Feb
12
DOSSIER BLOGOSPHERE : LIBERTE - LIBERTE CHERIE

Il existe à Marseille un petit journal satirique mensuel appelé « Le Ravi ». Vous savez ce santon de la crèche provençale qui a les deux bras levés, et qui, du coup et justement, ne les baisse jamais.

C'est à gauche, bien fait, ça dit des vérités et ça fait des enquêtes. Ce n'est certes pas « Le Canard enchainé » local, mais ça essaie de l'être, et rien que pour cela, c'est bien. C'est libre, surtout. Même un réputé facho que je ne suis pas comme moi y suis abonné, c'est dire. Mais, nous ne sommes pas nombreux, à peine 1.000 parait-il.

Ces gens là ont eu l'idée excellente d'organiser hier soir une réunion au Théâtre de la Criée, sur le thème de l'arrivée de Bernard Tapie à la tète de ce qui reste du groupe Hersant. On avait fait venir Edwy Plenel de Mediapart. Excellent.

Personne n'avait annoncé la réunion dans la presse locale, pourtant au premier rang du thème.

Je n'ai pas vu (mais nous étions si nombreux) les deux journalistes, qui pourraient être prochainement virés pour avoir trop parlé du système Guérini.

Quelques affiches ça et là. Un article dans « Le Ravi ». Un petit sujet la veille à une chaine de télé.

Ahurissant, la salle était bondée, nous étions au moins 770. Réunir à Marseille 770 personnes par un froid glacial, c'est un exploit.

Je ne suis pas resté jusqu'à la fin.

Finalement, trop de Tapie, c'est trop.

Le vrai problème me parait en effet plus vaste. C'est celui de la liberté de la presse écrite, dès lors que son cout de production est lourd et que des considérations économiques et financières entrent trop en ligne de compte. Tapie n'est pas pire que les autres : les banques qui achètent les quotidiens sont comme lui.

Tout le monde en veut pour son argent. Et la liberté, on s'en fout, le pouvoir de la presse aussi.

Il faut rester dans le rang, n'en jamais sortir. « Agir en uniforme sous les ordres de nos chefs ». Comme dans la gendarmerie et même au barreau.

Dans cette affaire, il reste les blogs, et les réseaux sociaux, ceux qui notamment pour hier avaient rameuté.

Oui, mais cette histoire ressemble alors à un repli sur soi, la vraie liberté allant se cacher face à l'information officielle.

Vous m'avez compris, on n'est pas très loin de ce qui se passe chez nous, parmi les avocats, ceux-là même qui devraient être les défendeurs constitutionnels de la liberté.

Qui doivent se censurer, s'auto censurer, ou qu'on poursuit dès lors que la forme même de leurs propos ne plait pas.

Alors que les plus hautes juridictions expliquent ou rappellent cet espace de liberté (Costa et Gouveia, Bilger). Inquiétant, non ?

Commentaires

Nom: 
Pierre DOYEN
Site: 
http://

L'avocat défenseur constitutionnel des libertés, c'est assurément une définition de l'avocat asymptote. Pour que la fonction de défenseur constitutionnel soit effective, il faudrait au moins que les défenseurs en question fussent hommes libres au sein de leur boutique ordinale.

Or dans ce gentil milieu, règne la culture de la soumission, une sorte d'esprit de caserne, dont la production maïeutique est: "Oui chef!".

Pour mieux les étouffer , nos libertés sont défendues par des esclaves,conformément à la volonté, quoique inexprimée du système politique, ravi de savoir que ses esclaves se croient libres comme les citoyens leurs clients. C'est d'une très grande efficacité, non point pour la défense des libertés! Mais au fond, était-ce là vraiment le problème, puisque cet état de fait n'empêche ni la terre ni la société de tourner?

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