Nov
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DOSSIER IDENTITE NATIONALE : A PROPOS DU 19 MARS.

Le Conseil constitutionnel a décidé hier que la loi qui fait du 19 mars une journée, non fériée, de recueillement en l'hommage de toutes les victimes de la guerre d'Algérie, et du coup on y a ajouté des événements qui ont pu avoir lieu aussi en Tunisie et au Maroc, est finalement un presque non évènement.

Les hauts conseillers de la rue Montpensier ont rédigé en se gardant bien d'exprimer un autre point de vue que le recueillement.

C'est en effet une formule passe partout.

Elle est d'ailleurs du même genre de pensée que la décision prise partout dans le monde par les associations arméniennes, voici une trentaine d'années, de célébrer le 24 avril comme une journée de recueillement et de deuil, en hommage à ceux qui avaient été exterminés ensuite du décret de la même date en 1915 celui signé par TALAT PACHA.

Bien sur, les choses n'ont strictement rien de comparable, mais le raisonnement est le même : on ne célèbre par une victoire, puisque c'est une défaite, mais on pense aux victimes.

Cette défaite, je l'ai toujours ainsi ressentie, et depuis le 19 mars 1962, à Alger : j'avais 15 ans.

Quand un peuple commence à célébrer les défaites au lieu des victoires, je crains bien alors que sa civilisation soit mourante.

C'est sur en tout cas que le 19 mars sera une journée de deuil cruel pour les nostalgiques de l'Algérie française, dont je suis, mais rassurez vous, bientôt nous serons tous morts.

Commentaires

Nom: 
Pierre DOYEN
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L'Algérie de papa, c'est fini comme disait le général de Gaulle. L'Algérie française eût sans doute été viable, si ses habitants autochtones avaient été déclarés citoyens, comme le furent en I860 les Niçois et les Savoyards. Au lieu de cela nous avons procédé comme les Romains, en faisant des habitants autochtones de la nouvelle province, des pérégrins, des non citoyens. Nonobstant la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat, nous avons dans ces trois départements ultra marins, procédé comme les prédécesseurs ottomans, en instrumentalisant la religion pour avoir la paix coloniale. Le prêche dans les mosquées invitait les fidèles à obéir à l'ordre politique et social pour la satisfaction du bonheur commun. Cette coutume fut reprise par l'Algérie indépendante, l'imam se devant de louer le pouvoir politique, en raison de bonheur qu'il prodigue à ses sujets. Le système colonial à la fin de la seconde guerre mondiale était mort de mort naturelle, nous l'avons maintenu à l'état de coma dépassé jusqu'en 1962, au prix d'un acharnement guerrier, qui ne voulait pas dire son nom.

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