Oct
30
DOSSIER BLOGOSPHERE A PROPOS DE LA LIBERTE SANS CONDITION

On ne saura jamais si les avocats qui ont imaginé la blogosphère au Conseil national des barreaux ont bien intégré le paramètre suivant : la blogosphère est gérée sur le site institutionnel du C.N.B., son directeur de la publication n'est autre que le président en exercice de la C.N.B.

On est donc bel et bien sur quelque chose d'officiel. D'officiel par les avocats et seulement par eux, qui gèrent les contenus, y compris donc les commentaires.

Mais attention, officiel ne veut pas surtout pas dire sans liberté.

Justement, par la blogosphère, le C.N.B. a introduit une part de démocratie numérique dans l'expression de la profession.

Ceci signifie que les écrits de la blogosphère sont libres, totalement libres à l'interne, entre nous déjà et au moins. Et que par voie de conséquence, la profession s'interdit sinon il n'y a plus de blogosphère toute censure et toute poursuite aussi.

Oui, me direz vous, mais les tiers ?

On commence par la pratique : les seuls billets jamais censurés sur la blogosphère l'ont été non contre ceux qui ont critiqué vertement l'action du C.N.B., des barreaux ou des avocats, mais ceux qui ont mis en cause des tiers. Pratiquement, toujours Navista, et encore pas tous.

C'est bien la démonstration de la justesse de mon raisonnement.

Allons plus loin encore. C'est que certains de ces billets ont été censurés. C'est-à-dire effacés de la blogosphère (puis quelquefois remis en ligne, ces fois-ci sans censure).

Ceci ne peut vouloir dire qu'une seule chose, exactement dans la même rigueur logique : la profession n'a surtout pas à s'immiscer dans la liberté d'expression des avocats entre nous, spécialement lorsqu'elle s'exprime sur le site Internet institutionnel du Conseil national des barreaux. Qui est justement fait pour cela.

Que les tiers aillent voir ailleurs.

Oui, mais me direz vous, la blogosphère est publique. Et alors ? La limiter à des échanges purement internes entre avocats, sans faire connaitre publiquement le point de vue des avocats, n'aurait aucun sens.

Et c'est là qu'on en revient toujours -il finira pas gagner un jour ou l'autre, que je ne verrai sans doute pas- au rôle fondamental et constitutionnel de défenseur public de l'avocat, la thèse permanente de Philippe KRIKORIAN.

Si l'avocat n'est pas absolument libre de s'exprimer, mais qui donc pourrait porter la liberté dans ce pays ?

Ce qui est bizarre, c'est que ce raisonnement, d'une rigueur absolue, n'est compris par tous, y compris les avocats, c'est dramatique, que lorsqu'on porte atteinte par la violence à la vie d'un avocat en exercice, car alors on s'aperçoit du sacrilège.

Je dis qu'il y a également sacrilège quand on prétend atteindre à la vie professionnelle de l'avocat, par la sanction disciplinaire.

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