Jul
21
DOSSIER Q.P.C. : ESSAI N° 2 SUR LA BONNE MORALITE-LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Il va bien falloir trouver une solution juridique à cette affaire de l'exigence préalable de la bonne moralité des juges professionnels.

Au passage, il faudrait voir aussi, autre sujet de Q.P.C., si cette exigence de bonne moralité existe aussi au-delà de ce qui est appelé l'auditorat.

Voyons ailleurs.

Prenons le cas de l'actuel chef de l'Etat. Faisons du droit tout d'abord.

Aucun texte de droit positif n'exige que le chef de l'Etat soit marié, ou ne fixe quoi que ce soit au sujet de sa vie privée.

Quel que soit le sexe (1)

S'il est marié, aucun texte ne prévoit l'existence voire le sort de son conjoint. S'il ne l'est pas, idem.

Pratiquement. Exemples.

Pour des raisons qui lui sont personnelles, Monsieur HOLLANDE n'est pas marié et n'a jamais été. Il est cependant devenu notre président de la République. Il vit avec une personne du sexe féminin, au demeurant charmante, distinguée et intelligente. Très intelligente (elle l'a prouvée dans l'affaire du tweeter). C'est en tout cas mon point de vue.

Personne (sauf qui vous imaginez, mais on ne fait plus du droit, et on ne fait même plus de la morale) ne trouve à y redire. Et pourquoi trouverait-on à y redire ?

Pendant la campagne des présidentielles, j'avais écrit sur ce blog la situation matrimoniale des principaux candidats.

Monsieur SARKOZY, était divorcé deux fois, et remarié une troisième et à l'Elysée S.V.P.

Madame LE PEN est divorcée non remariée et vit avec un compagnon politique par ailleurs charmant (et c'est un excellent confrère de surcroit).

Monsieur MELENCHON est divorcé, et j'ignore avec qui il vit.

Il n'y avait guère que Monsieur BAYROU pour être marié depuis longtemps avec la même femme. J'aurais pu être que cette situation ne lui a pas réussi, mais ce serait méchant. Après tout, n'y a-t-il pas un petit lien ? Les sociologues nous diront un jour.

Vous avez constaté comme moi que personne n'a élevé la moindre critique sur le thème du mariage, de la vie en commun sans mariage, du ou des divorces, etc.

Imaginons la même situation en 4ème ou au début de la 5ème Républiques. Impensable.

Quel tollé. Déjà, je n'évoque pas Madame de GAULLE, « tante Yvonne » et ses exigences morales.

Plus tard, on rapporte que lorsque Monsieur GISCARD d'ESTAING a été candidat à la présidence, il avait du abandonner la procédure de divorce qui était en cours.

Ceci veut dire au total que la notion de « bonne moralité » est quelque chose d'exceptionnellement flou, et suivant l'heure du temps.

Remarquez que si on va plus dans le passé, sur ce chapitre matrimonial, on découvre que la ligne de séparation c'est la Révolution française, morale et bourgeoise.

Oui, parce que les monarques ne se privaient pas d'installer leurs maitresses à Versailles.

(1) Ouf, je viens d'évacuer la question de l'homosexualité.

Le maire de Paris.

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