Sep
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DOSSIER MARSEILLE : ROYAL VEUT L'ARMEE A MARSEILLE

C'est du grand n'importe quoi et surtout quelque chose de très inquiétant. Elle n'en n'a pas même conscience, tant elle est bête. Ou alors supérieurement intelligente...

Que cette ancienne candidate à la présidence de la République, dont un bras droit est même candidat aux élections municipales imagine que l'armée doive assurer pour partie la sécurité de la ville de Marseille en dit très long sur la gravité de la situation.

Que personne ne voit.

Sauf quelques anciens comme moi.

Car bientôt, plus personne n'aura été témoin de la fin de l'Algérie française.

Je me souviens de mes sept ans.

Sans prétention et sans exagération aucune, je dois dire que j'ai acquis à l'époque, comme des tas de compatriotes, plus peut être, avant même l'âge de 10 ans, une sensibilité politique exceptionnelle au drame algérien. Qui était aussi le mien. Autour de moi, on ne parlait que cela, à table, mon père, pied noir d'occasion, venu à Alger en 1922 après l'exode des derniers chrétiens de Turquie, et de Smyrne en particulier, ma mère (le peuple des ultras, lecteurs de l'Echo d'Alger d'Alain de SERIGNY). En plus grande famille aussi.

Je me souviens parfaitement de 1956, j'avais huit ans, de l'arrivée du contingent, de l'armée quoi, pour régler la rébellion algérienne.

Comme par hasard, c'était déjà un gouvernement socialiste. Celui du gentil Guy MOLLET, avec un ministre de l'intérieur, qui s'appelait... François MITTERAND. Vive l'Algérie française disait-il.

Plus tard, on a vu le rôle croissant de l'armée, 1958, SALAN, le Forum, de GAULLE, le putsch de 1961. La débâcle de 1962.

Je sais par l'histoire, qui a été celle des miens et la mienne propre, ce que veut dire l'arrivée de l'armée pour régler un conflit intérieur.

C'est la signification de la fin à terme de l' unité nationale.

L'armée républicaine n'est pas faite pour servir à l'intérieur du pays, pas même pour ramasser les poubelles.

Elle est celle de la défense de l'intégrité extérieure du pays.

Or, à partir du moment où vous voulez la développer dans le pays, ceci veut dire que cette intégrité là, celles des frontières de la nation, a été enfoncée. Et donc que c'est la guerre. Civile.

Que l'écho de ce qu'écrit ici un fils de Bab-el-oued, témoin de la fin de l'Algérie française, toutes convulsions subies, vécus, y compris familialement, arrive aux oreilles des crétins prétentieux et si bien -pensants qui nous gouvernent. On peut en douter.

Et pourtant.

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