Apr
06
DOSSIER MARSEILLE ON NE CHANTE PLUS LA MARSEILLAISE

 

C’est du quotidien que je parle ici.

Il parait que demain, ou un peu plus tard, les juges du Tribunal de commerce de Marseille vont avoir à faire le sale boulot de savoir quoi faire du quotidien local communiste « La Marseillaise « . Lequel  a déjà donné lieu à procédure collective, dont le passif est de l’ordre de 7 millions d’euros, et qui n’a survécu jusqu’ici que grâce à une subvention d’Etat de 900.000 €.

La presse écrite est en crise, et les subventions d’Etat allouées aux uns et aux autres (pas trop à droite, cependant, attention) ne suffisent plus.

Sauf qu’ici,  c’est la Bérézina (sans jeu de mot géographique compte tenu du passé soviétisant du journal).

Le paradoxe est que le journal est admirablement fait et écrit, sauf qu’il véhicule une idéologie totalement dépassée voire irréelle.

C’est au point qu’il y a des années qu’on cache son tirage, que personne ne vérifie puisqu’il n’adhère pas à l’O.J.D., et que la publicité est celle, sans doute au rabais, de copains de quartier.

Je pense ainsi à tel restaurant de l’ilot Thiars,  jadis à toque au Michelin, qui désespérément s’accroche à la publicité du journal.

Le plus souvent introuvable dans les kiosques, le journal ne peut se lire que  dans certains bistrots, et encore, pourvu que dans leur clientèle se trouve quelque buveur de café nostalgique de Staline.

Moi qui n’ai de stalinien qu’une lignée géorgienne partielle, j’avoue même le lire aussi de temps à autre au bistrot en face à l’entrée du Tribunal de commerce, avec mon thé au citron.

Tout cela ne va pas bien loin, et même sur la navette entre Marseille et Paris, Air France ne donne plus  de « Marseillaise ».

En fait, le journal qui tirerait à 7.500 exemplaires selon les uns, à 32.000 selon les autres, ce qui fait un drôle d’écart, est un des mystères de Marseille.

Il se dit en effet  que les  trop nombreux journalistes qui y écrivent pourtant bien, ne sont que rarement payés,  on sait pourquoi,  et que pour survive, en réalité il profite de temps à autre de quelque réalisation d’immeubles confisqués à la Libération, on en passe et des meilleures.

C’est sûr qu’il ne peut plus assurer aujourd’hui  sa ligne éditoriale en  relatant les mouvements sociaux dans les entreprises de la ville.

Il n’y a jamais eu d’industrie importante à Marseille. Il n’y en a plus désormais.

Il parait que l’administrateur judiciaire aurait constaté la situation dévastée de la presse quotidienne.

Et de vous à moi, à « La Provence », récemment rachetée par Bernard TAPIE, on serre les fesses. 

Sans compter que les actions du patron sont désormais saisies pour que l’Etat se rembourse ce qu’il lui versé si libéralement. Intéressante opération à prévoir de réalisation forcée d’actions qui… risquent bien de ne plus rien valoir.

Bref, être juge au Tribunal de commerce de Marseille, avec des affaires de ce genre, sans compter la S.N.C.M.,  à venir prochainement, dans un tel contexte, c’est dur. Dur de faire normalement du droit commercial.

Et donc dur de mettre un point final sous forme de liquidation judiciaire.

 

 

Mots-clés: 

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA