Apr
23
DOSSIER GARDE A VUE, PARDON DOSSIER FRIC : PROPOS ICONOCLASTES

Je vais encore me faire lyncher. M'en fous.

Dans cette affaire de l'avocat au premier instant de la garde à vue, on ne parle plus du tout des principes de défense pénale, de la présomption d'innocence et de tous ces lunes-là, voire du gardé à vue dont on se fiche complétement. On ne parle plus que de fric.

Qui va payer l'avocat intervenant ?

Si le barreau n'avait pas tourné dans l'alimentaire de la délivrance à la chaine des diplômes universitaires, qu' il-faut-bien-donner-du-travail-aux-enseignants, et aux amis des amis des amis bien-pensants des centres de formation professionnelle des avocats, mettant sur le marché des avocats sans client, on aurait du répondre simplement, à l'américaine (Bernard, tu déconnes) : le client.

Car, Mesdames et Messieurs, vous avez bien remarqué que dans toutes les discussions sur ce thème depuis huit jours, personne n'évoque jamais le tout simple.

C'est tout de même au gardé à vue de financer sa défense.

Non, on va faire collectif. Par le bâtonnier. En fait par l'argent de l'Etat. Et pourquoi par l'argent de l'Etat ?

Et si le gardé à vue a les moyens de se payer une défense ?

Ah bien sûr, si on considère que tous les gardés à vue viennent des banlieues où sont des travailleurs immigrés en situation irrégulière c'est-à-dire sans emploi, ou encore des demandeurs d'asile venus par l'ascenseur des prestations familiales chercher en France, les allocations en tout genre, je suis faux.

Je n'ai encore trouvé personne considérant qu'on devrait amender la loi, puisque c'est déjà prévu pour dire que les dépens du procès pénal comprendront les honoraires de l'avocat lors de la garde à vue.

Parce qu'alors on touche au portefeuille des avocats. Et que certains ont besoin de l'aumône publique pour vivre.

On comprend mieux maintenant les réserves intellectuelles de certains bâtonniers. La France distribue une toute petite manne pour la défense des moins favorisés. Les chiffres sont pratiquement secrets ordre par ordre. Je sais celui de Marseille, je ne le dirai pas. Enfin, je me réserve de le dire parce que je ceux aussi savoir à qui il est distribué, parce qu'on le distribue à 500 ou à 1.800, l'écart peut aller de 24.000 € à 6.666 € par an.

Ce n'est pas monstrueux, mais ça fait un peu d'argent, sans compter que je connais des tas d'avocats dont je suis qui ne prennent pas cet argent là et le laissent aux autres, moins bien placés. En voilà un beau geste, non ?

Alors, ces bâtonniers se disent que s'il faut pomper immédiatement dans la dotation commune de quoi payer les gardes à vue immédiatement et avant le 1er juin prochain, tandis qu'il n'est pas sûr qu'on annoncera une rallonge de la chancellerie dans l'intervalle, on va se trouver mal. Je les comprends.

Mais comme tout serait mieux si tout était étalé sur la table.

Car, attention à tous, ce que la profession reçoit de la collectivité, c'est peanut par rapport au gouffre sans fond de la sécurité sociale et du gras financement de la médecine, les pharmaciens, des laboratoires, des cliniques, j'en passe et d'autres, par tous les habitants de ce pays, surtout ceux qui gagnent trois sous.

Bas les masques.

Commentaires

Il suffit à un gardé à vue de demander l'assistance d'un avocat de permanence pour qu'il n'ait strictement rien à débourser et ce quelle que soit sa fortune ou celle de sa famille !

Ce qui se concevait donc pour les personnes privées de ressources ou ne disposant que de faibles ressources est devenu un "droit" pour quiconque.

La généralisation de la présence de l'avocat tout au long de la mesure de garde à vue amplifie bien évidemment le problème.

Quant à l'avocat

Quant à l'avocat (il n'y a pas de point). Votre suite S.V.P.

pénaliste (titulaire d'une spécialité) ou pratiquant habituellement le pénal au titre d'une activité dominante, il est bien évidemment victime d'un système qui instaure la gratuité!

C'est même la base de la discussion et c'est ce qui doit prevenir les dérapages.

Il est certain qu'un grand nombre de mis en cause ont les moyens de payer l'avocat. Et il serait tout à fait possible de faire en sorte que ce paiement intervienne avant même les débats sur le fond. Quitte à ce que soit négociée une fourchette raisonnable de rémunération, selon les cas particuliers locaux. Les enquéteurs auraient pour mission de recueillir tous éléments sur les ressources de l'intéréssé, ce qui n'est pas impensable. La solidarité de la famille, du clan ou de la tribu serait sollicitée.

C'est bien la raison pour laquelle cette question étant essentielle, il fallait refuser purement et simplement de bouger tant qu'elle ne serait pas débattue et réglée.

En laissant en suspens, on s'est exposés à devenir la cible de l'opinion, et la taxe de 30 euros est exactement ce qu'il fallait éviter.

Oui.

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