité, on l’intégra dans l’équipe municipale au pouvoir  et au lieu d’un fils vivant, le père eut droit à un poste de conseiller municipal  et même d’adjoint dans la liste Gaudin des élections municipales suivantes Afin de,   je les cite, « se lancer dans une action pédagogique de fond au service de la prévention de la délinquance. «  Ca ne s’invente pas.

La fin est celle-ci.

On apprend par « La Provence » du jour, sous la signature l’impayable  Denis Trossero, que l’assassin du temps, Khtab El Haillouch (maintenant on a le droit de dire son nom), est allé depuis sa condamnation  d’assassin, d’autre  condamnation en condamnation. Ce qui déjà signifie,  mais la presse ne le signale pas qu’il n’a jamais purgé sa peine d’origine. En effet, notre  gentil délinquant,  sorti de prison plutôt que de prévention, a séquestré sa propre sœur, distribuant ça et là coups  divers et variés, cette fois-ci même à sa petite amie. Trois ans de prison de plus en 2006. En 2017, nouvelle condamnation pour trafic de stupéfiants.  Pourtant, on l’a laissé sortir de prison voici quelque temps,   en semi-liberté.  Rattrapé, il a été condamné ces jours-ci à 2 ans de prison pour évasion, rébellion et violence contre des policiers.

Quant au père de la malheureuse victime de 1996,  il prétendait encore récemment que s’il avait appris que l’assassin de son fils était devenu un type bien, il lui aurait fait l’honneur de l’oublier.

Nous, on a heureusement oublié ce père  auteur de propos indignes attentatoires à la mémoire de son malheureux fils,  il n’est plus élu du tout.

Mots-clés: 

Commentaires

Nom: 
Gilles Huvelin
Site: 
www.huvelin.associes.fr

sur tweeter le lien qui permet de lire ton article sur ton blog. Nous devrions tous procéder de la sorte pour promouvoir la blogosphère qui s'attache à bouger les neurones fructueux de la profession.

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA