Feb
09
DOSSIER AVOCATS : BIENVENUE A MAITRE CORNILLE

On sait que j'ai invité dans le temps pendant plusieurs mois, Jean de La Fontaine sur notre blogosphère. Voici que j'invite maintenant les Daudet. Enfin, le père, Alphonse. Je n'ose pas inviter le fils, Léon, mon préféré, dont la liberté d'expression ne tiendrait ni les arrêts Costa et Gouveia c. Portugal ni Bilger.

Alphonse Daudet a écrit « Les Lettres de mon moulin », et dans celles-ci « Le secret de Maitre Cornille ». Qui n'était certes pas avocat.

Et pourtant, quelques extraits :

« Notre pays, mon bon monsieur, n'a pas toujours été un endroit mort et sans renom, comme il est aujourd'hui. Autre temps, il s'y faisait un grand commerce de meunerie(...)Tout autour du village, les collines étaient couvertes de moulins à vent. Ces moulins là, voyez-vous, faisaient la joie et la richesse de notre pays. (...) Malheureusement, des Français de Paris eurent l'idée d'établir une minoterie à vapeur, sur la route de Tarascon. (...) Maitre Cornille était un vieux meunier, vivant depuis 60 ans dans la farine et enragé pour son état. L'installation des minoteries l'avaient rendu comme fou. (...) Il trouvait comme cela une foule de belles paroles à la louange des moulins à vent, mais personne ne les écoutait(...)Alors, de male rage, le vieux s'enferma dans son moulin et vécut tout seul comme une bête farouche. (...)

Dans la vie de Maitre Cornille, il y avait quelque chose qui n'était pas clair. Depuis longtemps personne au village ne lui portait plus de blé et pourtant les ailes de son moulin allaient toujours leur train comme devant.(...)

C'était le secret de Maitre Cornille ! C'était ce plâtre qu'il promenait le soir par les routes, pour sauver l'honneur du moulin et faire croire qu'on y faisait de la farine. Pauvre Cornille !

(Alors) tout le village se met en route, et nous arrivons là haut avec une procession d'ânes chargés de blés, du vrai blé. (...) Et nous avons tous des larmes dans les yeux de voir le pauvre vieux se démener de droite et de gauche, éventrant les sacs, surveillant la meule, tandis que le grain s'écrasait(...)

Puis un matin, maitre Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cessèrent de virer, pour toujours cette fois.

Cornille mort, personne ne prit sa suite. »

Commentaires

Et celle que je cite le plus volontiers quand, tel ou tel confrère, se fait de plus en plus rare au Palais, sans raison apparente...

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