Dec
29
DOSSIER LIBERTE : CONSIDERATIONS SUR LA QUENELLE ET LE BRAS D'HONNEUR

C'est quoi à la fin cette histoire de quenelle ?

La quenelle c'est un bras d'honneur, mais droit. Et comme pied noir, désolé, je connais bien la question.

Dans les années 30, Edmond BRUA, l'immortel auteur de la Parodie du Cid, avait publié un recueil de Fables bônoises, réédité en 1972 chez BALLAND, pastichant à la pied noir Jean de la FONTAINE, que j'ai eu l'honneur d'introduire sur notre blogosphère.

L'ouvrage de BRUA avait été commenté en 1938 dans le quotidien « Alger républicain » par Albert CAMUS lui-même, qui écrivait notamment: « Ces fables suffisent à réjouir l'honnête homme ».

Dans sa septième fable, en vers bien entendu, appelée « Le bras d'honneur », BRUA écrit ceci dans la bouche de son célèbre BAGUR :

« « Et d'un oeil dédaigneux embrassant ces profanes,

Il vous leur taille un bras d'honneur

(C'est assavoir une basane

Chez le peuple africain mineur)

Ce geste apaisa la colère

Du populaire

-Oh ! oh ! s'écrient les regardans,

Son opinion nous intrigue.

-Ce n'est donc pas qu'en occident

Que les gens se mettent en ligue ?

-Ce salut là tient le mitan

Entre le bras qu'on lève et le poing que l'on tend. » »

Et dans sa fable, les Parisiens qui le reçoivent répondent ceci :

« « Nous ne professions point votre dogme à Paris,

Mais il nous parait fort commode

Et dès que nous l'aurons appris

Nous saurons le mettre à la mode » ».

Comme il pastichait LA FONTAINE, BRUA finit alors sa fable par une morale :

« « Les gens sont ainsi faits. Pour les prendre en défaut,

Le plus fort argument ne vaudra pas un zeste.

Mais « sortez »leur un nouveau geste

Et vous aurez le dernier mot. » »

DIEUDONNé aurait-il lu BRUA ?

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P.S. La définition couramment admise est la suivante. Le bras d'honneur est un geste qui marque la dérision, une manière impolie et obscène de marquer sa réprobation.

Il consiste à se taper d'une main le pli du coude de l'autre bras que l'on plie alors en dressant verticalement l'avant-bras avec le poing serré, ou parfois en faisant un doigt d'honneur.

J'ajoute que le doigt d'honneur est chose courante sur les routes américaines lorsque les conducteurs sont en colère ...

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Commentaires

Nom: 
Pierre DOYEN
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Le bras d'honneur est un geste vulgaire, le doigt d'honneur également.

La quenelle tourne en dérision le présentez arme.

Cette gestuelle contrairement aux deux autres n' a rien de vulgaire. Pour y voir un salut nazi, il faut avoir une imagination extravagante.

Le salut nazi dans notre société est un délit. Son acteur s'expose à une poursuite, quand bien même n'eût-il attenté aux droits de personne, ni proféré nulle parole désagréable contre quiconque.

Un geste ou une parole n'exprimant rien contre les droits de quiconque, vous exposant néanmoins à être poursuivi pénalement, vous fait comprendre que vous ne vivez pas dans une société de liberté.

Ce n'est pas différent d'une société confessionnelle, telle la France d'Ancien régime, où le sujet déclarant le Christ non divin, l'exposait à une poursuite correctionnelle pour avoir blasphémé. Encore que par ces propos proférés le délinquant n'attentât à la liberté de culte ou de croyance de personne.

C'était l'opinion formulée le trouble à l'ordre public, parce que les thuriféraires de religion critiquée avaient souffert de déplaisir d'entendre les propos ainsi exprimés.

L'Etat est laïc, mais pour museler la liberté d'expression existe une batterie de lois définissant le blasphème par un simple glissement sémantique .

In fine , techniquement nous ne sommes pas plus libres qu'au dix huitième siècle pour nous exprimer.

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