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DOSSIER AVOUES : CHRONIQUE DE LA HAINE ORDINAIRE AVANT LA FIN

C'est demain 13 octobre, que l'Assemblée nationale de la République française doit examiner en deuxième lecture de projet de loi de fusion des professions d'avocat et d'avoué, en supprimant la seconde. C'est bien l'Assemblée nationale, pas l'assemblée des copains de Bernard KUCHUKIAN (si, si, çà existe, je vous assure).

Il y a dans ce texte un gros volet « indemnisation » qui choque certains citoyens sont je suis. Je rappelle la décision n°213 du rapport ATTALI qui en termes succincts avait parfaitement résumé la situation. Il se pose en effet, depuis la suppression des avoués de première instance en 1972, la question de savoir si la perte de ce monopole est indemnisable, puisqu'en réalité le droit quoi a été accordé dans le temps aux avoués ressemble un peu en droit administratif à une l'occupation du domaine public, pardon, un droit privilégié d'accès au service public de la justice. Le service public de la justice, c'est comme le domaine public qui est inaliénable, et on ne peut donc avoir constitué des droits sur lui et a fortiori des droits indemnisables par la collectivité publique. La collectivité publique, c'est vous et moi.

Pas plus tard que cet après-midi, je me suis fait agresser verbalement par des avouées (c'est toujours les femmes qui injurient) à la Cour d'appel. Il faudra bien que les ordres mettent le oh là face à la dérive qui se prépare, question fric. A bout d'arguments, une pimbeche ou mijaurée (et dire que c'est une future consoeur) m'a expliqué comme argument suprême que la fonction de l'avoué étant obligatoire, on n'avait pas à la supprimer. Drôle de raisonnement. Car, c'est le peuple européen et le peuple français qui décident maintenant qu'il n'y aura plus d'avoués. Ce sont donc eux qui décident de ce qui est obligatoire ou non. Pas les avoués, pas les avocats, en groupe ou individuellement.

C'est le peuple, rien que le peuple, cher Maaaaitre.

Cette altercation sur « l'obligatoire », l'activité protégée, le fonctionnaire quoi, me rappelle un souvenir du temps jadis quand j'étais stagiaire chez le plus grand que j'ai jamais connu en activité entre nous.

Nous étions quatre ou cinq avocats à défendre un collectif de caissières de supermarché, qui s'étaient mises d'accord pour ne pas décompter les achats des membres des familles respectives et des copains.

On les avait confondues dans ce qui ressemblait à du vol organisé. Elles avaient avoué (rien à voir avec la profession qui précède et disparait) devant les policiers, puis s'étaient rétractées devant le juge d'instruction, un vieillard (enfin, il avait l'âge que j'ai maintenant) gentil et charmant. Condamnation en correctionnel. Appel. Nous avions tous le même système de défense, « méchants policiers qui ont terrorisé ces pauvres filles, gentil juge d'instruction, etc. » Je plaidais en dernier et le dernier, je racontais cette salade.

Je n'avais pas terminé que l'avocat général se lève, m'interrompt et commence à vitupérer parce qu'on critiquait la police, la belle police, la saine police. Je vous en passe et des meilleures.

Voyant le peu d'effet de son intervention, les sourires des confrères et la gène de la Cour, il s'arrête alors, bombe le torse et à mon attention déclare : « d'ailleurs s'il n'y avait pas de police, les délinquants ne seraient pas arrêtés et poursuivis, et vous autres avocats qui les défendez, n'auriez pas de travail ».

Je le regarde à mon tour et lui rétorque : « vous magistrat du parquet, chargé de les poursuivre, non plus ». Et alors mon, avocat général splendide : « oui, mais moi je serais tout de même payé à la fin du mois ».

Fin de citations.

La salle d'audience hilare. La Cour ne sachant plus comment arrêter la le fou rire général. Résultat des courses, réduction très ensemble des peines, réduites au minimum. C'est payant quelquefois d'entendre des c. nneries.

Commentaires

perd le sens de la mesure, la défense voit immédiatement son horizon s'éclaircir !

On se demande vraiment pourquoi tant de hire contre vous alors que, je le confirme, vous n'êtes nullement à l'origine du texte qui va être discuté devant l'Assemblée Nationale.

Cette suppression - pour douloureuse qu'elle soit pour les avoués et leur personnel - était annoncée comme inéluctable depuis des lustres !

Excellente synthèse

Qui sera célébre juste à l'époque à laquelle il sera abrogé.

Drole de vie ...

Nom: 
JRM
Site: 
http://

...qui sera passé inaperçu toute sa vie durant : quel bonheur !

Pour vivre heureux, vivons caché, non ?

Si nous devions ainsi faire un inventaire à la Prévert de tous les articles qui ne servent pas, nous serions effrayés !

Notre système textuel est malade et aucun médecin sérieux ne s'est penché au chevet de cette pauvre France !

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