Dec
07
DOSSIER JUSTICE : SALUT « LES BRAS ARMES »

En France, on aime bien les chansons, donc les formules, voire les mots à l'emporte pièce, cinglantes si possibles, surtout quand tout va mal. Et actuellement, ce n'est pas la joie.

C'est du genre par exemple en 1918, « les Allemands paieront », en 1940, « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts », ou encore « la route du fer est coupée ».

Le summum a été tout de même sous le 4ème République un président du conseil, pourtant applaudi sur les bancs du Palais Bourbon : « Nous ne disposons d'aucun moyen ... mais nous les emploierons tous ».

L'idée est toujours de terrifier, enfin d'essayer, les gogos avec l'emploi de mots absolus.

C'est en matière militaire maritime que nous y parvenons avec une excellence qui défie l'entendement.

Nous n'avons en effet qu'un seul porte avions, sous réserve de ses pannes diverses et variées, mais tout de même, ah ça mais, quatre sous-marins nucléaires d'attaque (N.D.L.R. : insistez sur le mot « attaque ») à qui nous avons donné des noms qui sont tout un poème.

« Le triomphant », « Le téméraire », « Le vigilant », et le plus extraordinaire, il n'y a que par ici pour n'avoir pas perdu le sens du ridicule, « Le terrible ».

Forces ennemies tremblez, ne le faites surtout pas toutes à la fois, parce qu'on n'en possède qu'un seul, « Le terrible » est là.

Enfin, laissez-lui le temps d'arriver, depuis Toulon ou Brest.

Bon, en matière de justice, on essaie maintenant de faire pareil.

Il parait qu'on veut créer en effet un procureur financier qui sera le « bras armé » de l'Etat (ou-la-la), d'on va voir ce qu'on va voir.

Cette histoire de bras armé me fait penser à ce que prétendent déjà être certains liquidateurs judiciaires, j'en connais bien un au moins, le ridicule ne l'a pas encore occis, quand ils veulent faire du zèle, et surtout obtenir ainsi les faveurs des tribunaux de commerce qui les désignent, pour poursuivre les malheureux dirigeants d'entreprises qui ont failli.

Ils se disent alors les « bras armés » des tribunaux de commerce. Ou-la-la, ça va faire mal...

C'est qu'à tuer les morts, on sauve l'économie.

Quant au procureur financier, on ferait bien d'abord de déterminer son statut.

Parce qu'un magistrat, un juge, dont par définition la fonction serait d'être un père fouettard, moi ça me gène beaucoup.

Alors, votre procureur financier, ça doit être - comme tout le parquet d'ailleurs - autre chose statutairement qu'un juge.

Jusqu'à quand faudra-t-il faire condamner notre pays à STRASBOURG ?

Commentaires

Un SNA (d'attaque, qui protège une flotte), ce n'est pas un SNLE (lanceur d'engins, qui tire le feu nucléaire).

Pour le reste, un SNLE ne peut rien pour embêter Strasbourg :

1. faut pouvoir y a aller par le Rhin et ça sera dur de faire discret (bon, je plaisante...).

2. c'est en France, Strasbourg...Même si nos "éliticiens" n'ont pas encore compris qu'une décision de la CEDH s'applique à tous et pas seulement à la Turquie.

:-)

Dont je vous remercie cependant, est sans intéret pratique sur le sens de mon billet que vous avez parfaitement compris par ailleurs.

Quant à la justice turque, elle est un vaste débat que d'autres que moi suivent ça et là. Y compris les défenseurs des Kurdes des temps présents, qui sont (l'histoire a de ces revers ...) les héritiers de ceux qui ont aidé aux massacres des Arméniens en 1915.

Remarquez, maintenant qu'un hotelier turc, dans son ancienne maison ottomane de charme, très distingué

par ailleurs, m'a déclaré voici 15 jours à SAFRANBOLU que j'ai un nom anatolien, tout est possible.

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