Jul
30
DOSSIER AVOCATS : LE DECLIN GENERAL PAR L'IMMOBILISME INTELLECTUEL MAJORITAIRE

Je ressens l'arrivée de notre confrère Pierre DOYEN sur la blogosphère comme à la fois un fantastique coup de poing dans la gueule, suivi d'une bouffée d'oxygène.

Comment en effet n'avons-nous pas réagi jusqu'ici ou si mollement sur des évidences de la taille de ses commentaires ?

La première, la plus grande de toute, est sans aucun doute l'immobilisme intellectuel majoritaire des avocats.

Alors que les conditions d'exercice de la profession n'ont plus rien à voir avec à la fois le statut social de l'avocat il y a deux cents ans, la fin des colonies, le monde moderne, l'ouverture des frontières, l'Europe, la confrontation permanente à d'autres systèmes, le défi mondial permanent, le nombre, oui le nombre des avocats, et surtout l'éligibilité aux procédures collectives, sans compter le droit de presque tout remettre en cause à travers la Q.P.C., on en est resté à rapetasser des notions désormais obsolètes.

La délicatesse, la courtoisie, la modération, toutes choses au demeurant jamais définies par aucun texte de droit positif.

Et certains de s'accrocher encore à ces vieilles lunes-là.

J'ai lu sous la plume d'un bâtonnier que ce seraient des éléments fondamentaux de la profession. Sans doute, mais en quelle année, sous Louis XVIII, ou en 2012 ?

Y croyez-vous vraiment au moment où tout, ou presque, peut se discuter au Conseil constitutionnel ?

Ce qui est désespérant ici est l'indifférence de la majorité des confrères, ce qui quelque part est honteux pour l'image de marque de la profession.

Voyons, si nous autres avocats ne sommes pas capables de défendre par exemple le droit à la liberté d'expression pour nous, quelle est alors notre crédibilité, notre légitimité de défenseurs de nos clients ? Je vais plus loin, de la société toute entière.

J'ai l'impression que nous restons très loin du modèle de l'attorney at law des Etats-Unis, et qu'au lieu de nous en rapprocher, on veut nous recroqueviller. Et nous empêcher d'y trouver le meilleur.

Remarquez, les sociologues vous expliqueront que c'est un signe classique de déclin collectif.

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Commentaires

ou bien, c'est un malentendu.

La courtoisie, la modération, la délicatesse ne sont définitivement pas incompatibles avec l'exercice de notre profession, sauf à vouloir évoluer dans une jungle professionnelle.

Vous me direz que nombre s'en affranchissent et qu'il ne leur arrive rien. Certes.

Mais c'est toujours le même problème que le feu rouge : pourquoi vous m'arrêtez, Monsieur l'agent, alors que lui il est passé ?

Hé bien, il est anormal qu'il soit passé, certes, mais il est normal que vous soyez arrêté aussi.

Bref, ce n'est pas parce que le contrôle de la jungle dysfonctionne qu'il faille abandonner les principes qui nous dirigent heureusement et ne sont absolument pas incompatibles avec une saine concurrence (sur laquelle il y aurait aussi à dire, nous sommes d'accords). Voyez les Japonais : toujours d'une exquise politesse, mais ils nous ont plombé les dents sur le plan économique...

Bon... On n'entreprend pas dans l'espoir du succés, dira Cyrano.

Meme celui de vous tromper.

Vous n'imaginez tout de même pas qu'un Bâtonnier puisse indiquer à ses Confrères qu'ils peuvent être discourtois, indélicats et immodérés !

Ce sont bien évidemment des qualités, car la courtoisie, la modération et la délicatesse sont des qualités, qui ne sont d'ailleurs pas propres à notre profession.

On demande aux vendeuses de grands magasins d'être courtoises.

On peut donc demander en 2012 à des professionnels d'être courtois !

Le problème majeur posé par diverses publications est celui de savoir si pour des atteintes à ces qualités, atteintes définies par qui, on peut poursuivre disciplinairement un professionnel à qui la liberté d'expression est reconnue et qui a par ailleurs le devoir de résister à toutes les oppressions.

Ce n'est sûrement pas en préconisant l'insulte que l'on pourra avancer.

Nom: 
Pierre DOYEN
Site: 
http://

La profession demeure muette au sujet du dysfonctionnement des institutions, de la surproduction de lois liberticides, de la dénaturation de la mission de l'avocat, que l'Etat veut insidieusement transformer en un service crypto policier! L'avocat devient pour son client un traître. Et la profession ne dit mot sur le témoignage anonyme, comme si cela devait être accepté en apanage d'une société démocratique. Comment se fait-il, que le justiciable suspecté d'être terroriste, n'ait pas le libre choix de son conseil? Quel est le fondement juridique d'une telle discrimination processuelle? Même l'URSS stalinienne ne connaissait pas une pareille atteinte aux droits de la défense. Pour connaître de telles moeurs procédurales, il nous faut revenir au temps de Sainte Inquisition. L'inquisiteur instruisait en étant saisi d'une dénonciation anonyme, le dénonciateur entendu, son nom celé comme celui des témoins. L'hérétique comme aujourd'hui le terroriste, n'avait pas le libre choix de son avocat. L'avocat devait être expressément agréé par l'inquisiteur. La profession se meut sans esprit dans la société, comme météorite dans le vide intersidéral!

La profession se gargarise avec ses principes essentielles, comme une coquette décatie s'agitant dans ses nippes.

L'intérêt des principes essentiels en le Dodécalogue: dignité, conscience, indépendance, probité, humanité, honneur, délicatesse, désintéressement ,loyauté, courtoisie, confraternité et modération, est qu'ils n'ont aucune définition objective. Ainsi le garde chiourme de la profession a pouvoir discrétionnaire d'administrer le knout, selon son bon plaisir. Le morigéné n'a aucun pouvoir d'appréciation sur son propre comportement, puisque par définition c'est le porteur du knout qui a seule compétence intellectuelle, pour dire si le Dodécalogue a été transgressé ou non. Des hommes travaillant, exclus du droit de délibérer sur la portée de leurs actes, n'est pas une nouveauté de notre siècle. Cela existait aussi dans l'antiquité, quoique ce fût plus répandu que de nos jours. De tels hommes y étaient en effet fort nombreux. C'étaient les esclaves. L'avocat du commun état travaille, tel un esclave sous la menace constante du knout ordinal. Oui, vraiment , l'on ne peut pas conclure que pareil traitement de sa personne soit brillantissime pour les sens de l'honneur et la dignité! Nous avons vu la tragédie abyssale de l'eunuque du sultan. Il nous vient une pensée pour Diogène à qui, exposé sur le marché aux esclaves, l'on demanda ce qu'il savait faire, répondit illico:" Commander aux hommes. Qui veut acheter un maître". Les avocats du commun état, n'achètent pas leur maître, ils le choisissent pour être commandés en esclaves, envoyant au diable leur dignité et leur honneur, qui leur reviennent aux oreilles tel le sifflement du fouet à une mule bâtée, chargée de la bibliothèque essentielle. Cruelle ironie de la mule instruite! Nous voulons dire l'avocat.

Nom: 
JRM
Site: 
http://

Un eunuque à tête de mule ........

"La profession demeure muette au sujet du dysfonctionnement des institutions, de la surproduction de lois liberticides, de la dénaturation de la mission de l'avocat,"

Vous semblez ignorer l'action des syndicats !

A moins que vous ne considériez qu'elle soit d'une telle inefficacité qu'on puisse la passer sous silence !

"Si fallor sum" disait Saint Augustin !

à "choisir" en matière de terrorisme a été abrogé par Hollande, sauf erreur.

A la suite de la décision d'inconstitutionnalité du Conseil constitutionnel contre la loi correspondante ensuite du recours du barreau de Bastia et de notre confrère KRIKORIAN

C'est exact, Cher Confrère !

Monsieur Hollande ne s'est pas soucié de ce point particulier.

Que par principe, certains contestent toujours ce que je dis.

Alors à chaque fois il faut visser le clou.

Mais enfin, c'est quoi cette façon hautaine de partir du principe qu'on est toujours le meilleur et dans la vérité et que l'autre raconte des salades ?

Je me rejouis de votre façon de voir, Confrère, et suis en parfait accord intellectuel avec celle ci. Tenez nous au courant de l'évolution de vos recours.

Bonne continuation.

Confraternelles salutations.

Votre commentaire est une réponse à mon commentaire confirmant votre information sur le fameux texte.

c'est tout mélangé et je ne sais même plus qui c'est qui est tancé par Bernard...

:-)

A part Pierre DOYEN, je tance tout le monde. Moi compris.

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