Feb
28
DOSSIER JUSTICE : VIVE LES MONOPOLES.

Une ordonnance parue au journal officiel de ce matin créé les avocats salariés au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. Un seul par cabinet. Pour l'instant.

Elle étend le salariat pour les notaires, qui pourront ainsi employer en notaires salariés jusqu'au double du nombre des notaires titulaires.

Ainsi donc, le gouvernement de la France d'aujourd'hui socialiste et progressiste étend-il les prérogatives de monopole au profit de certains. Retour à la philosophie d'ancien régime, le monopole, le monopole, l'absence de liberté et d'indépendance.

Quant à la directive services du bon Monsieur BOLKENSTEIN, on en fait des confettis.

Ah si on pouvait réduire tous les avocats de base au salariat, tiens employés des greffes, quel bonheur ce serait.

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Commentaires

Nom: 
MCD
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est la panacée socialiste pour affaiblir les professions libérales et réduire leur influence.

On réduit d'autant le nombre de professionnels libéraux qu'on augmente le nombre de professionnels salariés.

Et on réglemente la profession salariée pour mieux la rabattre aux taches autorisées.

il faut savoir que, par exemple, comme pour la révision des bases d'imposition locales pour la TH et la TF, il s'agit d'un projet datant de sous Sarkozy et mis en place par le PS : c'est donc un projet commun UMPS.

Ensuite, je suis pour : avoir des salariés - dont le sort financier, notamment, sera bien meilleur que les pseudos collaborateurs libéraux de nombre de cabinet d'avocats - ne préjudicie en rien aux intérêts de ceux qui les emploieront.

Ils auront même, paradoxalement, beaucoup plus d'influence du fait d'être des employeurs.

Les notaires, du reste, avaient déjà des notaires salariés. Et le salariat existe déjà chez les avocats du "commun" (même s'il est limité). Il n'y a aucune raison qu'il n'existe chez les avocats aux Conseils.

C'est juste qu'il faudrait revoir ces deux statuts égaement batards, mais plus favorables en salariat.

Nom: 
Pierre DOYEN
Site: 
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La profession d'avocat à la Cour de cassation et au Conseil d'Etat peut être exercée en qualité de préposé du maître de l'entreprise libérale.

Cette entreprise libérale comme chacun sait est un office public ministériel.

Les offices publics ministériels sont des charges que leurs titulaires tiennent à fief de l'Etat, qui bon prince ne réclame nul loyer nulle redevance à ses concessionnaires! En usant de la terminologie féodale, à l'Etat le domaine éminent qui ne lui rapporte rien, et à l'officier fieffé le domaine utile pour soutenir son rang et rouler carrosse.

L'office public ministériel est un monopole, son titulaire est protégé contre les affres de la libre concurrence par la vertu du numerus clausus.

C'est l'art dans une société capitaliste de recourir à la technique du droit féodal, aux fins de connaître le bonheur de vivre par la vêture du privilège octroyé par le prince.

Par le monopole, la profession veille à ce que la part de gâteau pour chacun de ses membres soit toujours de riche consistance.

Mais lorsque vous êtes l'employeur de vous-même comme l'est le professionnel libéral, votre enrichissement ne peut s'accroître à l'infini, puisque les jours n'ont que vingt quatre heures, que votre résistance à la fatigue est strictement limitée par la physiologie.

Alors comment faire? Vous pouvez bien sûr pour être encore plus riche, devenir voleur vous emparant du produit du travail d'autrui.

Or, la société ne permet pas à ses membres l'exercice de la flibuste. Car les dominants ne connaîtraient plus la quiétude du droit de propriété, mourant d'insomnie à force de veille dans la crainte de devoir se réveiller dépouillés.

Alors le capitalisme est un système subtil, il offre la faculté de pouvoir s'approprier honnêtement et légalement le produit du travail d'autrui, par l'institution du salariat.

Le salarié, réputé citoyen libre, consent à être traité par son patron en sujet mineur pendant tout le temps consacré à la tâche à lui confiée. Il opère sous la direction et le commandement de son maître ou des légats de ce dernier. Sujet mineur, il a abdiqué toute compétence pour l'appréciation de son travail. C'est le maître qui en est seul juge.

Il est intéressant de remarquer, qu'un salarié ne peut pas se prévaloir de la technique apprise à l'école de formation, pour exécuter le travail commandé. Il doit s'exécuter selon l'ordre magistral, à peine de se voir licencié en toute légalité, pour cause réelle et sérieuse dit le Conseil de prud'hommes.

Le prolétaire loue sa force de travail. Il faut entendre par force de travail, non seulement la force physique génératrice de la prestation matérielle, mais également la force intellectuelle(1) induite par la prestation immatérielle. Dans le cas des professions dites libérales, la prestation de service fournie est immatérielle.

Après ces quelques digressions sociales, pour en revenir à nos féodaux(ut supra) tenant à fief leur fonction, ils recourent pour s'enrichir davantage à la technique efficiente chère au capitalisme, à savoir travailler pour soi, via le l'ordre donné à autrui d'exécuter la tâche à sa place.

Et in fine, c'est s'enrichir plus, en travaillant moins, et à terme ne même plus travailler du tout, sauf à s'astreindre à surveiller le capital mort(le matériel)et le capital vivant(les prolétaires).

Une profession qui peut aussi être exercée sous la forme du salariat est-elle encore libérale?

Quelle différence devenons- nous déceler par comparaison avec les professions de plombier ou de maçon, par exemple, qui elles aussi connaissent le salariat, l'entrepreneur individuel ou associé?

L'avocat se dit libéral, parce que même s'il est salarié,il ne l'est que d'un autre avocat, non d'une quelconque entreprise. C'est le côté chic du salariat, par lequel il ne déroge pas à son état libéral.

Tout cela rappel l'Ancien Régime. Quand le roi voulait étendre certaines activités à la noblesse, vivant toujours dans la hantise de devenir ignoble par le travail ou le commerce, le monarque prenait la précaution de préciser dans son édit, que les activités dont s'agit n'emportaient nulle dérogeance.

Ainsi les nobles purent-ils sans devoir perdre leur noblesse, s'enrichir par l'exercice du commerce maritime ou de l'industrie métallurgique.

Nous gouvernants sont socialistes. Il y a trente ans ils voulaient la rupture avec le capitalisme. Mais ils s'aperçurent rapidement que pour continuer d'exister parmi les dominants, il était plus judicieux de ne pas scier la branche sur laquelle ils étaient assis dans le confort et l'aisance.

Alors il leur est loisible de critiquer le système, mais qu'il n'en meure pas, et pourvu que le ban et l'arrière ban votent pour leur pérennisation au pouvoir, ou à défaut obtenir quelques sinécures de la part des nouveaux vainqueurs du jour. C'est la solidarité de la classe gouvernante, nonobstant la couleur politique affichée.

C'est à une majorité socialiste en 1991 que nous devons l'extension du prolétariat à la profession d'avocat. Et c'est toujours à cette même majorité que vous devons le droit donné à des avocats libéraux, titulaires d'un fief, d'étendre le prolétariat à leur profession.

Et ironie de l'histoire: les socialistes fourriers du prolétariat!

(1) Le cerveau humain en poids représente 1,6% de la masse corporelle. Pour son fonctionnement, il consomme 20% de l'énergie que nous absorbons. Le travail d'un manutentionnaire est physique. L'on peut parler de force de travail,et par les formules de Newton calculer l'énergie en joules fournie à l'employeur. Et le salaire remis est le prix par lequel l'employeur achète l'énergie fournie. C'est à dire le travail. Pour une prestation de service immatérielle,l'énergie fournie au sens newtonien n'est pas plus élevée. Cependant elle permet à l'employeur d'améliorer sa production technique, de réduire ses dépenses énergétiques. Par la remise du salaire, le patron achète par anticipation l'avantage futur qu'il tirera de la prestation à lui fournie par son travailleur intellectuel. Qu'il s'agisse d'un travailleur manuel ou d'un travailleur intellectuel, les deux sont des producteurs de plus-value. Et à ce titre, ils sont bien des prolétaires.

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