Sep
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DOSSIER MARSEILLE : LE POINT DE VUE LITTERAIRE DE MADAME DE SEVIGNE

Notre amie, ma courageuse amie, Michèle NAUDIN met en ligne sur son blog un commentaire d'un certain FRERON, qui fut un conventionnel de la fin du XVIIIème siècle, montagnard, puis jacobin, et surtout proconsul à MARSEILLE en ce temps là où la ville restait royaliste. Evidemment, il n'a pas écrit sur elle des choses agréables.

Non Michèle, ne cédez pas au désespoir, car d'autres avaient écrit de belles choses sur la ville.

Tiens, Madame de SéVIGNé elle-même. Marquise de SEVIGNé sauf erreur.

On devrait tous savoir qu'elle avait marié sa fille Françoise au comte de GRIGNAN, choisi peu après par Louis XIV comme lieutenant général pour la Provence.

GRIGNAN va alors résider alternativement à AIX EN PROVENCE, et à MARSEILLE.

Et certaines des lettres de la belle mère sont écrites de MARSEILLE. A Madame de GRIGNAN, donc à sa fille :

25 janvier 1675 : « Je suis charmée de la beauté singulière de cette ville. Hier, le temps fut divin et l'endroit d'où je découvris la mer, les bastides, les montagnes et la ville. (...) Je demande pardon à AIX, mais MARSEILLE est bien joli et plus peuplé que PARIS : il y a cent mille âmes. De vous dire combien il y en a de belles, c'est ce que je n'ai pas le temps de compter. L'air en gris y est un peu scélérat, et partout tout cela, je voudrais être avec vous. »(1)

26 janvier 1675 : « Nous dinâmes chez Monsieur de MARSEILLE (2) Ce fut un très bon repas. Il me mena l'après-diner faire des visites nécessaires, et il me laissa le soir ici. Le gouverneur (2) me donna des violons, que je trouvais très bien. Il vint des masques plaisants. Il y avait une petite Grecque fort jolie ; votre mari tournait tout autour. Ma fille, c'est un fripon ; si vous étiez bien glorieuse, vous ne le regarderiez jamais. Il y a un chevalier de SAINT MESMES qui danse à mon gré. Il était en Turc ; il ne hait pas la Grecque, à ce qu'on dit. » (3)

(1) La Pléiade, 1972, p. 572.

(2) Le comte de GRIGNAN, lieutenant général bien entendu.

(3) La Pléiade, 1972, p. 573

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