Apr
09
DOSSIER AVOCATS : LA LEGION D'HONNEUR, LE BARREAU ET LE TRIBUNAL DE COMMERCE DE MARSEILLE

Mes articles sur la Légion d'honneur dans la profession ont toujours un écho certain ou amusé ou envié, ou les trois en même temps. Celui d'hier notamment, tel qu'associé à l'information de la si sympathique candidature d'Untelle au prochain dauphinat.

Dans le même temps que j'ai constaté que la pratique a heureusement cessé de la remise mécanique de cette haute décoration au bâtonnier sortant, je me fais la remarque que cette heureuse abstention ne touche pas que le barreau local.

Quand on contemple leurs noms gravés dans les murs du Tribunal de commerce, avec leur Légion d'honneur bien sur, on s'aperçoit qu'à Marseille, la tradition d'attribuer cette haute décoration au président, en fin de mandat a heureusement cessé depuis une bonne vingtaine d'années.

Je me souviens d'une discussion qui avait eu lieu librement devant lui, qui tenait à l'époque une audience de référé, ce que plus aucun président ne fait désormais, hélas, le président de l'époque, aujourd'hui décédé, Monsieur BEUDON, nous avait expliqué que lui s'en fichait. C'est que sa Légion d'honneur, il l'avait eue à titre militaire, comme capitaine de vaisseau, si je me souviens bien, soit l'équivalent du grade de colonel, à l'occasion de ses services pendant la dernière guerre.

Voilà qui remet beaucoup de choses à leur place.

Vous en voulez une autre, je vous assure authentique.

Elle met en scène devant ce mur de noms gravés à la gloire des présidents successifs depuis la Révolution française, une grande fille, qui m'accompagnait un jour que je faisais une démarche. Quel âge avait-elle ? 12 ans au maximum.

Ici, la tradition est de graver le nom du président dès qu'il est élu, alors que son mandat n'est pas terminé. On ajoute l'année de fin de ce mandat lorsqu'on grave ensuite le nom du successeur au début de son propre mandat.

Je devais rencontrer le président pour lui demander de signer une ordonnance, mais il n'était pas là et je l'attendais, pardon nous l'attendions.

Cette grande fille lisant alors le mur de me demander si c'était la liste des anciens présidents décédés. Logique imparable : c'est en effet au cimetière qu'on grave les noms, et ceux des morts. Evidemment, ce n'était pas le cas.

Et voilà qu'arrive alors le président que nous attendions, dont le nom était gravé comme celui de ses prédécesseurs, qui avait entendu le propos.

Il lui déclara avec un grand sourire et humour. « Et non Mademoiselle, moi je ne suis pas mort ». Il signa ensuite mon ordonnance, trop heureux d'être encore en vie (1)

C'était le temps où le Tribunal de commerce de Marseille n'était pas un cimetière d'affaires disparues. Mais ceci est une autre affaire.

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(1) Le malheureux est décédé l'an dernier d'une grave maladie.

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