Sep
30
DECADENCE : L'INTERPELLATION PRESIDENTIELLE

Alors voilà que le président de la République se fait interpeller. On l’a même vu  au milieu de deux  hommes de couleur  qu’il a complimentés, aux torses nus. Avec des colliers en or ou dorés.

On pense pour sa sécurité   qu’il n’ira pas se faire interpeller maintenant  dans les banlieues chaudes de la région parisienne, parce là en plus, à défaut  de démonstration de biceps, il est à craindre des coups de couteau : c’est bien l’usage non ?

Pourtant  et pratiquement, c’est quoi une interpellation ? Ici, le mot a le sens de réclamation,  et même de « pétition » comme on disait à la Révolution. Auparavant, c’était la supplique au monarque.

Rien de bien neuf finalement. Sauf que la pétition suppose qu’on sache lire et écrire, ce qui n’est pas le cas des interpellateurs présidentiels actuels.

Sur le sujet, je retrouve ce que j’écrivais ici le 30 avril 2011.

Non à  ceux qui prétendent interdire qu'on parle, qu'on leur parle, qu'on écrive, qu'on leur écrive, par exemple sur un blog, ou même en leur adressant des courriels.

Surtout si ce qu'on leur dit et qu'on leur écrit leur déplait.

Inlassablement d'abord :

La convention européenne des droits de l'homme : art. 10 : Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des iodées sans qu'on puisse y avoir ingérence d'autorités publique (...)

Et encore :

Titre premier de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 aout 1789 :

La constitution garantit comme droits naturels et civils, la liberté à tout homme de parler, d'écrire, d'imprimer et publier ses pensées, sans que les écrits puissent être soumis à aucune censure ni inspection avant leur publication.

Et encore, ROBERT :

La pétition est un écrit adressé aux pouvoirs publics, par lequel toute personne exprime son opinion sur ce qui la concerne ou sur une question d'intérêt général.

Pour ceux qui n'auraient pas la culture historique ou démocratique nécessaire, trois  citations du rapport au Corps législatif du député (et avocat) Isaac LE CHATELIER, le 7 mai 1791 (cité dans « Orateurs de la Révolution française », La Pléiade, chez GALLIMARD, p. 425).

La première,  le droit de pétition est un droit individuel de tout citoyen.

Et encore, projet de décret suivant :

1. Le droit de pétition déclaré par l'art. 62 du décret du 14 décembre 1789, est le droit qu'a tout citoyen actif de présenter son vœu au Corps législatif, au roi, aux administrateurs, sur tous les objets qui tiennent à la législation, à l'ordre général du royaume et à l'administration.

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6. Si l'objet de la pétition n'est pas de la compétence des administrateurs auxquels elle est adressée, ils le déclareront en rendant la pétition.

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Bon, tout ça c’est du grand principe.  En réalité, interpellation ou pétition, le président s’en fout  complètement.  C’est un politique.

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