Jul
12
DOSSIER AVOCATS : LA DEMISSION DU CHEF DU CIRQUE

J'ai attendu quelques heures pour m'exprimer sur cette nouvelle phase de la vie du Cirque national des barreaux, pardon du Conseil national des barreaux.

Je raconte si souvent cette vieille histoire de la débitrice espagnole dans une saisie immobilière qui m'avait sorti « vous autres, hommes de loi êtes des pitres sous un chapiteau ». Notre ami GIROUD l'illustre à merveille sur son blog avec l'usage de figurines colorées du monde des clowns.

Je n'ai pu m'empêcher de penser à cela ce midi, au repas prévu de longue date, avec notre ami Philippe KRIKORIAN, éternel candidat au bâtonnat, qui ne sera pas non plus élu cette fois ci bien qu'il soit le meilleur et que lui au moins ait des idées. Je crois qu'il s'en fout : il est comme un certain homme politique dont je tairai le nom ici faute de quoi je vais encore me faire des copains de plus. « Vous savez KUCHUKIAN, on peut très bien avoir terminé sa vie sans jamais avoir été ministre, pourvu qu'on ait toujours été en paix avec soi ».

Et pourtant, dans la débandade apparente actuelle, comment essayer de parler du rôle de l'avocat comme défenseur constitutionnel par excellence, personnage clé et incontournable de la vie civile dont le statut doit être élevé au rang de la constitution de la République pour défendre le citoyen?

C'est certain qu'on ne fait pas sérieux, enfin que les élus de la profession au plus haut niveau ne font pas sérieux.

Le sont-ils en réalité ?

Je crois bien que oui. Enfin, certains. On saura un jour ou l'autre pourquoi la crise a éclaté en mai. Moi, je dis qu'elle est la conséquence directe de l'arrêt du Conseil d'Etat du 15 mai 2013 du recours du barreau de Marseille (et du groupe d'avocats activistes dont je suis). Que nous a-t-on au Palais royal ? Ces affaires sont vos affaires internes, débrouillez vous. Pire, fautes vous des procès entre vous pour vos chicanes internes. Si vous avez décidé d'être mauvais, quelconques, restez le, puisque majoritairement vous le voulez.

Circulez rien à voir.

Sauf qu'à partir de cet instant précis, le barreau de Paris a dit non. Lui-même, il traitait directement avec le Conseil d'Etat pour télé- recours. Alors, il a dit à tous, tchao, je m'en vais, je ne joue plus. Ceux qui suivent ont bien compris : moi, barreau de Paris, je suis supérieur à vos chicanes, et çà votre médiocrité. Je joue ma carte tout seul. Alors, on essaie depuis ce matin de recoller les morceaux. Le jeu est pipé, parce le chef C.C.B. qui a démissionné est parisien ancien bâtonnier de Paris, et qu'il ne peut être indépendant subjectivement de ses confrères parisiens. Et il a bien raison. Alors, on va donner l'impression aux locaux qu'ils ont gagné.

Gagné quoi au juste ? La démonstration de notre division générale, mieux de notre juste démonstration générale.

Entre l'intelligence et la médiocrité ambiante.

Le pire, c'est qu'à la différence du cirque, les petits enfants (lire les avocats) n'ont ni à applaudir, ni à rigoler du spectacle. Parce qu'au moins une partie d'entre eux, mais elle est minoritaire, comprend le ridicule de la situation.

J'espère bien à ce sujet que, sous peu, on accusera nos blogs par leur liberté d'expression d'avoir contribué voire d'avoir déclenché cette guerre interne. Nous ne la voulions pas : ou plutôt si nous la voulions, tant ces gouvernants sont ridicules, et ne représentent plus rien du tout.

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