Sep
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DOSSIER AVOUES : LE RAS LE BOL PAR LA CLE U.S.B. DU PETIT AVOCAT LOCAL

Pour faciliter la communication des professionnels intelligents ont imaginé la télétransmission. Grace à l'informatique et à la numérisation.

Il parait même qu'il existe à PARIS un système qu'utilisent les avocats locaux, très facile, qui permet ainsi d'adresser aux tribunaux des tas de documents sans support papier. Quelle chance, ils ont ces avocats parisiens. On me dit aussi que leurs avoués à Paris, quand ils deviendront avocats dans peu de temps, utiliseront aussi ce système simple et facile, pas cher et tout et tout. Vous aurez noté au passage qu'une fois encore, ce seront les avocats qui auront fait l'investissement intellectuel et matériel.

Il parait que pour les autres avocats de partout ailleurs en France, les juridictions judiciaires exigent qu'ils passent par un autre système de télétransmission nettement plus compliqué, avec un boitier spécial et obligatoire, le NAVISTA qu'il s'appelle. On me dit que c'est cher, sans que personne ait jamais expliqué pourquoi c'est cher, obligatoire et compliqué. Oui, parce qu'en plus c'est compliqué.

Les avoués de province, je vais écrire les pauvres parce qu'ils ne seront pas comme leurs confrères parisiens profitant des avantages des avocats parisiens, en seront réduits à la même enseigne que les avocats non parisiens. Il faudra passer par ce machin NAVISTA là.

Il se murmure que maintenant qu'ils ont compris que leur fonction obligatoire va se terminer dans trois mois, dans neuf mois dans douze ou quinze mois, peu importe, ces futurs confrères avocats se disent qu'après tout le système parisien est bien conçu. Eux aussi ils auront à communiquer avec les cours d'appels et les tribunaux, parce qu'ils y viendront, et il leur faudra un système facile, rapide et pas cher.

Ce serait marrant non qu'ils viennent à s'allier avec les avocats marseillais. Vous savez, ceux qui derrière leur bâtonnier ont inventé un système comparable à celui de Paris à quelque chose près du même prix, aussi sur que le reste, et en plus « astucieux » comme l'a écrit une sommité de l'expertise des moyens de télétransmission.

Parmi ces farouches défenseurs de la modernité, une poignée d'avocats, quatre ou cinq, se trouve un petit avocat provincial. Un local.

Le même a par ailleurs été jusqu'ici copieusement conspué par le personnel des avoués, parce qu'il a soutenu depuis son départ le projet de suppression de la fonction et donc de la profession des avoués, derrière l'Europe et le gouvernement de son pays.

Si le murmure est exact, le petit avocat précité trouvera très amusant de constater que un peu et même beaucoup grâce à lui et à ses engagements courageux, les avoués devenus avocats utiliseront le système marseillais. Modeste et résigné, le petit avocat local sait bien qu'il n'aura jamais de merci. Il constatera que là aussi, les anciens avoués devenus nouveaux avocats, utiliseront gratis, mais c'est une habitude, l'intelligence, l'astuce et le travail des avocats.

D'ailleurs, ce petit avocat local a fourni pendant 40 ans de sa carrière (oui en plus le petit avocat est vieux) des dossiers aux avoués, essentiellement les mêmes à la Cour d'appel dont il dépend. Des centaines et des centaines de dossiers. Sans compter qu'il leur préparait les concljusions (comme tous les autres couillons d'avocats).

Il a même fait en sorte que certains deviennent des correspondants habituels de banques, à l'époque où lui petit avocat local, était moins petit, était l'avocat de celles -ci. Ce qu'il n'est plus, car le petit avocat local est si décrié pour son courage et son refus de faire des courbettes. Notamment aux services des contentieux.

Jadis pour la Noel, on lui offrait même quelques bouteilles de champagne.

Mais jamais rien d'autre. Jamais le moindre repas, ni verre à boire.

Depuis qu'il a osé soutenir que Monsieur ATTALI et Monsieur SARKOZY avaient raison de supprimer les avoués, il n'a même plus droit aux six bouteilles de champagne annuelles. Du coup, il n'aime plus le champagne, bien qu'il lui reste encore de quoi s'acheter seulement une demi-bouteille de champagne de temps à autre.

Voici que le petit avocat local pour le temps qui lui reste à rester dans cette profession changeante imagine maintenant de transmettre ses pièces pour communication aux avoués encore obligatoires.

Les dossiers ont cru en volume. Pas nécessairement des honoraires. Alors, le petit avocat local s'essaie dans la modernité. Il a investi dans un scanner et il essaie d'envoyer ses pièces en PDF (il a même appris ce que ça veut dire, vous imaginez, à son âge) pour communication. Las, la transmission est impossible actuellement en l'état de la limitation des réseaux, lorsque le dossier est trop important ; il faut le découper en plusieurs morceaux.

Alors, le petit avocat local a acheté une clé USB, et il y enregistré son gros dossier (le dernier qui lui reste peut être) pour éviter de tirer des centaines de photocopies. Au demeurant, pour ces photocopies, c'est l'avoué qui va percevoir avec ses gros émoluments de quoi les payer. Le petit avocat local la trouve saumâtre d'avoir à fournir à l'avoué les photocopies des documents pour que ce dernier, l'avoué, tant qu'Il est là, se les fera payer à lui. En vieillissant, le petit avocat local aimerait cesser d'être con.

Ben non, figurez-vous qu'on lui dit maintenant qu'une clé USB c'est risqué à cause des virus. En français dans le texte. Donc l'avoué n'a pas d'antivirus sur son ordinateur. On pourrait concevoir aussi le CD ROM, mais c'est plus long et puis il faut un graveur. Et puis que va dire le puissant avoué. Lui, il veut du papier pour pouvoir le facturer ensuite à celui qui le lui a fourni. Fortiche.

Le petit avocat local se promet d'écrire au garde des sceaux de la République, la sortante ou le prochain ou verra, pour attirer l'attention sur le fait qu'il ne faudra pas qu'on indemnise les avoués sortants lorsqu'ils prétendront que leur matériel informatique sera obsolète en l'absence de traitement anti-virus. Non, parce que des traitements anti-virus, on en trouve même des gratuits sur Internet.

Ah oui, parce que le petit avocat local il a tout de même Internet vous l'aviez compris depuis un moment déjà, et il se souvient même que lorsqu'il s'est abonné à Internet pour la première fois voici une dizaine d'années, c'est lui qui avait fermement insisté auprès des avoués en question pour qu'eux-mêmes souscrivent aussi à Internet. Ce qu'ils avaient mis quelques mois à faire (trop cher...)

C'est capricieux un avoué en fin de fonction.

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