Jan
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DOSSIER ARABE : DES ACCIDENTS QUI AFFECTENT L'ETAT

Dans la série des plus grands historiens tout court, en tout cas le plus grand historien arabe de tous les temps, également juriste, et économiste, malheureusement encore trop méconnu en Occident, il est IBN KHALDOUN, né à Tunis, en 1332. Un peu parce qu'il était arabe, et aussi parce qu'on le dirait aujourd'hui « homme de droite ».

Par exemple, il a écrit que le commerce d'Etat est nuisible aux sujets et ruineux pour les impôts. Lorsqu'un Etat est atteint de sénilité, il ne peut pas s'en remettre. Etc. Il avait à l'époque parcouru le monde arabe et était parvenu à cette conclusion cocasse qu'on pouvait considérer le degré de développement des peuples en comparant le sort des mendiants des grandes villes, donc en fonction de ce que leur donnaient les riches : c'est ainsi qu'il comparait le sort misérable de ceux de Tlemcen en Algérie, par rapport à celui opulent de Bagdad.

Il est regrettable que ses descendants en Tunisie au moins ne l'aient pas lui, relu et gardé à l'esprit. Voici par exemple ce qu'il écrivait sur « les accidents qui affectent l'Etat et risquent d'entrainer son déclin » ("Le livre des exemples" dans La Pléiade , pp. 1226 et 1227).

« Tout d'abord, le monarque commence à user de violences, à verser le sang et à faire le malheur des grands personnages de l'Etat et des chefs de la tribu au pouvoir. C'est une chose qui se produit nécessairement car, nous l'avons vu, il est dans la nature du pouvoir que le souverain s'accapare la gloire et gouverne seul, en asservissant les gens appartenant au clan de l'Etat et en les combattant en s'appuyant sur les clients. Lorsqu'apparait dans l'Etat la tendance au pouvoir personnel et à l'asservissement, les gens du clan de l'Etat nourrissent de la haine contre le souverain, guettent la moindre occasion de lui nuire et l'abandonnent sur les champs de bataille. »

(...) « Dieu a le pouvoir de faire ce qu'il veut. »

Quand on sait que sont arrivés au pouvoir personnel, voici des dizaines d'années, par des coups militaires ou avec la seule volonté militaire, les généraux BEN ALI (72 ans) en Tunisie et MOUBARAK (82 ans) en Egypte, et Monsieur BOUTEFLIKA (73 ans) en Algérie, il ne faut pas s'étonner de voir l'armée avoir envie de récupérer la gouvernance directement ou plus subtilement en donnant l'impression qu'elle joue la carte démocratique.

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Commentaires

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Il Dottore
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Entre la dictature militaire et la tyranie islamiste... je ne sais pas quel est le pire.

L'armée ne vous oblige pas à aller à la mosquée (ou à la messe d'ailleurs).

Il y a certes les défilés.

Je dois reconnaitre que j'ai un faible pour la musique militaire.

Je suis tout de meme l'arrière arrière petit fils de militaires de l'Armée d'Afrique.

Nom: 
Il Dottore
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... et moi Commandant de Réserve!

Compliments.

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