Dec
05
DOSSIER AVOCATS UNE PETITE HISTOIRE DE CONFRERES

 

Il était une fois un avocat,  au moins important par le poids physique.

Qui vendait très souvent aux enchères publiques à la barre du tribunal des biens immobiliers dépendant de liquidations judiciaires.

L’éthique – absolument impeccable- du mandataire judiciaire son client, et la sienne –tout aussi indiscutable- avaient fait que l’avocat s’interdisait absolument  de pousser les enchères pour des clients à lui.

Evidemment, on lui téléphonait souvent, puisque son nom apparaissait sur les affiches des ventes.

Alors, lorsqu’on lui demandait de venir pousser les enchères,  il déclinait, et  il invitait ses interlocuteurs à aller voir d’autres avocats de la place.

Comme les gens étaient perdus, parce qu’ils ne connaissaient pas nécessairement un avocat habile à pousser les enchères, il communiquait régulièrement une liste de quelques confrères habitués de ces choses-là, deux ou trois en particulier,   parce qu’ils étaient la plupart du temps aux audiences.  Les  choses se passaient bien ainsi.

Chacun y trouvait son compte, surtout  les confrères,  qui avaient ainsi de nouveaux clients, qui étaient  désormais si amis de l’avocat important.

Mais ayant été trahi par son client, qui en plus ne le payait  d’ailleurs plus, l’avocat important,  vieillissant, et un temps malade (ça va beaucoup mieux,  merci) n’a plus pu envoyer quoi que ce fut à quiconque.

De son, lit d’hôpital (merci, je vous ai dit que ça va mieux), il savait que sa fille, jeune avocate, et avec tout le talent familial, connaissait parfaitement la matière –elle avait été à excellente école-. Elle poussait régulièrement  les enchères  avec grand succès pour plein d’autres de clients, surtout les siens aussi.

C’est normal.

Quand on est bon avocat, on a des clients.

Seulement voilà, un jour, la fille poussa des enchères pour un nouveau client, qu’elle avait connu à l’audience. On appelle cela un oblateur. Ce dernier  présentait toutes les garanties légales possibles et imaginables, chèque de banque compris. Sous sa constitution, il fut même déclaré adjudicataire d’un petit appartement. Il paya son prix, tout va bien.

Non,  voilà qu’un de ces avocats privilégiés  du temps jadis, vers qui on dirigeait les clients perdus,   en a pris ombrage, car il parait que le client de la fille, c’était le sien.

Enfin, un jour il parait qu’il avait poussé des enchères pour lui.

Les clients ne sont à personne.

C’est qu’en plus, le jour de l’audience, il n’était pas là.

Il fallait bien que quelqu’un occupât pour lui. Ce qui fut fait.

Et depuis ce temps, l’avocat absent, fautif (voyez l’art. 17 de la loi de 1971 qui dit que les conseils des ordres doivent veiller à ce que les avocats soient présents à l’heure aux audiences) n’est pas content. Achetez-vous des montres, zut à la fin.

Alors, l’autre  écrit,  sous-entend, insinue, joue la morale et la vertu. 

Le pauvre,  qui n’a ni la reconnaissance pour le passé, ni honte de son comportement minable,  compte tenu des circonstances, la maladie du papa (mais enfin, je vous dis que ça va).

Et  surtout la faute professionnelle. Ne pas avoir été présent.

Marquez, il parait que le  client, on le saura plus tard ne lui avait rien demandé.

Pire, il parait qu’il reprochait à son ancien avocat de s’amuser à cumuler les pouvoirs à l’audience de vente, CE QUI EST SCRUTEMENT INTERDIT par la loi. 

C’est bien vilain, non.

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