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DOSSIER MARSEILLE : MARSIGLIA, LA MAFIA

Je me forçais jusqu'ici à croire que la réputation de la ville était fausse et usurpée. Je prenais la chose à la rigolade : il y vingt-cinq ans, en voyage dans le sud du Brésil, j'avais sympathisé avec des Italiens qui attendaient comme moi un autobus pour le retour à notre hôtel de Foz. On s'était demandé d'où on venait. J'avais dit Marseille, Marsiglia. On m'avait répondu en rigolant : « la mafia » et on avait tous rigolé ensemble. D'autant plus que ces Italiens-là étaient de Montreale, la banlieue de Palerme célèbre par sa superbe cathédrale normande en mosaïque.

Et puis autre rigolade, il y a quelques années, à peine, un diner professionnel près de Lucques en Toscane, avec un client qui avait invité dans un restaurant où il avait ses habitudes son avocat local (le bâtonnier de Pise) et son avocat français (moi).

Le restaurateur nous avait accueillis et avait salué avvocato (singulier) d'une part, et signori, d'autre part. Le client lui avait répondu, non : avvocati (pluriel).

La suite, le restaurateur à moi : « Lei e avvocato ? » « Si. Sono ». « Di dove ? » « Di Marsiglia ». Un temps : « Marsiglia... la mafia ». Rigolade générale.

Et si ces Siciliens et ce Toscan - grand connaisseurs de la matière - n'avaient finalement pas raison. J'avais donc tort jusqu'ici.

Ce qui se passe actuellement dans notre ville, avec un sénateur-maire vieillissant complétement dépassé par les évènements, gâteux politiquement, permet toutes les dérives. Et même des dérives dans notre barreau.

Voyons, le propre président socialiste du Conseil général est mis en examen pour des faits que je n'ai pas à commenter, secret de l'instruction, présomption d'innocence. Est-il normal qu'on apprenne à cette occasion que sa propre épouse est l'avocat habituel de la société d'H.LM. du département ?

Réponse du berger à la bergère (les moutons sont ici, vous l'avez compris, les autres avocats, et les contribuables).

Voici qu'on apprend, rapport public en ligne de la M.I.I.L.O.S. une espèce d'inspection générale des H.L.M. en France, que l'épouse également avocate d'un député important, ancien ministre U.M.P., conseiller municipal, ancien premier adjoint, etc. etc . (qui ne me dira plus jamais bonjour, je le sens bien) est l'avocate habituelle de la société d'H.LM. de la ville de Marseille, également de la Caisse d'assurance maladie des B.D.R. , sans compter d'une banque locale importante. Il parait même qu'elle n'est pas chère : compte tenu des volumes, je suis prêt cependant à remiser de 15 %.

Il parait aussi qu'un troisième avocat, fils d'un sénateur, est également avocat habituel d'une autre société d'H.L.M. bref d'affaires travaillant toutes sur fonds publics.

J'arrête l'énumération, bien qu'ayant entendu le nom d'un quatrième, ancien associé d'un confrère lui radié, car désormais je devrais circuler en voiture blindée dans la ville.

Au même moment, voici qu'on apprend que la commission du jeune barreau de la ville va organiser des actions de représentation collective devant les tribunaux d'instance, là où justement vont les contentieux des H.L.M.

Parfait, ainsi on pourra même sous-traiter à pas cher les marchés publics, et transformer les jeunes avocats locaux qui n'ont rien compris, tous fiers d'être flattés par des autorités qui les méprisent en réalité, en sous-avocats

Au juste, vous avez constaté comme on aime bien le sous avocat par les temps qui courent ?

Ces affaires sortent dans la presse locale et nationale, et donnent lieu à des actions judiciaires avec juges d'instruction et autres.

J'ajoute qu'il y a 30 ans au moins que l'U.R.S.S.A.F. du département a le même avocat unique, un important élu socialiste (par ailleurs mon ami, peut-être pour plus longtemps).

Et puis, il y a le reste. Le caché. Les arrangements entre copains, genre réunions maçonniques, pour se répartir d'autres contentieux, en virant les avocats précédents. Sans les payer. Je connais bien personnellement la question : un liquidateur judiciaire de la place me doit des centaines de milliers d'euros d'honoraires, et j'ai dû faire assigner l'Etat français en dommages-intérêts pour dysfonctionnement du service public des procédures collectives. Les présidents successifs du tribunal de commerce sont au courant, complétement dépassés. Le mandataire exerce toujours tranquillement. Quant au bâtonnier chargé de fixer sur le papier les honoraires impayés depuis des années, il se contente jusqu'ici de prendre des décisions de prorogation de ses décisions (4 mois + 4 mois).

Pendant ce temps-là, des gens vertueux un peu naifs sur les bords (je pense à mon vrai ami Jacques JANSOLIN) inventent depuis Marseille la communication numérique de demain pour des avocats qui s'en foutent complètement.

En attendant : Marsiglia, .... La mafia.

P.S. Pour les professionnels locaux maçons, voir chez nos amis de L'EXPRESS

http://blogs.lexpress.fr/lumiere-franc-macon/

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Commentaires

"Et ils osent encore la ramener" ?

de Marseille"

Oui, et ils ramèneront encore. Le cheval de bataille c'est depuis 30 ans maintenant le Front national dans la ville.

Aucun des mouvements dont je cite les placements professionnels n'est majoritaire, et ils jouent les alliances pour exclure l'autre, l'affreux, le hideux, qui fait toujours entre 25 et 40 % des voix aux élections, ce qui ne l'empeche pas d'avoir un seul élu.

Tant mieux pour l'honneteté: je puis vous assurer que mon appartenance politique voire que mon action politique lorsqu'elle était active, ne m'a jamais apporté un seul dossier, un seul avantage. Que des problèmes, et au contraire, des pertes.

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