Jan
12
DOSSIER AVOCATS : L'AFFAIRE COLLARD ET LIBERTE D'EXPRESSION DE L'AVOCAT

.

Voici maintenant l'affaire COLLARD. Elle arrive après l'affaire BILGER, et qu'on m'excuse d'entrer ainsi dans ce club de très grands, l'affaire KUCHUKIAN.

Le texte en cause est celui-ci, sur le blog de Gilbert COLLARD, le 7 janvier courant.

« Les disciples du pédalo déclenchent une tempête dans le bénitier.

Les bénis oui-oui de la gauche ne tolèrent aucune opposition de conscience au mariage dit pour tous, qui n'est que pour quelques-uns. En fait, la volonté d'une minorité s'impose à tous et la soustraction devient addition égalitaire par manipulation des mots. Vincent Peillon, ministre cacanisbisé de l'éducation nationale, voit dans toute réflexion sur le mariage homosexuel une atteinte « au strict respect de tous les individus », sauf quand madame Najat Vallaud Belkacem s'exprime dans un collège du Loiret en faveur du mariage mixte... Sous prétexte que le secrétaire de l'enseignement catholique, Éric de Labarre, a affiché son opposition au mariage amphibie, le ministre accuse l'éducation catholique d'encourager l'homophobie, de manquer à l'obligation de neutralité, de déroger au strict respect de tous les individus. Cette missive ministérielle est un réquisitoire écrit par un commissaire politique. Elle insulte les catholiques, pose en principe présomptif que toute réflexion de conscience sur un sujet qui divise les Français, pour lequel ils sont plus de 60 % à exiger un référendum, constitue, de fait, le délit d'homophobie ! Ainsi, le seul fait libre de n'être pas d'accord avec cette loi, de vouloir en discuter, d'oser s'opposer, même en respectant la liberté sexuelle de chacun, incarcère les catholiques dans le camp des salauds, des homophobes haineux, des délinquants. Peu importe que les autres religions partagent la même réprobation pour ce mariage. Les seuls salauds ce sont les cathos ! Si ce n'est pas de la stigmatisation, je me fais curé. Si ce n'est pas une atteinte à la liberté d'expression, je me fais muet. Robespierre Peillon est de retour avec sa loi des suspects, son certificat de civisme qu'il est seul habilité à délivrer avec son profil de guillotine sèche. C'est du terrorisme anti chrétien, anti catholique. C'est une forme de persécution de toute pensée qui ose n'être pas socialiste. C'est simple, si on ne pense pas comme eux, les archétypes de la morale universelle, les belles âmes, les certifiés civiques, on est mécaniquement des ordures, des exclus du bien public, des présumés coupables d'homophobie, des toxiques bons pour la quarantaine idéologique ! On n'a que le droit de se taire, de se terrer, de se faire insulter, de se faire allumer sur le brasier d'une certaine presse qui brûle les rebelles de la bien-pensance, de subir le tweet outrageant et discriminant de Michèle Delaunay : « Aujourd'hui les catholiques condamneraient la Sainte Famille : un mari qui n'était pas le père, une mère vierge ». La maculée connerie de ce ministre souille ma foi ! N'avons-nous pas droit à un peu de respect, comme les autres, dans nos croyances ? Duflot, Delaunay, Peillon, du bois dont on fait les bûchers. Des coups de mitres pour ces pitres ! Lève-toi et marche...

Il serait temps que les paralysés de la pensée unique se lèvent et marchent. J'irai marcher le 13 janvier avec les autres manifestants dans le respect de tous mes frères humains et de mes idées. Venez ! Marchez !

Écraser du pied gauche Peillon cela porte bonheur. »

C'est signé COLLARD, député et avocat.

Fin de citation.

COLLARD sait ce qu'il fait.

Il connait la profession, et il sait quelles en sont les vieilles lunes pseudo disciplinaires, dont je soutiens l'illégalité absolue, mon recours est pendant au Conseil d'Etat, je le rappelle. Il connait mieux que personne la matière et même s'il le fallait, il aurait mon propre dossier, que je lui ai communiqué bien avant cette affaire, pour telle actualité légale ou jurisprudentielle qui aurait pu lui échapper.

Il sait l'affaire BILGER, il en sait nécessairement plus que nous, en ce sens que, moi je dis que la Cour d'appel de LYON n'est pas saisie sur renvoi de cassation, de telle sorte que la légitime absolution de SPIZNER par le conseil de l'ordre de PARIS est désormais définitive. Au delà même de l'arrêt de cassation du 4 mai 2012, dans le décor.

Il sait aussi que SARKOZY, à l'époque avocat omis, puisqu'il était président de la République en exercice, était bien l'auteur public de la célèbre formule, si mignonne à la réflexion, « casses toi pauvre con », tandis que personne n'y avait trouvé à redire du coté du barreau de PARIS au sein duquel il est revenu. C'est que là haut, on sait faire tourner les méninges.

Il imaginait, et là il a peut être tort, que lorsqu'elle a la chance de disposer de membres élus au parlement, ce moyen de lobbying est utile pour tous, quels que soient les avocats, et leurs idées. A ce sujet, je constate que COLLARD est désormais le seul avocat marseillais au Parlement : j'ai donc un conseil à donner à l'actuel bâtonnier, celui d'avoir COLLARD avec nous et nous pas contre lui. Je vois que ça part mal ... Si certains croient gagner un strapontin pour les élections municipales de MARSEILLE l'an prochain, ils se placent une poutre dans l'oeil.

Parce que si quelqu'un a à se plaindre de COLLARD, c'est tout simple. Il porte plainte entre les mains du procureur de la République et celui-ci fait ou ne fait pas. C'est son truc, il fera son boulot en voyant s'il trouve quelque chose dans la loi de 1881.

Alors, il trouvera l'art. 41, dont la rédaction littérale mise à jour en 1958, est désormais dépassée parce qu'elle ignore que le monde de la communication a changé, que la presse est un pouvoir, et qu'au dessus de la presse, il y a désormais le super pouvoir de ce qu'on appelle les réseaux sociaux, ici les blogs.

Il y a les droits de l'homme, ceux de 1789, comme ceux de la convention européenne, et la loi. Il est évident que le nouveau bâtonnier Erick CAMPANA, qui déclare que « la question est compliquée », « il y a liberté d'expression », « ceci mérite réflexion », je ne dis pas que ça correspond à une quelconque infraction déontologique », « ça me gène un peu », ce que résume un certain Paul FERRIER, journaliste (il a la carte ?) dans le si discret journal ( ?) www. mlactu.fr, en ligne, édité par une obscure S.A.R.L. d'AVIGNON, par la formule savoureuse qu'il «est un peu embêté ».

Bref il serait mieux inspiré de s'occuper à des choses plus sérieuses, graves et utiles à la profession que les règlements de comptes minables par personnes interposées.

Une chose est certaine. Je suis encore moins seul désormais. Je dois donc maintenir toutes mes actions, tous mes recours, et vous ne savez pas tout.

Je n'attends qu'une seule chose : la réception d'une lettre de désistement, d'instance et d'action, conformément à l'art. 277 du décret.

Commentaires

Je suis d'accord, même si le texte n'est pas merveilleux, un peu facile et quand même injurieux à l'égard de Peillon (mais c'est ce qui plait chez l'électeur), et pas très digne d'un député Français (mais là encore, Sarkozy a désacralisé la fonction de Président avec sa fameuse insulte - alors quand l'exemple vient de plus haut...), une poursuite disciplinaire éventuelle m'apparaît franchement inutile et injustifiée, puisque l'on est dans la polémique politicienne habituelle.

Pour autant, si on suit le raisonnement, si je dis que Gilbert Collard ne me semble pas avoir une tronche très catholique - au sens exact et pas imagé du terme - ni lui ni personne ne peut me poursuivre ?

De toute façon, je ne le dis pas, mais l'hypothèse me semble intéressante

Nom: 
Il Dottore
Site: 
http://

Les socialistes utilsent la bonne vieille ficelle du "Reductio ad Hitlerum" de Léo STRAUSS.

"Reductio ad Hitlerum est une expression ironique désignant, sous forme de locution latine, le procédé rhétorique consistant à disqualifier les arguments d'un adversaire en les associant à Adolf Hitler ou à tout autre personnage honni du passé. Plus généralement, le procédé consiste à assimiler l'adversaire ou ses arguments à des idées, philosophies, idéologies détestées, par exemple en les qualifiant de nazies ou de fascistes.

La reductio ad Hitlerum consisterait par exemple à rejeter les campagnes anti-tabac du fait que Hitler les soutenait en son temps.

Cette tactique rhétorique a pour objet d'exclure l'adversaire du champ polémique tout en évitant le débat de fond. Avec d'autres techniques rhétoriques, comme l'argumentation ad hominem, la reductio ad Hitlerum apparaît généralement à bout de discussion, lorsque les adversaires ont épuisé toutes les preuves et tous les arguments rationnels pour se convaincre mutuellement.

L'expression est apparue pour la première fois en 1951 dans un article du philosophe Leo Strauss pour la revue Measure : a critical journal1 et a été reprise et popularisée en 1953 dans son livre Natural Right and History2. Elle a été réutilisée plus tard par le philosophe spécialiste de la Shoah George Steiner.

Elle trouve son prolongement sur Usenet et Internet avec la « Loi de Godwin », qui énonce que « plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou avec Hitler s'approche de 1 ».

Nom: 
Pierre DOYEN
Site: 
http://

Seule la personne que les propos outranciers visent a droit à action contre leur auteur. Le ministère public, par dérogation au droit pénal général, en pareille occurrence ne peut agir, si l'intéressé demeure inerte.

Sur quel fondement juridique, le bâtonnier que les propos reprochables ne concernent en rien, pourrait-il à loisir aller quereller leur auteur? La liberté d'expression est indivisible. Quiconque y porte atteinte s'expose à devoir être poursuivi. Il suffit pour mettre fin à cet état de chose, d'attraire en justice la quérulence bâtonnale, aux fins de réclamation en dommages et intérêts pour procédure dolosive. Ainsi le prescrit la dignité de l'avocat tourmenté.

Nom: 
Pierre DOYEN
Site: 
http://

Comme eût dit TALLEYRAND, cela va sans dire mais encore mieux en le disant.

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA