Oct
30
DOSSIER ARABE : LES OTTOMANS, LES TURCS, LES SYRIENS, LES ARMENIENS ET TOUS LES AUTRES.

Un peu plus de 100 ans plus tard, on a essayé un remake  en la forme des accords SYKES-PICOT de 1917,  qui avaient organisé le partage de la partie  arabe de l’empire ottoman. C’était jadis et   parait-il sur une table de taverne arménienne à ALEP en, Syrie. Déjà.

Il y avait là les ministres des affaires étrangères des deux seules grandes puissances de l’époque dans la région, l’Anglais SYKES et le Français,  notre confrère PICOT. On dépouillait l’empire ottoman, et faute d’avoir rendu la vie aux 1.500.000 Arméniens et  aux 500.000 Assyro-Chaldéens qu’on avait génocidés, on refaisait le monde arabe.

Las, le monde a changé.

Un peu.

Voici donc qu’il y a quelques jours à peine, le président turc a invité à ISTANBUL les intervenants dans le conflit syrien, aux frontières de son pays. Tout le monde s’accorde à penser que son sommet ne servira à rien. Il aura tenté.

Il aurait du se souvenir du temps où ses puissants voisins européens dictaient la loi ottomane, à SAN STEFANO, dont le nom à consonance  italienne n’indique pas qu’elle est une banlieue de CONSTANTINOPLE, versant européen. SAN STEFANO n’existe plus,  remplacée par l’aéroport ATATÜRK,  celui-ci dépassé par la puissance  économique et démographique turque, qui lui-même, coïncidence, va fermer pour un plus grand et plus loin.

Il fallait donc régler politiquement un conflit qui a fait 360. 000 morts en Syrie.  Finalement, de l’ordinaire dans la région. Il n’en sortira rien du tout.

Sauf les symboles.

Le Grand Turc avait invité sur la rive orientale d’ISTANBUL, jadis tenue par les Arméniens.

Passé CALCEDOINE (pardon, KADIKOY,  en turc d’aujourd’hui ), et le stade de FEYNERBACE (dont l’équipe de football a  été fondée par des Arméniens),  en allant au nord, tout de suite après  le superbe SCUTARI (pardon USKUDAR,  en turc aujourd’hui), il fallait trouver un palais,  tranquille,  compte tenu de la nécessaire sérénité à garantir aux invités de marque.

On aurait certes  pu choisir le petit palais de KUCHUKSU (oui attention à la fin du mot),  construit en  style rococo,  mais par un Arménien du nom de Nicolas BALYAN, c’était gênant. Alors à peine plus loin, on a trouvé celui de CENGELKOY, sur le Bosphore également, lui construit par un ancien sultan ottoman.

La symbolique était également au-dedans.

S’en sont-ils vraiment rendu compte ? Au milieu du premier rang, le ministre turc des affaires étrangères, au facies de la montagne anatolienne. Imaginez ce que je n’ai pas écrit.

A sa droite, les gens de valeur sont toujours installés à  droite, l’inamovible ministre russe des affaires étrangères, 16 ans en place, sans interruption,  Sergei LAVROV, dont le nom de famille russifié n’indique pas qu’il est né de parents Arméniens,  vivant en Géorgie.

En face d’eux, sur l’estrade, au dessus,  le président turc, partie invitante. Normal. A sa droite aussi, le président russe POUTINE, à chaque bout,  la chancelière allemande et le président français.

Potiches.

Tandis que chacun y allait de ses vertueuses déclarations, le Turc cependant prudent,  c’est le Russe qui a eu le dernier mot : « Tout le monde ici parle de régime (syrien). Mais là bas, il y a un gouvernement qu’il faut respecter et dont il faut reconnaitre la légitimité… » Circulez.

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