Nov
28
DOSSIER ARABE : FRANCOIS GEORGES PICOT, MOSSOUL, CALOUSTE GULBENKIAN et FINALEMENT DAECH

 

Et si une fois de plus, je leur  rendais hommage, en même temps que j’inviterais alors  mes lecteurs,  trop souvent ignares jusqu’ici, ou méprisants (« il nous emmerde cet Arménien, à vouloir nous apprendre l’histoire de France ») à relire tout ce que j’ai écrit depuis des années sur le thème du dossier arabe, des chrétiens d’Orient et bien sur des Arméniens.

Je soutiens que ce que nous vivons,  et j’ai bien peur allons vivre encore,  n’est jamais que la poursuite  de la décomposition de l’Empire ottoman.

Commencée avec le génocide arménien de 1915, poursuivi  avec la séparation du sultanat d’Istanbul des nations arabes, voulue au départ de la Syrie par le parti laïc mais arabe Baass et son fondateur, le chrétien Michel AFLACK, avec la participation active surtout des  Anglais, un peu des Français. 

Parce qu’ils avaient compris les premiers que le pétrole allait remplacer le charbon, comme toujours les Anglais  se sont taillés,  dans un premier temps,  la part du lion.  

Jusqu’à nous reprendre ce que PICOT avait gagné qui avait pourtant si bien travaillé pour la France.

Puis, ils ont été dépassés.

Les Américains ont suivi, dont la naïveté  actuelle politique,  est de plus en plus déconcertante. On espère qu’elle ne nous sera pas fatale.

On parait s’étonner aujourd’hui que les gens de Daech veuillent se créer un Etat et qu’ils aient commencé par occuper la partie au nord  de l’Irak, en créant leur capitale à MOSSOUL,  justement là où est le pétrole qu’ils vendent aujourd’hui à la Turquie, laquelle aimerait bien récupérer directement la production sur place.

Mais rien de cela n’est bien nouveau : c’est la poursuite de la lutte de l’ottomane  TURKISH PETROLEUM COMPANY. Ou contre elle.

Il y avait là,  avec elle à l’époque,  la BANQUE OTTOMANE,  dont le nom n’indique pas qu’elle était  franco-anglaise, et  dont le père de notre ministre Edouard BALADUR, était le  directeur à SMYRNE.

En ce temps-là, les BALADUR s’appelaient BALADURIAN. Leur nom n’a été francisé par décret que dans la fin des années 20

Il y avait là,   aussi  et surtout,   l’aide du grand  Calouste GULBENKIAN, ingénieur de l’Ecole des mines de PARIS,  le futur Monsieur Cinq pour cent, dont les Ottomans avaient tant  besoin,  car, lui,  avait découvert les gisements.

Mais les Anglais étaient là aussi, qui ont finalement  réussi à piquer la région aux Français. Pardon les pétroles aux Français, c’est nettement plus exact.

Alors aujourd’hui que tous les chrétiens – les derniers Assyro-Chaldéens-  du coin ont été tués ou chassés de MOSSOUL (par centaines de milliers depuis 2008), les islamistes de Daech s’installent.

Et du coup, les Turcs sont mécontents, car ces régions-là, c’étaient les leurs auparavant, du temps de l’empire ottoman,  et ils voudraient bien les récupérer. Avec leur pétrole.

Tout  cela prend du temps, on est en Orient.

MAIS ALORS, il  vient faire quoi dans cette affaire ce Monsieur PICOT.

Il fut un confrère,  avocat au barreau de Paris, au début de XXème siècle, puis  membre du parti colonial, entra en diplomatie au point de devenir pendant la 1ère guerre mondiale le titulaire du quai d’Orsay.

Il avait  tout compris de la décomposition de l’empire ottoman et on raconte même qu’il fut conseillé par GULBENKIAN aussi.

Il est l’auteur des fameux accords SYKES – PICOT, qu’il passa en secret avec le titulaire  du Foreign Office, pour partager cette région du monde entre Français et Anglais.

Le partage donnait le sud de la Turquie actuelle, la Cilicie, l’ancienne petite Arménie, oui, celle du roi français LEON VI de LUSIGNAN,  à la France,  comme aussi  plus loin  justement MOSSOUL, à deux pas de la Perse.

Et puis on a raté la suite, car les Anglais furent plus actifs que nous sur ce coup-là, récupérant le gâteau de MOSSOUL avec l’Irak qu’a perdue ensuite  l’Amérique et que vont récupérer les Arabes.

Sous les yeux des Perses (pardon des Iraniens)  qui considèrent que jadis c’était chez eux aussi, et en direct de l’actualité,  sous les yeux des Turcs, qui râlent et aimeraient bien avoir, pardon,  récupérer  le gâteau.

Soyons complet, Monsieur PICOT est le grand oncle de Valéry GISCARD D’ESTAING .

De l’allure, vous dis-je.

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