Jan
24
DOSSIER FORMATION PROFESSIONNELLE CONTINUE: LE CONTROLE DES FORMATEURS

Je pars de l'idée certainement fausse que nous avons besoin de formation professionnelle continue (F.P.C.)

Je reviendrai plus tard sur ce thème, mais je déplore d'ores et déjà qu'aucune étude du tout, statistique et scientifique a fortiori, ne soit produite par les tenants de la F.P.C., qui démontrerait l'utilité indispensable de la chose, voire un rapport entre une défaillance dans cette formation, et le mauvais traitement des dossiers que nous confient les clients.

Idem, je déplore que l'avis des confrères sur les sujets à traiter ne soit jamais demandé. Comme faut tant d'heures à justifier, alors on trouve des gus qui vont venir parler pendant tant d'heures, et tout le monde est censé être content. C'est débile, pardon, nous sommes débiles dans cette profession.

Parlons seulement ici du contrôle.

Nous qui devons sous notre responsabilité assurer notre F.P.C. suivant les ordres du C.N.B., et en justifier ensuite, est-on bien sur que nos contrôleurs font bien leur travail de contrôle ?

Voyons :

1°. Qui nous garantit que nos conférenciers, lorsqu'il s'agit de conférences se sont bien déclarés comme tels à l'administration et que celle-ci n'a pas protesté.

C'est que cette obligation est l'art. 1, 1°, f et à l'art 1, 2, b (1) de la décision normative du 11 février 2005.

2°. Qui vérifie qu'après chaque session de formation, l'avocat formé, qui vient de recevoir l'onction de la F.P.C. par la grâce du C.N.B. pendant au moins 2 heures, remplit bien la fiche anonyme.

Car, chers confrères qui paraissaient tous l'oublier, le C.N.B. a tout compris.

Il exige, et c'est obligatoire comme le reste, même texte art. 1, 1°, g, ou 1,1°, e (1).

Il exige donc qu'on remplisse anonymement une fiche d'évaluation portant notamment sur la qualité des conditions matérielles, la qualité d'animation du formateur, l'intérêt de la formation, l'intérêt du support pédagogique diffusé.

Qui va surveiller tout çà ?

Le bâtonnier. Le pauvre, pitié pour lui. Vous le voyez se taper tous les sessions de F.P.C. pour recevoir à leur sortie, une-fois-que-tout-le-temps-prévu-a-bien-été-suivi (attention, ceux qui partent au bout d'un quart d'heure).

Non, alors les membres du conseil de l'ordre.

Ceux de Marseille, qui m'ont auditionné sur le sujet, et qui n'avaient pas lu cette partie du texte, m'ont demandé l'autre soir si j'étais bien sérieux.

Ils se voyaient déjà attachés tous les soirs à aller surveiller les confrères. Mon observation s'est terminée en rigolade générale, car ce qu'on exige de nous et d'eux est impossible.

Matériellement pour deux raisons : les contrôleurs ont autre chose à faire. Et puis comment s'assurer officiellement que Maitre Untel bien désigné a remis sa note d'appréciation anonyme.

Et qu'on ne vienne pas comparer avec le bulletin de vote.

Car, c'est vrai, lors d'élections, le bureau qui a vu l'électeur est sur que ce dernier a voté. Mais il ne sait rien de ce qui est dans l'enveloppe, et l'électeur peut y mettre, dans l'enveloppe, ce qu'il veut. Même rien du tout, pourvu que ça y rentre.

Ici, ce n'est pas la même chose : le contrôleur doit s'assurer que s'il y avait enveloppe dans l'enveloppe, anonymement, Maitre Untel a donné son avis sur la qualité des conditions matérielles, la qualité d'animation du formateur, l'intérêt de la formation, l'intérêt du support pédagogique diffusé.

Du coup, j'ai enfin compris, j'ai maintenant la réponse à mon renvoi (1).

C'est un arrière petit fils du père UBU qui a rédigé ce texte.

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(1) Bon sang, quel jobard rédige des machins pareils aussi mal ?

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