Oct
13
DOSSIER MARSEILLE : EVOCATION D'ISABELLE EBERHARDT

Plus personne ne lit ou n'évoque même Isabelle EBERHARDT (1877-1904), femme selon l'état-civil, qui habillée en cavalier arabe, parcourait l'Afrique du Nord française de l'époque, et écrivait superbes récits et romans. C'est mort avec l'histoire de France là bas.

Ma grand-mère maternelle Clotilde SéBALD seule m'en avait parlé, elle qui l'avait personnellement connue, car l'une et l'autre étaient proches du grand peintre orientaliste que fut Maxime NOIRé. A l'époque, on quittait MARSEILLE pour l'Afrique, je cite :

« Accoudée au bastingage de la passerelle d'arrière, je contemple le décor magique de MARSEILLE.

Au premier plan, le port de la Joliette où semblent sommeiller les silhouettes puissantes des transatlantiques rouge et noir, les innombrables pontons et les barques, parmi les navires des autres compagnies.

Les hautes maisons moroses et noires des quais, symétriques contre les casernes et de morne aspect.

Puis la ville, en amphithéâtre, coupée vers le milieu par la déchirure du port vieux et de La Canebière.

D'abord MARSEILLE m'apparaît en une gamme délicate de grisailles aux nuances variées : grisailles du ciel vaguement enfumé, grisailles bleuâtres des montagnes lointaines, gris rose des toits, et jaunes des maisons, gris des rochers d'Endoume, gris crayeux flamboyants de la colline ardue de Notre Dame de la Garde, puis tout en bas, grisailles linacées et argentées des forts.

Sur tous ces tons gris, les plantes coriaces et desséchées des rochers jettent des taches d'un brun verdâtre. Seules platanes des avenues et la coupole dorée de la cathédrale se détachent en touches vivantes et nettes sur cette transparence grise...

Et tout en haut, comme planant au dessus des fumées et des nuages, resplendit la vierge d'or. »

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